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Fernando Grande-Marlaska : L’Espagne partage une forte pression migratoire avec le Royaume

Le ministre espagnol de l’Intérieur effectue sa septième visite officielle au Maroc


​Les relations de voisinage, de coopération et d’amitié unissant le Maroc et l’Espagne ne cessent de se développer dans tous les domaines d’intérêt commun. Dans un entretien accordé à la MAP, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska revient sur les points forts de cette coopération.



Fernando Grande-Marlaska : L’Espagne partage une forte pression migratoire avec le Royaume
Quel est l’objectif de votre visite au Maroc, qui se tient quelques semaines avant la tenue de la réunion de haut niveau Maroc-Espagne, prévue le 17 décembre à Rabat ?
Ma visite au Maroc pour rencontrer mon homologue, Abdelouafi Laftit, vise à renforcer les excellentes relations entre les deux départements, qui sont le reflet de la bonne santé dont jouissent les relations entre les deux Royaumes en tant que pays voisins et amis. C’est la septième visite officielle que j’effectue au Maroc pour rencontrer le ministre Laftit depuis juin 2018, date à laquelle j’ai pris en charge le portefeuille de l’Intérieur du gouvernement espagnol. Cette fréquence montre clairement que le Maroc est un partenaire prioritaire pour le gouvernement espagnol.

Le Maroc et l’Espagne sont unis par une collaboration fructueuse dans le domaine de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et le crime organisé. Comment l’Espagne évalue-t-elle l’état actuel de cette coopération ?
Le gouvernement espagnol et le ministère de l’Intérieur évaluent très positivement l’état actuel de la coopération et de la collaboration avec les autorités marocaines et en particulier avec le ministère de l’Intérieur marocain. Cette relation étroite et fluide porte ses fruits dans un grand nombre de domaines, au bénéfice des ressortissants des deux pays. Le ministère espagnol de l’intérieur à la ferme volonté de maintenir cette action commune sur la même voie de confiance mutuelle pour réaliser les objectifs partagés.

Les services de sécurité des deux pays entretiennent une étroite coopération qui a permis de mener des opérations conjointes, notamment en matière de démantèlement de cellules terroristes en Espagne et au Maroc. Quels sont les piliers de cette coopération et combien d’opérations ont été menées entre les deux appareils sécuritaires ? 
Les opérations conjointes entre les forces de sécurité espagnoles et marocaines dans des domaines tels que la lutte contre le terrorisme ou la lutte contre les organisations impliquées dans la criminalité grave sont l’un des meilleurs exemples qui illustrent l’étroite collaboration entre les deux pays et la manière dont cette coopération se traduit par l’amélioration de la sécurité et du bien-être des ressortissants espagnols et marocains. Cette coopération entre les services de sécurité est fondée sur la confiance mutuelle et des relations solides et stables.

La lutte contre l’immigration clandestine est un autre volet de la coopération bilatérale. Quelle évaluation faites vous de cette coopération et quel rôle l’UE devrait-elle jouer à cet égard ?
L’Espagne est consciente qu’elle partage avec le Maroc une forte pression migratoire et s’engage à continuer à renforcer la collaboration et le soutien mutuel dans ce domaine. Dans le contexte actuel, cette collaboration est particulièrement pertinente en ce qui concerne la route de la côte atlantique et les arrivées de migrants irréguliers aux Iles Canaries. En outre, l’Espagne défend au sein de l’Union européenne la nécessité de donner la priorité à la dimension extérieure dans la politique migratoire commune et de renforcer la coopération avec les pays d’origine et de transit. Dans ce domaine, l’Espagne souligne l’importance du Maroc en tant que partenaire stratégique.

José Manuel Garcia-Margallo: Il est impossible de contrôler les flux migratoires illégaux sans la collaboration des autorités marocaines

L’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo, a souligné l’importance du rôle joué par le Maroc dans la lutte contre les réseaux de la traite d’êtres humains. “Il est impossible de contrôler les flux migratoires illégaux, notamment dans la côte méditerranéenne sans la collaboration des autorités marocaines”, a-t-il affirmé lors d’un débat, organisé mercredi, par l’Association des directeurs et cadres d’Aragon « ADEA), un forum de débat sur l’actualité nationale, régionale et internationale. “Faire face à l’immigration clandestine au niveau du Détroit de Gibraltar est une tâche très compliquée. Le Maroc nous aide dans cette tâche pour contrôler la situation”, a relevé l’ancien chef de la diplomatie espagnole (2011-2016), précisant que le Royaume est un partenaire clé de l’Espagne non seulement en matière d’immigration, mais aussi en ce qui concerne les échanges commerciaux et le renforcement de la sécurité. “L’Espagne est le premier fournisseur et le premier client commercial et économique du Maroc”, a indiqué José Manuel Garcia-Margallo, actuellement eurodéputé. Dans ce contexte, l’ancien ministre a précisé que toute prise de position ou déclaration du gouvernement espagnol concernant le Maroc doit prendre en compte ces considérations et les intérêts stratégiques unissant les deux pays. “Avoir une bonne relation avec le Maroc doit être le premier sujet sur la table de tout gouvernement espagnol”, a-t-il martelé.

Libé
Vendredi 20 Novembre 2020

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