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Femmes médecins spécialistes

Le tribunal administratif entre dans le vif du sujet


Le bras de fer entre le ministère de la Santé et les femmes médecins se poursuit désormais dans les prétoires. Ce matin, leur dossier sera rouvert par le tribunal administratif de Rabat saisi pour statuer sur la décision administrative prise par la ministre à leur encontre.
Flash-back. En août dernier, Mme Baddou procède à un tirage au sort dans le but de procéder à l'affectation de femmes médecins spécialistes de la promotion 2007 qui en compte 327 dont 210 se sont rendus à leur lieu de travail. 101 ont refusé et campent toujours sur leurs positions. Le hic, c’est que 80% de ces médecins sont des femmes et la plupart d'entre elles sont mariées. Ce qui « n'est pas une raison pour faire l'exception à la nouvelle règle», souligne alors une source au ministère de la Santé. Le tirage au sort réclamé par le ministre met fin à la pratique selon laquelle l'affectation des femmes mariées se faisait dans un périmètre d’une centaine de kilomètres de leur lieu d'habitation. Un avantage qui leur permettait de rejoindre leur famille en fin de journée.
Cerise dur le gâteau, aux termes de la nouvelle circulaire, les femmes médecins devront passer un à deux ans dans leur lieu d'affectation avant de pouvoir prétendre à une mutation à leur ville de résidence. Une décision que la ministre a adoucie en présentant ses contours en réponse à une question orale des parlementaires. 
Qu’importe, deux ans sur les mêmes lieux, c’est «deux années de trop» pour ces spécialistes. «Nous avons pratiquement le même âge entre 34 et 38 ans. Une trentaine d'entre nous sont enceintes. Comment peut-on demander à une femme qui a deux à trois enfants en bas âge d'accepter d'être affectée à 1200 km de sa ville de résidence. Le ministère réclame l'impossible. Et nous, nous continuerons d'exiger nos droits», précise un membre du Collectif des femmes médecins spécialistes qui a décidé donc de continuer son mouvement protestataire malgré les menaces du ministère d'arrêter les virements de salaire. Une initiative qu’il a dénoncée comme faisant partie d’une suite d’autres dénis de justice.
Dans une lettre au patron de la CDT dont la centrale lui semble soutenir outre mesure les décisions de Mme Baddou, ce Collectif a mis en lumière plusieurs « dérogations » injustifiées et atteintes aux règlements. En l’occurrence que les décisions d’affectation ont été datées du 9 août alors que le tirage au sort ne s’est déroulé, lui, que le 1er septembre et en l’absence des intéressées, qu’il y a eu affectation de 13 médecins dans les régions qu’ils ont choisies préalablement au tirage au sort, que quatre nouveaux postes budgétaires ont été créés en faveur de médecins n’ayant pas fait partie du processus initié par le ministère, qu’il y a eu création de trois autres postes budgétaires en faveur de trois femmes médecins mères d’enfants jumeaux et exclusion des autres du « privilège » d’être affectées à Casablanca, qu’il y a eu affectation d’une femme médecin à l’hôpital de la gendarmerie Royale et refus de faire de même pour celles qui ont demandé à intégrer les Centres hospitaliers Ibnou Rochd et Ibnou Sina,  que les médecins de la promotion 2007 ont tous été affectés dans les régions de l’Oriental et au sein de nos provinces sahariennes malgré le déficit dont souffre l’axe Kénitra-Azemmour où vivent près de 30% des Marocains, etc.
Le ministère de la Santé se trouve donc désormais confronté à un véritable dilemme. Obliger ces femmes médecins à rejoindre leurs postes en exerçant la pression, ou revoir leur dossier à la base de leur situation matrimoniale… Un choix d’autant plus difficile qu’il devrait s’appliquer à tout le monde sans exception, ni exclusive.



Mohamed Sakhi
Lundi 15 Décembre 2008

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