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Faouzi Skalli: Le soufisme peut apporter des réponses profondes à certains maux de la société




Faouzi Skalli: Le soufisme peut apporter des réponses profondes à certains maux de la société
Le soufisme peut apporter aujourd’hui des ‘’réponses profondes et universelles’’ à certains maux de la société, a affirmé l’anthropologue Faouzi Skalli, président du Festival de Fès de la culture soufie. ‘’Le monde a aujourd’hui plus que jamais besoin d’esprit soufi, face à cette crise extrêmement profonde, dont il ne perçoit pas toujours la réalité et qui a des appellations multiples : crise économique, sociale, culturelle’’, a souligné M. Skalli dans un entretien à la MAP, quelques jours avant le coup d’envoi de la 11ème édition du Festival de Fès de la culture soufie (20-27 octobre).
Il s’agit en réalité, selon lui, d’une ‘’crise existentielle et spirituelle’’, car ‘’l’homme ne peut pas vivre sans spiritualité, dans une vie dénuée de sens, simplement en subsistant matériellement’’. ‘’La question des finalités et du sens est indispensable pour pouvoir vivre une vie épanouie et aspirer à un plus grand accomplissement et à une plus grande satisfaction intérieure’’, a-t-il argué, estimant que l’un des chaînons manquants aujourd’hui est cette possibilité de pouvoir associer ‘’le sensible et le spirituel, la raison et la foi’’.
A ses yeux, le soufisme a la capacité de pouvoir repenser le rôle de la relation sociale et culturelle, mais aussi de la place de chacun au sein de la société, mettant en avant la pertinence d'appréhender le soufisme, qui est avant tout une voie spirituelle, dans sa dimension culturelle en tant que ‘’patrimoine universel de l’humanité’’. Il convient de prendre la culture du soufisme comme ‘’lien transversal’’ entre différents acteurs et praticiens et tous ceux qui s’intéressent de manière ou d’une autre au soufisme, a considéré M. Skalli, soulignant la richesse du patrimoine soufi, quoiqu’il reste constitué de sortes d’’’îlots épars’’ qui ont des siècles d’existence.
Ce patrimoine, à la fois poétique, littéraire et artistique, s’exprime dans des centaines de langues et a profondément marqué depuis des siècles différentes sociétés, leurs arts et modes de vie, a relevé l’anthropologue. ‘’Il faut que chacun joue son rôle, notamment les maîtres du soufisme, les artistes, les interprètes et toutes les personnes qui ont cette capacité à insuffler un renouveau de la pensée au cœur même de la civilisation islamique, que nous avons jusque-là abordé de manière strictement formelle’’, a-t-il poursuivi, faisant remarquer que ‘’l’important est que cette civilisation ne soit jamais coupée d’une forme de pensée, de créativité’’.
D’après lui, la prise de conscience de la réalité de cette matrice culturelle, du lien transversal qu'elle établit de fait entre plusieurs aspects, à travers le temps et l'espace, de ces enseignements, confréries et patrimoines du soufisme, est ‘’pour notre époque un enjeu essentiel’’.

Mercredi 17 Octobre 2018

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