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Erdogan défie l'Amérique au congrès de son parti

La Turquie rejette un nouveau recours du pasteur Andrew Brunson




Le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi que la Turquie ne se "livrerait pas" aux Etats-Unis, poursuivant son bras de fer avec Washington qui a précipité l'effondrement de la livre turque ces derniers jours.
"Nous ne nous livrerons pas à ceux qui se présentent comme notre partenaire stratégique, alors qu'ils s'efforcent de faire de nous une cible stratégique", a lancé M. Erdogan lors d'un discours à Ankara.
"Certains croient pouvoir nous menacer avec l'économie, les sanctions, les taux de change, les taux d'intérêt et l'inflation. Nous avons mis au jour vos manigances et nous vous défions".
Le président turc s'exprimait lors d'un congrès du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) à l'issue duquel il a été reconduit à sa tête avec l'ensemble des 1.380 votes exprimés, selon l'agence de presse étatique Anadolu.
Ses déclarations surviennent alors que Washington et Ankara, alliés au sein de l'Otan, traversent une crise diplomatique. Celle-ci est notamment liée au cas d'un pasteur américain assigné à résidence en Turquie et dont les Etats-Unis réclament la libération.
L'orage a éclaté lorsque Washington a imposé début août des sanctions inédites contre deux ministres turcs. Ankara a répliqué et cette escalade des tensions a provoqué l'effondrement de la livre turque la semaine dernière.
Après quelques jours d'accalmie, la livre turque, qui a perdu près de 40% de sa valeur depuis le début de l'année, a replongé vendredi après que Washington eut menacé de frapper Ankara avec de nouvelles sanctions.
Outre les tensions avec les Etats-Unis, la livre turque a été fragilisée par la mainmise croissante du président turc sur l'économie et son refus, selon les observateurs, d'autoriser la banque centrale à relever ses taux d'intérêt.
Lors du congrès de l'AKP samedi, M. Erdogan a par ailleurs affirmé que la Turquie allait "poursuivre et élargir" ses opérations militaires transfrontalières.
Ankara a déployé depuis deux ans des militaires dans le nord de la Syrie pour contrer l'expansion des Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde soutenue par Washington contre les jihadistes.
L'armée turque a en outre multiplié ces derniers mois les frappes contre les bases arrières du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak. Ankara a annoncé mercredi avoir tué un cadre de cette organisation dans la région de Sinjar (nord-ouest).
Par ailleurs, la Turquie a maintenu vendredi l'assignation à résidence d'un pasteur américain, en dépit de nouvelles menaces de sanctions des Etats-Unis, qui ont mis à mal la livre turque et auxquelles Ankara a promis de répliquer.
Un tribunal d'Izmir (ouest) a rejeté vendredi un nouveau recours du pasteur Andrew Brunson, dont le sort est au coeur de l'une des plus graves crises diplomatiques entre Ankara et Washington, deux alliés au sein de l'Otan, depuis près d'un demi-siècle.
Cette décision survient au lendemain de nouvelles pressions américaines : le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a prévenu jeudi que Washington prendrait des sanctions supplémentaires si Ankara ne libérait pas le pasteur Brunson.
Ces menaces ont été balayées par Ankara vendredi. "Nous avons répliqué (aux sanctions américaines) en accord avec les règles de l'OMC et nous continuerons de le faire", a déclaré la ministre turque du Commerce, Ruhsar Pekcan, citée par l'agence étatique Anadolu.
Gel des avoirs de ministres de part et d'autre, augmentation réciproque des tarifs douaniers sur certains produits... : les sanctions déjà prononcées par Washington et les mesures similaires prises par Ankara ont créé un vent de panique sur les marchés

Lundi 20 Août 2018

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