Libération

Entre exigence démocratique et impératif d’efficacité, l’USFP a fait son choix

Face au défi des investitures


Mohamed Assouali
Vendredi 27 Mars 2026

Entre exigence démocratique et impératif d’efficacité, l’USFP a fait son choix
Dans un paysage politique sous tension, où, à la montée de la compétition électorale, s'ajoute une crise de confiance citoyenne, l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) fait le choix de la clarté. Loin d'être un simple ajustement technique, la refonte du processus d’investiture portée par le Premier secrétaire marque une volonté profonde de concilier équité, transparence et efficacité électorale. L'enjeu n'est pas simple. Mais ce choix s'inscrit dans une  vision stratégique et relève d'un pilotage assumé.
En dotant le parti de candidatures solides et d'un dispositif cohérent, l’USFP ne se contente pas de préparer une élection, elle redéfinit sa culture interne. C’est en alliant légitimité structurée et audace décisionnelle, que le parti saura relever les défis de demain 
L’intervention de la direction nationale dans la sélection des candidats ne relève pas de l'arbitraire, mais d'une vision d'ensemble  bien réfléchie qui tient compte des expériences accumulées au fil des années. L'essence de ce pilotage stratégique est désormais gravée dans la note organisationnelle émise par l'instance décisionnelle du parti: la candidature n’est plus un droit acquis par automatisme, mais un engagement politique soumis à évaluation.

En faisant valoir dans le choix de ses candidats l’ancrage territorial, le parcours militant et la crédibilité électorale, le parti rompt avec les logiques improvisées souvent selon les rapports de force existants dans des circonscriptions électorales et qui ont, par le passé, nui à la cohérence de son offre politique. Cette méthode substitue la rigueur des critères objectifs aux aléas de la subjectivité.

Comme le souligne la lettre du Parti, rationaliser les procédures est le préalable indispensable pour restaurer la confiance des militants. Il s'agit de bâtir un cadre protecteur où l'égalité des chances est garantie par la responsabilité des instances décisionnelles.
La grande innovation de cette réforme réside dans l'institutionnalisation de l’arbitrage.
En faisant valoir dans le choix de ses candidats l’ancrage territorial, le parcours militant et la crédibilité électorale, le parti rompt avec les logiques improvisées souvent selon les rapports de force existants dans des circonscriptions électorales et qui ont, par le passé, nui à la cohérence de son offre politique
Désormais, pour tout différend, il existe un canal de recours fondé sur des faits tangibles et vérifiables. Cette mesure de sécurité prévient les conflits ouverts et consolide la légitimité du choix final, en assurant que la décision, bien que centralisée pour des raisons d’efficacité, tienne compte des réalités locales et reste enserrée dans un réseau de contrepoids organisationnels.

En effet, l'expérience de terrain confirme déjà la pertinence de cette approche. Là où les critères ont été appliqués par le passé avec pédagogie et les arbitrages assumés, l’USFP a su transformer la compétition interne en débat de fond, évitant ainsi les dispersions de voix préjudiciables.

L'intérêt de cette mutation  est qu'elle change la nature même de la vie partisane : le débat interne gagne en maturité en s’éloignant des rapports de force occultes pour rejoindre un cadre institutionnel transparent.

Bien entendu, le parti ne peut se soustraire au dilemme classique entre démocratie interne et efficacité politique. Mais, il y donne  déjà une réponse structurée, en mettant en avant dans son approche une participation active de la base, une évaluation multicritère, une décision souveraine au sommet et une garantie de recours pour tous.

A l’approche des prochaines échéances, le Premier secrétaire opte pour la responsabilité. En dotant le parti de candidatures solides et d'un dispositif cohérent, l’USFP ne se contente pas de préparer une élection, elle redéfinit sa culture interne. C’est en définitive en alliant légitimité structurée et audace décisionnelle que le parti saura relever les défis de demain.

En somme, la mise en œuvre de cette procédure dépasse la seule question des investitures. Elle implique une redéfinition du fonctionnement interne du parti, en instaurant un cadre où la décision est en même temps structurée, justifiée et peut être contestée par celui ou celle qui considère que ses droits ont été lésés.
C'est un équilibre exigeant que le parti cherche à instaurer ainsi. Celui-ci s'avère néanmoins nécessaire pour concilier légitimité démocratique et efficacité politique.

Par Mohamed Assouali
Membre du Bureau politique
Secrétaire provincial de l’USFP à Tétouan


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