Entre éloges de la réactivité des autorités et critiques de défaillances récurrentes

Le CNDH fait le point suite aux récentes inondations


Elias Rayane
Jeudi 19 Février 2026

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Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a  salué la réactivité exemplaire des autorités face aux inondations dévastatrices qui ont submergé récemment les villes du Nord du Royaume, louant un modèle de résilience proactive. Néanmoins, cette crise a révélé des fragilités, à savoir une urbanisation anarchique persistante en zones à risque, des inégalités territoriales flagrantes dans la distribution des aides, et une intégration encore insuffisante des défis climatiques dans les stratégies d’aménagement du territoire.

En effet, le CNDH a loué le lancement des opérations de retour progressif des populations évacuées à la suite de ces inondations. Après la réhabilitation de nombreuses zones sinistrées et la restauration de conditions de vie conformes à la dignité humaine, les autorités publiques ont mis en place un dispositif logistique multidimensionnel pour assurer le retour des citoyens concernés dans leurs villes d’origine.

Dans son rapport préliminaire concernant cette catastrophe naturelle, le CNDH a mis en avant plusieurs indicateurs positifs dans la gestion de cette crise, à savoir la rapidité d’intervention des autorités locales, appuyées par les Forces Armées Royales, la Gendarmerie Royale, la Sûreté nationale, la Protection civile et les Forces auxiliaires, notamment dans la ville de Ksar El-Kébir au début du mois de février avec l’évacuation de plus de 180.000 personnes dans les provinces de Larache, Kénitra, Sidi Kacem et Sidi Slimane, dans le cadre de la plus vaste opération préventive menée lors d’une catastrophe naturelle dans le pays, et la mise en place d’hébergements temporaires, malgré quelques insuffisances ponctuelles en matière de confidentialité, d’accès à l’eau et d’assainissement.

Le rapport a également souligné la continuité du droit à l’éducation, grâce au recours à l’enseignement à distance et à des solutions temporaires pour assurer la reprise progressive des activités scolaires, la protection du droit à la santé, avec une attention particulière aux femmes enceintes, aux personnes âgées, à celles en situation de handicap et aux malades chroniques, ainsi que l’organisation de campagnes médicales mobiles pluridisciplinaires, la distribution urgente de denrées alimentaires et d’eau potable, avec l’implication d’acteurs institutionnels et associatifs.

Le CNDH a également relevé l’efficacité de la communication institutionnelle et la large diffusion des bulletins d’alerte, tout en notant la circulation de contenus numériques trompeurs, parfois générés par intelligence artificielle, visant à amplifier ou déformer certains faits.

Malgré les éloges justifiés du CNDH à propos de la gestion de cette crise par les autorités marocaines, il n’en demeure pas moins que des faiblesses persistent face auxquelles le CNDH, appelle à agir  avec détermination.

En ce sens, cette institution a appelé l’ensemble des acteurs concernés à renforcer la préparation anticipative à travers une série de mesures structurantes, tout en s’appuyant sur les expériences accumulées par le pays en matière de gestion des catastrophes naturelles.

Elle a recommandé l’élaboration de plans locaux intégrés, à l’échelle régionale, provinciale et communale, pour la gestion des risques d’inondation. Ces plans devraient intégrer explicitement une approche fondée sur les droits humains et définir clairement les rôles et responsabilités des différents intervenants.

Le Conseil a également préconisé le renforcement des systèmes d’alerte précoce au niveau local, en les reliant à des mécanismes de communication directe avec les populations, afin de garantir une diffusion rapide et efficace des informations pendant les catastrophes naturelles.

Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité d’un contrôle plus strict du respect des lois d’urbanisme et sur l’interdiction effective des constructions dans les zones exposées aux risques d’inondation.

L’institution a invité aussi à une révision de la vision gouvernementale en matière de stratégies de lutte contre les changements climatiques et le réchauffement global. Elle a souligné que ces mutations ne se limitent pas à la succession d’années de sécheresse, mais incluent également des épisodes de pluies extrêmes susceptibles d’engendrer des crues majeures. Elle a en outre attiré l’attention sur les risques potentiels de phénomènes marins extrêmes dans les zones basses situées le long du littoral, de la Méditerranée à l’Atlantique.

Un point essentiel a été mis en avant par le CNDH dans son rapport. Il s’agit en l’occurrence d’intégrer les enjeux climatiques, qu’il s’agisse de sécheresse ou d’inondations, dans les projets d’aménagement du territoire, que ce soit dans les zones côtières, montagneuses ou oasiennes.

Elias Rayane

Elias Rayane
Jeudi 19 Février 2026
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