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El Hassan Lachguar : L’action de l’USFP demeure constructive, pragmatique et réaliste, loin de tout populisme et de toute surenchère politicienne


Rachid Meftah
Dimanche 23 Octobre 2022

El Hassan Lachguar : L’action de l’USFP demeure constructive, pragmatique et réaliste, loin de tout populisme et de toute surenchère politicienne
Le député parlementaire, membre du Groupe socialiste à la Chambre des représentants  et secrétaire régional USFP de la Région de Rabat-Salé-Kénitra, El Hassan Lachguar, a été dans la soirée du mercredi 19 octobre, l’invité de l’émission «L’Info en face», animée par le journaliste Rachid Hallaouy sur la chaîne de télévision «Matin TV». Un entretien livrant un large tour d’horizon autour de la situation socioéconomique actuelle du Maroc mais aussi politique.

Sous-titré « L’info en face avec El Hassan Lachguar : un an d’opposition, quel bilan de l’USFP », l’entretien intervient, comme l’a indiqué l’animateur de l’émission, à l’occasion de la reprise politique et parlementaire par plusieurs actualités, dont particulièrement le discours de Sa Majesté le Roi à l’occasion de l’ouverture de la 1ère session de la 2ème année législative de la 11ème législature, la tenue d’un Conseil des ministres présidé par le Souverain et le vote à la Chambre des représentants de la loi 03-22 relative à la Charte nationale de l’investissement…
Les responsables en charge de la gestion des affaires publiques, sont tenus d’établir «des politiques publiques à long terme» tout en restant vigilants et en adaptant leur action ponctuelle aux effets de tous les changements qui surviennent 
El Hassan Lachguar a souligné, de prime abord, que des événements majeurs sont intervenus au cours de ces deux ou trois années tels que la pandémie de Covid et le déclenchement du conflit russo-ukrainien et que dans ce contexte de mutations internationales successives et accélérées, les responsables en charge de la gestion des affaires publiques, tout en étant acculés à assurer un suivi minutieux et rigoureux des péripéties et répercussions de ces changements, sont tenus d’établir «des politiques publiques à long terme» tout en restant vigilants et en adaptant leur action ponctuelle aux effets de tous les changements qui surviennent.

Abordant, par ailleurs, le premier volet du discours de Sa Majesté le Roi se rapportant à la problématique de la pénurie d’eau, le député ittihadi a rappelé que cette matière vitale a toujours fait l’objet d’une sollicitude et d’un suivi particulier du Souverain, traduits par des actions, des programmes et des projets prodigieux et opportuns. Mais, a-t-il ajouté, il est d’une importance cruciale pour le gouvernement de s’y pencher sérieusement car il ne s’agit pas, comme contenu dans le Discours Royal, d’une crise conjoncturelle mais d’une donnée  structurelle qui interpelle tous les secteurs gouvernementaux  et tous les acteurs économiques  et sociaux. Cependant «on a l’impression que le gouvernement n’y accorde par l’attention requise… », a-t-il fustigé, en évoquant le programme Maroc vert au sujet duquel l’USFP estime qu’il faut oser reconnaître que le pays n’en a pas vraiment les moyens (…) car la pénurie d’eau, a-t-il expliqué, provient d’une surexploitation de nos ressources hydrauliques, notamment par le secteur agricole et l’industrie agroalimentaire, la consommation en eau par les ménages ne constituant que 10 à 15% !

A ce propos, questionné sur la réaction de l’opposition ittihadie  face à l’inertie du gouvernement en la matière, le député usfpéiste a affirmé que le parti mène une action acharnée pour relever toutes les insuffisances enregistrées quant au traitement de cette sérieuse problématique en appelant à l’implication efficiente de tous les secteurs, dont celui de l’éducation (….) de même qu’il est nécessaire «  de valoriser l’eau dans toutes ses étapes en établissant une réelle cartographie retraçant l’état des lieux aux niveaux sectoriel et territorial à même de favoriser la mise en œuvre des mesures et des solutions adéquates. 

Concernant l’investissement, levier essentiel du développement, ayant fait l’objet du second volet du Discours Royal, El Hassan Lachguar a soulevé que la philosophie générale de l’investissement ne constitue pas un point de discorde entre la majorité et l’opposition. On parlait, a-t-il pris soin  de préciser, d’exonérations fiscales pour booster certains secteurs économiques et d’ores et déjà on évoque la nécessité de prodiguer des soutiens aux entités productives qui en ont besoin pour s’épanouir et atteindre les objectifs préconisés.

A cet égard, il a développé que la Charte de l’investissement s’articule autour de deux axes principaux, à savoir les principes généraux qui se rapportent à la totalité des secteurs, sans exclusion aucune, et la question des subventions que l’on pourrait accorder à certains secteurs et entreprises (…)
Concernant l’investissement, levier essentiel du développement, ayant fait l’objet du second volet du Discours Royal, El Hassan Lachguar a soulevé que la philosophie générale de l’investissement ne constitue pas un point de discorde entre la majorité et l’opposition
A ce sujet, il a rapporté que le Groupe socialiste à la Chambre des représentants s’est abstenu lors du vote en commission en exprimant certaines réserves et en émettant un certain nombre d’amendements au projet de loi soumis à cet égard mais le Discours de Sa Majesté le Roi ayant donné des garanties quant à l’efficience de cette Charte, « nous avons voté en faveur du projet en plénière ».

Et d’ajouter que l’USFP, prônant une opposition responsable, sérieuse et citoyenne, n’est pas «l’ennemie du gouvernement» mais demeure soucieuse d’être au rendez-vous à l’horizon 2026 et que cela exige la mise en œuvre d’un réel plan d’investissement qui prenne en compte les aspirations et attentes des potentiels investisseurs qui ont, bien entendu, besoin de visibilité quant à la politique menée ou préconisée par le gouvernement en la matière.

Là-dessus à la question, quelque peu précise de l’animateur de l’émission « Est-ce que l’USFP a une position tranchée sur l’augmentation du taux directeur d’intérêt ? » (décidée tout dernièrement par le Conseil de la Banque centrale), le député ittihadi a rappelé qu’une telle décision relève exclusivement des attributions de cette Institution financière centrale, en l’occurrence le gouverneur de la Banque du Maroc et que l’on attend l’intervention  très prochaine de ce dernier au Parlement pour être davantage au fait des tenants et aboutissants de cette décision.

D’autre part, s’agissant de l’éventualité d’une nouvelle augmentation de ce même taux directeur d’intérêt dans les prochains mois, il a noté qu’il est nécessaire de revoir constamment l’ensemble de la politique monétaire afin d’avoir une vision claire sur une telle conception.
La question d’opérationnaliser l’ISF qui pourrait s’insérer dans une démarche globale d’élargissement de l’assiette fiscale à laquelle est attaché le Parti des forces populaires comme étant un chantier salvateur eu égard aux charges de plus en plus consistantes greffant les caisses de l’Etat, ne devrait pas, selon El Hassan Lachguar, dissuader les investisseurs privés nationaux ou étrangers
En outre, dans un enchaînement objectif des points abordés dans l’entretien, s’est invitée la question épineuse de l’inflation, qui après avoir été qualifiée d’importée, s’est bien installée, hélas au Maroc, et El Hassan Lachguar d’être interpellé sur les moyens de gérer ce phénomène et plus précisément sur les moyens préconisés par le gouvernement pour y faire face. Il a, alors, évoqué les subventions consenties pour certains produits, en relevant qu’il ne faut pas omettre la taxation de ces produits, car pour lui, en observant la balance entre les subventions et les taxes, l’on s’aperçoit que certains produits subventionnés s’autofinancent dans les faits.

A ce sujet, le député ittihadi n’a pas manqué d’évoquer, outre les subventions accordées aux transporteurs, dans un contexte d’inflation des prix des produits énergétiques, qui, selon  lui, n’ont pas eu de réels impacts, les subventions qui continuent d’être allouées aux entreprises et établissements publics, notamment la RAM et l’ONEE, subventions que l’USFP considère comme aberrantes, injustifiées et inopportunes (…) et qui nécessitent un réel examen, une totale révision et une évaluation sérieuse de la gouvernance des établissements bénéficiaires.

Il a insisté, d’autre part, sur la nécessité cruciale de la refonte diligente du système fiscal en opérant des actions qui puissent s’adapter à la situation socioéconomique du pays, à la conjoncture actuelle, aux mutations mondiales et aux effets des changements climatiques.

A cet égard, la question d’opérationnaliser l’ISF (Impôt sur la fortune) qui pourrait s’insérer dans une démarche globale d’élargissement de l’assiette fiscale à laquelle est attaché le Parti des forces populaires comme étant un chantier salvateur eu égard aux charges de plus en plus consistantes greffant  les caisses de l’Etat, ne devrait pas, selon El Hassan Lachguar, dissuader les investisseurs privés nationaux ou étrangers car comme souligné précédemment, ces acteurs ont seulement besoin d’une réelle visibilité quant à la politique économique, financière et monétaire suivie par le gouvernement.

D’autres sujets non moins importants, droit de grève, régime des retraites, à titre d’exemple, ont été abordés au cours de cet entretien. Quant à l’action de l’opposition ittihadie, sur laquelle l’animateur de l’émission n’a cessé d’interpeller le député El Hassan Lachguar, ce dernier a mis l’accent sur le caractère constructif, pragmatique et réaliste des interventions de l’USFP, loin de tout populisme et encore moins de toute surenchère politicienne de même qu’il a fait observer que la communication autour de l’action déployée par les membres et instances du parti, tout comme leur action à tous les niveaux, se fait instantanément dans un cadre purement institutionnel par le biais du Bureau politique, du Conseil national, des deux Groupes parlementaires de la formation entre autres instances du parti.

Rachid Meftah     


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