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Dans un communiqué conjoint, les centrales syndicales disent suivre avec une «vive inquiétude» et une «profonde indignation» les développements liés à ce projet, estimant que le ministère adopte une approche unilatérale et excessivement centralisée. Selon elles, cette démarche repose davantage sur une logique d’expérimentation technique et de gestion numérique étroite que sur le traitement des dysfonctionnements structurels profonds dont pâtit l’enseignement public.
Les syndicats soulignent qu’aucune réforme éducative ne peut réussir sans une approche participative, respectueuse de l’expertise professionnelle des cadres pédagogiques et administratifs, et garantissant à la fois l’équité et la qualité des apprentissages. Or, la méthode actuelle de déploiement du projet soulève, selon eux, de nombreuses interrogations et met en lumière des déséquilibres qui touchent au cœur même de l’acte éducatif et à la stabilité des établissements scolaires.
Présenté comme un levier d’amélioration des apprentissages, le projet des Ecoles pionnières aurait, dans la pratique, conduit à une simplification excessive des contenus scolaires et à une réduction du processus éducatif à des indicateurs chiffrés et des données techniques, au détriment de la teneur pédagogique, éducative et humaine.
Les syndicats estiment également que le projet affaiblit le rôle éducatif de l’enseignant en le cantonnant à l’exécution d’instructions préétablies, au lieu de le reconnaître comme un acteur central et un véritable partenaire dans la construction pédagogique. Ils dénoncent, par ailleurs, l’accumulation de charges supplémentaires imposées aux enseignants et enseignantes, à savoir suivi numérique permanent, formations accélérées, multiplication des rapports, réorganisation et répétition des examens, sans contrepartie matérielle ou morale suffisante.
Les organisations syndicales critiquent, en outre, la primauté accordée à la logique des équipements et des marchés publics, au détriment de l’investissement dans les ressources humaines et de l’amélioration des conditions de travail au sein des établissements. Elles alertent aussi sur les inégalités engendrées par le projet entre les établissements, menaçant ainsi le principe d’égalité des chances et l’unité de l’école publique.
Sur un autre registre, les cinq syndicats tiennent le ministère de l’Education nationale et les responsables centraux de ce programme pour juridiquement, administrativement et moralement responsables de la fuite des examens survenue dans certaines écoles du cycle primaire. Ils considèrent cet incident comme la conséquence directe du contournement des circuits administratifs officiels et du recours à des moyens non sécurisés.
Les syndicats réaffirment leur refus catégorique de voir les acteurs éducatifs -enseignants, cadres administratifs, inspecteurs et élèves- réduits à de simples exécutants, surchargés d’évaluations et d’opérations techniques éloignées des fondements pédagogiques et didactiques, et dépourvues de référentiels clairs permettant d’interpréter et d’analyser les résultats.
Ils appellent également à une révision profonde du système d’évaluation, devenu selon eux un outil purement technique, vidé de sa dimension pédagogique et humaine. Les organisations syndicales réitèrent leur attachement à une école publique unifiée, démocratique, gratuite et de qualité, fondée sur l’investissement dans le capital humain, l’amélioration des conditions professionnelles et sociales, le respect des cadres juridiques régissant l’action éducative, ainsi que la garantie de l’équité et de l’égalité des chances.
Elles exigent enfin l’ouverture d’un dialogue national sérieux et responsable autour d’une véritable réforme éducative, ancrée dans la réalité scolaire et l’expertise des enseignants, loin des logiques d’expérimentation imposées d’en haut ou des prescriptions émanant des bureaux d’études et des commissions centrales.
H.T









