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“Dynamique des climats du Maroc”, le nouveau-né de Mohammed-Said Karrouk




“Dynamique des climats du Maroc”, le nouveau-né de Mohammed-Said Karrouk
Qu’en est-il du changement climatique au  Maroc? De sa genèse, de son développement et ses caractères ? Qu’en est-il de ses impacts et de ses effets  sur l’écosystème, l’économie, le social et la santé? Comment peut-on maîtriser ces changements et avec quels moyens ? C’est à ces questions et à tant d’autres que le livre «Dynamique des climats du Maroc» du Pr Mohammed-Said Karrouk, professeur de climatologie  et membre  du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), tente de répondre ou d’esquisser l’ébauche d’une réponse.
Selon l’auteur de ce livre, le changement climatique actuel au Maroc s’est caractérisé par une impulsion de l’intensité des événements climatiques, une perturbation des rythmes climatiques et un bouleversement des éco-socio-systèmes dû aux impacts de l’accentuation et des rythmes climatiques. Ainsi, on assiste à un changement climatique survenu en un laps de temps record et extrêmement dommageable en raison du phénomène des extrêmes, prédictibles dans les scénarios évolutifs, mais imprévisibles dans le temps et dans l’espace (vagues de chaleurs, sécheresses prolongées, retours abondants et concentrés des précipitations et des averses).
Pr Mohammed-Said Karrouk précise que ces  fluctuations extrêmes dues au changement climatique sont devenues ces dernières décennies plus fréquentes et se manifestent par une violence «exceptionnelle», (les sécheresses récentes au Maroc qui ont été très pesantes et catastrophiques, les exemples de 1983, 1993, 1995, 1998, 1999, 2000, et leur brève interruption s’est manifestée par des inondations inhabituelles, exemple de 1986, 1996, 1997, 2002, averses d’Ourika, El Hajeb, Taza …etc). Pis, ces fluctuations  qui accompagnent le changement global pourraient être une nuisance pour le Maroc si des efforts nécessaires à l’adaptation ne sont pas déployés.
En effet, la sensibilité du Maroc au changement climatique pourrait se traduire par une intensité des sécheresses induisant un élargissement de l’aire et des foyers de désertification en raison de l’augmentation de l’albédo, de la perturbation des bilans énergétiques et hydriques. Cette situation risque de se répercuter sur une diminution de l’humidité du sol,  une augmentation de l’évapotranspiration potentielle, et enfin au niveau de la prédominance de l’énergie sensible sur l’énergie latente vu la diminution du bilan atmosphérique. Ces conditions climatiques induisent une pénurie d’eau au Maroc liée à la variabilité des précipitations, et représentent une menace pour la stabilité économique et sociale.
Qu’en est-il des perspectives des changements climatiques au Maroc ? Si l'existence qualitative du réchauffement climatique ne fait aucun doute pour l’auteur,  il estime, pourtant, que l'évolution future du phénomène ne peut être estimée de façon quantitative qu'en passant par la modélisation numérique des phénomènes physiques. «La capacité des modèles à reproduire la réalité est limitée. En effet bien des composantes du système (concernant l'eau surtout) sont encore mal prises en compte car non modélisées et sommairement paramétrisées.
Par les performances encore insuffisantes des meilleurs calculateurs actuellement disponibles, et par notre connaissance encore imparfaite de certains phénomènes. Le résultat des modèles ne peut donc être considéré comme une prédiction fiable ; par contre, il existe un large consensus pour estimer que ces modèles permettent de cerner l'évolution de la température moyenne et du niveau moyen de lamer suivant une gamme allant de 1 à 3, pour une concentration donnée de gaz à effet de serre», explique Pr Mohammed-Said Karrouk tout en précisant : «La validité des résultats à l’échelle locale est nettement plus incertaine, ce qui conduit logiquement à aborder l'analyse des conséquences du réchauffement climatique en termes de risques et non de prévisions».
Dans cet ordre d’idées, l’auteur a indiqué que jusqu’à ce jour, les travaux menés au Maroc sur le changement global sont encore à leur début, et ne concernent que quelques fragments des aspects du changement. À ces limites et contraintes s’ajoute au Maroc la difficulté de cerner les interactions dynamiques relatives à son climat dépendant des systèmes climatiques lointains, différents, et d’évolutions opposées selon les scénarios et les sorties des modèles.

Hassan Bentaleb
Mercredi 4 Avril 2018

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1.Posté par ZAKARYA EL BOUROUMI le 12/04/2018 15:04
Est-il possible de dire que le Maroc souffre du changement climatique pour être situé dans l'une des régions les plus sèches du monde, notamment la sécheresse et les inondations, la dégradation des écosystèmes, la raréfaction des ressources hydriques, le développement de nouvelles maladies écosystèmes.

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