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Dominic Raab, un jeune loup aux commandes du ministère du Brexit


Raab fait partie de la nouvelle génération de conservateurs qui a fait son entrée au Parlement au cours des dix dernières années et frappe aux portes de l’Exécutif



Nommé lundi ministre du Brexit après la démission de David Davis, Dominic Raab, 44 ans, un eurosceptique pur jus issu de la nouvelle garde des conservateurs britanniques, va faire ses toutes premières armes aux commandes d’un portefeuille stratégique.
Ce député de la circonscription de Esher and Walton (sud-ouest de Londres) aura pour lourde tâche de succéder à David Davis - son mentor - dans les difficiles négociations avec Bruxelles sur la sortie de l’UE, une fonction délicate et particulièrement exposée.
Avant le réferendum sur l’UE en 2016, il a milité au sein de la campagne officielle pour le Brexit “Vote Leave” et a plaidé pour que le Royaume-Uni puisse “reprendre le contrôle” de ses frontières.
Dominic Raab est “coriace et lucide. Pas le genre de personne que vous pouvez intimider”, avait déclaré en 2014 David Davis, qui louait également la “loyauté” et le sens de la discipline de son ancien directeur de cabinet.
Le nouveau ministre était jusqu’ici secrétaire d’Etat chargé du Logement, après avoir occupé le poste de secrétaire d’Etat à la Justice.
Dominic Raab est un représentant de la nouvelle génération de conservateurs qui a fait son entrée au Parlement au cours des dix dernières années et frappe aux portes de l’Exécutif.
Fils d’un réfugié juif tchèque débarqué en 1938 au Royaume-Uni décédé d’un cancer alors qu’il n’avait que 12 ans, Dominic Raab a été élevé par sa mère dans la religion anglicane.
Originaire du comté de Buckinghamshire, au nord-ouest de Londres, il étudie le droit au sein des prestigieuses universités d’Oxford et de Cambridge.
Jeune diplômé, il commence une carrière d’avocat spécialisé en droit international dans le cabinet Linklaters, à Londres, puis intègre en 2000 le ministère des Affaires étrangères, où il travaille notamment sur les questions liées au terrorisme et à la mer.
En 2003, il part à La Haye pour diriger une équipe chargée d’oeuvrer contre les criminels de guerre, travaille sur les dossiers de Slobodan Milosevic, Radovan Karadzic et Charles Taylor.
Entre 2006 et 2008, il est directeur du cabinet de David Davis, alors chargé des affaires intérieures pour le Parti conservateur dans l’opposition.
Dominic Raab travaille ensuite avec le conservateur Dominic Grieve, aujourd’hui l’un des principaux rebelles conservateurs pro-UE au parlement britannique, avant d’être élu pour la première fois en 2010 à Esher and Walton, circonscription acquise aux conservateurs.
L’année 2011 lui offre des fortunes diverses. Désigné “nouveau (parlementaire) de l’année” par la revue The Spectator, il est aussi sévèrement réprimandé par Theresa May, alors ministre de l’Intérieur, pour avoir qualifié les féministes de “fanatiques insupportables”.
En 2014, le jeune député se fait un nom en présentant un amendement destiné à réduire la possibilité pour les juges de bloquer des extraditions en se basant sur des réglementations européennes.
Il rejoint en 2015 le gouvernement conservateur de David Cameron en tant que sous-secrétaire d’Etat à la Justice, son tout premier poste au sein de l’Exécutif britannique, mais quitte ses fonctions en juillet 2016 quand Theresa May devient Première ministre, dans la foulée du référendum sur l’UE.
Il fait son retour au gouvernement en juin 2017, devenant secrétaire d’Etat à la Justice, puis au Logement, en janvier dernier.
D’inspiration libérale, ce pourfendeur de la bureaucratie se présente comme un défenseur de la démocratie locale, de la liberté d’expression et des baisses d’impôts.
Marié, père de deux garçons, Peter et Joshua, il est 3e dan de karaté et grand amateur de boxe.

Libé
Mercredi 11 Juillet 2018

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