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Désillusion séparatiste : Rabat satisfait de la résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara




Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé, mardi, de proroger de six mois le mandat de la MINURSO, tout en consacrant, une fois de plus, la prééminence de l’Initiative marocaine d’autonomie pour résoudre le conflit artificiel autour du Sahara marocain.
Le Conseil de sécurité «décide de proroger le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2019», lit-on dans le texte de la résolution 2468 présenté par les Etats-Unis, et adopté mardi à une large majorité.
L’instance exécutive de l’ONU a consacré la prééminence de l’initiative d’autonomie, présentée par le Royaume le 11 avril 2007, en se félicitant des efforts «sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant dans le processus visant un règlement» du conflit du Sahara.
De même, la résolution consacre, à nouveau, l’Algérie en tant que partie principale au processus visant à trouver «une solution politique, réaliste, pratique et durable» et «basée sur le compromis» à la question du Sahara.
Le texte appelle, dans ce cadre, à faire montre de volonté politique et à travailler dans une atmosphère propice au dialogue dans le but de faire avancer les pourparlers, assurant ainsi la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité depuis 2007 et le succès des négociations.
Le Conseil de sécurité reconnaît, à cet égard, que “la concrétisation d’une solution politique à ce différend de longue date et le renforcement de la coopération entre les Etats membres de l’Union du Maghreb Arabe contribueraient à la stabilité et à la sécurité, induisant à son tour la création d’emplois, de croissance et d’opportunités pour l’ensemble des peuples de la région du Sahel».
La résolution réitère qu’il est indispensable de «faire preuve de réalisme et d’esprit de compromis pour aller de l’avant dans les négociations».
Cette résolution revêt une importance particulière, précise le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, recèle une évolution qualitative, contient des éléments structurants pour le processus politique et précise les paramètres de la solution définitive à ce différend régional.
Ainsi, le Conseil de sécurité identifie-t-il nommément les parties au différend régional sur le Sahara marocain, a indiqué Nasser Bourita dans une déclaration à la presse et relayée par la MAP, précisant que, pour la première fois depuis 1975, le Conseil de sécurité mentionne 5 fois l'Algérie dans cette résolution.  «Le Conseil de sécurité reconnaît, de ce fait, qu’une implication forte, continue et constructive de l’Algérie est nécessaire pour mettre un terme à ce différend régional qui n’a que trop duré», a-t-il souligné en précisant que la résolution 2468 confirme clairement les contours de la solution, laquelle doit être, selon le paragraphe 2 du dispositif, «politique, réaliste, pragmatique et durable, basée sur le compromis».
Il est important de relever que les paramètres évoqués par le Conseil de sécurité rejoignent largement la position marocaine. Ainsi, le terme de «compromis» est mentionné au moins 5 fois dans la résolution. La notion de «réalisme» est reprise, quant à elle, pas moins de 4 fois. Par contre, des références chères aux autres parties sont ignorées («autodétermination» citée 1 fois), voire même bannies (absence totale de toute référence au «référendum»), a tenu à préciser Nasser Bourita, qui a affirmé que le Conseil de sécurité oppose, de la sorte et de la manière la plus cinglante, une fin de non-recevoir à l’attachement des autres parties au «référendum» et à «l’indépendance», qui ne sont ni réalistes, ni pragmatiques, ni mutuellement acceptables, encore moins basés sur le compromis.
De même, a-t-il poursuivi, la résolution consolide les acquis du Maroc dans les résolutions précédentes, notamment la prééminence de l’initiative d’autonomie et l’impératif du recensement de la population des camps de Tindouf en Algérie, relevant que la résolution réitère l’injonction faite au «Polisario» de respecter le cessez-le-feu, puisque le paragraphe 6 rappelle «les engagements pris par le Polisario envers l’Envoyé personnel» de se retirer de Guergarate et de s’abstenir de toute action déstabilisatrice à Bir-Lahlou et Tifariti.
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a, en outre, fait savoir que le Royaume du Maroc espère que cette résolution donnera une forte impulsion au processus politique et que, sur la base des paramètres qui y sont définis, chaque partie assumera pleinement ses responsabilités pour avancer vers la «politique réaliste, pragmatique et durable, basée sur le compromis» souhaitée par la communauté internationale.
Pour sa part, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, a souligné que ladite résolution consacre le processus de tables rondes comme «seule et unique voie» pour parvenir à la solution politique à ce différend régional.
Lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU à New York suite à l’adoption de la résolution, le diplomate marocain a assuré que «comme vous pouvez le constater, le Conseil ne mentionne plus de 5ème round de négociations, répondant ainsi à une exigence fondamentale du Maroc que le processus actuel doit se démarquer et tirer les leçons des échecs du passé».
Il a noté, à cet égard, que l’instance exécutive des Nations unies se félicite ainsi du «momentum positif créé par les deux tables rondes tenues en décembre et mars derniers et demande au Maroc, à l’Algérie, à la Mauritanie et au Polisario de s’engager sérieusement dans le processus politique en vue d’identifier des éléments de convergence».
Selon Omar Hilale, la résolution 2468 consacre tout particulièrement, après la 2440, le rôle de l’Algérie en tant que «partie prenante principale» à ce différend. «L’Algérie est instamment appelée par le Conseil à contribuer à la recherche de la solution, au même titre et sur un pied d’égalité avec le Maroc, et ce jusqu’à l’aboutissement du processus politique».
«Je voudrais ici souligner que l’Algérie est citée autant de fois que le Maroc, en relation avec le processus politique. Dans la résolution 2414, l’Algérie n’était mentionnée dans aucun paragraphe», a fait observer l’ambassadeur marocain.
De même, le Conseil de sécurité réaffirme dans sa 3ème résolution consécutive sur la question du Sahara, que la finalité du processus, exclusivement onusien, est de parvenir à une solution politique, réaliste, pragmatique, durable et reposant sur le compromis à ce différend, a-t-il encore relevé.
«En se félicitant, dans ce cadre, du sérieux et de la crédibilité de l’Initiative marocaine d’autonomie, le Conseil l’a érigée pour la 13ème année consécutive en tant que seule solution idoine au différend sur le Sahara», a noté Omar Hilale, ajoutant que le Conseil reconnaît, ainsi, que le règlement de ce différend ne peut se faire que dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume. Et d’indiquer que le Conseil a, de ce fait, une nouvelle fois, réaffirmé que tous les plans irréalisables d’avant 2007 sont définitivement enterrés, et qu’il a clairement et définitivement lié l’autodétermination au compromis.  «Ce qui rejoint parfaitement la position du Maroc, exprimée lors de la 2ème table ronde, que l’autodétermination ne signifie ni le référendum, ni l’indépendance. L’autonomie est la parfaite incarnation de ce compromis exigé par le Conseil», a affirmé l’ambassadeur marocain.
Dans cette résolution, le Conseil de sécurité, au même titre que le Secrétaire général des Nations unies, s’est félicité du calme qui règne au Sahara marocain, a encore noté Omar Hilale, estimant qu’il s’agit d’une «reconnaissance et d’un témoignage éloquents» des réalisations socioéconomiques et des avancées politiques enregistrées par le Maroc dans ses provinces du Sud et qui répondent parfaitement aux attentes et aux aspirations des populations du Sahara marocain, qui vivent dans la quiétude et le bien-être.
Quant à la France qui a soutenu cette résolution, elle a considéré que le plan d’autonomie présenté par le Maroc constitue une «base sérieuse et crédible» pour les négociations visant à aboutir à une solution politique définitive à la question du Sahara.
«Il est important que les quatre délégations (Maroc, Algérie, Mauritanie et Polisario) poursuivent leurs discussions dans un état d’esprit constructif et de compromis en vue de parvenir à une solution politique réaliste, pragmatique, juste, durable et mutuellement acceptable, conformément aux résolutions» du Conseil de sécurité, a souligné la Représentante permanente adjointe de la France auprès de l’ONU, Anne Gueguen, suite à l’adoption par le Conseil de la résolution 2468.
Selon la diplomate, les deux précédentes tables rondes de Genève ont permis au Maroc, à l’Algérie, à la Mauritanie et au Polisario de «s’accorder sur la responsabilité particulière de la région et sur la nécessité de développer la confiance».
«Il faut désormais construire sur ces acquis. J’en profite pour réaffirmer que la France considère le plan d’autonomie marocain de 2007 comme une base sérieuse et crédible de discussions», a-t-elle dit Mme Gueguen.
Pour sa part, les Etats-Unis se sont félicités de l’adoption de la nouvelle résolution, rappelant l'importance de parvenir à une solution «réaliste, praticable et durable» à la question du Sahara sur la base des négociations.  A l’issue du vote de la résolution, le représentant des Etats-Unis, Rodney Hunter, a indiqué que les consultations en cours entre l’Envoyé personnel et le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario, «qui visent à trouver une solution réaliste, praticable et durable au conflit du Sahara, sont essentielles pour jeter les bases d’un règlement négocié».
«Nous nous félicitons de la ferme déclaration de soutien du Conseil aux efforts déployés par l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, Horst Koehler, pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable» au conflit du Sahara, a-t-il déclaré.  Le représentant américain a en outre souligné que «l’objectif du Conseil de sécurité devrait être de proposer une solution politique opportune et mutuellement acceptable».
D.C

Moussaoui Ajlaoui : La résolution 2468 enterre la position surannée du Polisario

Commentant la nouvelle résolution du Conseil de sécurité, Moussaoui El Ajlaoui, expert associé à AMES-Center, nous a  indiqué qu’elle « va dans le même sens que la résolution 2440 adoptée en octobre 2018 », a-t-il souligné dans une déclaration à Libé.
Au niveau de la forme, il considère qu’elle «use de mots et de notions qui dénotent qu’il y a un changement substantiel dans le traitement de la question du Sahara par cet organe décisionnel de l’ONU ».
S’agissant du fond, cette résolution surpasse le rapport du Secrétaire général Antonio Gutterres.
A titre d’exemple, elle salue le rôle des deux antennes du CNDH à Lâayoune et Dakhla et insiste sur la nécessité d’impliquer toutes les parties concernées (Maroc, Algérie, Polisario et la Mauritanie) dans la recherche d’une solution politique réaliste et réalisable à ce conflit ».
Elle appelle aussi à une solution juste, pérenne et basée sur le compromis. Ce qui indique que le Conseil de sécurité a carrément exclu la question du référendum d’autodétermination et mis  l’accent sur une solution politique proche du plan d’autonomie que le Maroc a proposé en 2007.
La nouvelle résolution appelle également au recensement de la population des camps de Tindouf, alors que le rapport du Secrétaire général de l’ONU n’a pas pipé mot sur ce sujet.
Concernant l’abstention de la Russie et de l’Afrique du Sud, Moussaoui Ajaloui a précisé que le vote de ce pays constitue « un vote politique ». « En s’abstenant, Pretoria indique qu’elle ne veut pas rompre définitivement avec le Maroc ni s’isoler au sein du Conseil de sécurité », a-t-il mis en avant.
Par contre, la Russie a motivé son abstention par l’absence de concertation à propos de la résolution. En outre, son vote est compréhensible, car ce pays ne veut pas déplaire à l’Algérie avec laquelle  elle a des relations économiques très fortes.
 « La résolution 2468 est globalement bonne et pose les fondements d’un règlement politique durable du conflit du Sahara. Elle enterre toutes les notions se rapportant à l’autodétermination ou à l’indépendance prônées par les séparatistes et prend compte des développements dans la région. En effet, l’Algérie traverse actuellement une crise politique aïgue et la situation est chaotique en Libye alors que la Mauritanie va organiser prochainement des élections et on y constate un retour en force des généraux », a tenu à souligner Moussaoui Ajlaoui.
Et de conclure : « Pour cela, toute résolution concernant la question du Sahara ne peut ne pas prendre en considération la situation dans la région. Même le rapport du Secrétaire général de l’ONU établit le lien entre la question du Sahara et la situation dans la région. Cela est fort important pour le Maroc ».
Mourad Tabet

Jeudi 2 Mai 2019

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