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Des réfugiés syriens demandent à la CPI d'ouvrir une procédure contre le régime d'Assad

Le combat contre l'EI est loin d'être fini en Syrie




 Un groupe de réfugiés syriens a appelé jeudi la Cour pénale internationale (CPI) à déclencher une procédure contre le régime de Bachar al-Assad pour crimes contre l'humanité commis pendant la guerre en Syrie.
Un dossier contre le président syrien Bachar al-Assad a été déposé devant la CPI par des avocats britanniques représentant 28 Syriens réfugiés en Jordanie.
Si la Syrie n'est pas signataire du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, la Jordanie l'est, ont souligné les avocats, en s'appuyant sur une récente décision de la Cour internationale pour présenter cette demande comme recevable.
En septembre dernier, la CPI s'était déclarée compétente pour enquêter sur la déportation de la minorité musulmane rohingya en Birmanie, non signataire du Statut de Rome, en arguant du fait qu'un "élément du crime, le passage d'une frontière, a eu lieu sur le territoire d'un Etat partie, le Bangladesh".
Les avocats des réfugiés syriens ont indiqué que leur dossier concernait des pratiques de torture, viols, mais aussi des attaques chimiques et des disparitions. Des comptes-rendus anonymes de victimes ont été transmis à la CPI.
"La guerre dévastatrice en Syrie dure depuis près de neuf ans et personne n'a encore été tenu pour responsable des centaines de milliers de violations commises contre des civils", a déclaré l'avocat Rodney Dixon, basé à Londres, dans un communiqué.
La CPI a confirmé avoir reçu les éléments fournis par les avocats, sans plus de précisions.
Par ailleurs, le chef des forces américaines au Moyen-Orient a prévenu jeudi que les alliés devaient poursuivre une "offensive vigilante" contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, où les jihadistes préparent une résurgence de leurs attaques malgré l'élimination de leur califat physique. "La réduction du califat physique est une réussite militaire monumentale, mais le combat contre l'EI et l'extrémisme violent est loin d'être fini et notre mission reste la même", a déclaré le général Joseph Votel devant une commission du Congrès américain, évaluant à "moins d'un kilomètre carré" le territoire encore contrôlé par l'EI.
"Les observations récentes de nos hommes et femmes sur le terrain montrent que la population de l'EI qui est évacuée des derniers vestiges du califat (à Baghouz, dans le nord-est syrien) reste largement impénitente, résolue et radicalisée", a-t-il ajouté, prévenant que la lutte contre l'EI entrait dans une nouvelle phase.
"Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, ce n'est pas la capitulation de l'EI en tant qu'organisation, c'est en fait une décision calculée (des jihadistes) pour préserver la sécurité de leurs familles et conserver leurs capacités en saisissant les chances qu'offrent les camps de déplacés ou en se cachant dans des zones reculées pour attendre le bon moment pour une résurgence", a-t-il encore dit.
Le chef du commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), qui doit prendre sa retraite dans les prochains mois, a expliqué qu'il faudra désormais s'attaquer à une "organisation désagrégée" de dirigeants, de combattants et de facilitateurs passés dans la clandestinité mais encore motivés par une idéologie extrémiste.
"Cela ressemblera beaucoup à une insurrection. Il y aura des attaques de niveau modéré, il y aura des assassinats, il y aura des attentats à l'explosif, il y aura des embuscades au fur et à mesure qu'ils émergeront", a-t-il prévenu.
Le président Donald Trump avait annoncé brusquement en décembre le retrait total et immédiat des forces américaines déployées dans le nord-est syrien, déclarant une victoire totale contre l'EI.
Depuis, il s'est laissé convaincre par le Congrès et le Pentagone de ralentir le retrait et de laisser dans cette zone, qui n'est pas contrôlée par le régime syrien, une "force résiduelle" qu'il a évaluée à environ 200 militaires.
Le général Votel a prévenu que les centaines de jihadistes détenus par les Forces démocratiques syriennes (FDS), la coalition arabo-kurde sur laquelle les Occidentaux se sont appuyés dans le nord-est syrien pour lutter conte l'EI, étaient dangereux et que les Occidentaux devaient les rapatrier pour les juger.
"A mon avis, c'est un problème de toute une génération qui, s'il n'est pas géré correctement, sèmera les graines du prochain extrémisme violent", a-t-il averti. "Comme le président l'a dit, ils doivent rentrer dans leur pays pour y être jugés de façon adéquate".
Il a aussi implicitement critiqué l'annonce du président Trump sur le retrait total des forces américaines, soulignant qu'elle avait profité à la Russie.
"Cela fait de la Russie un acteur plus important dans cette zone", a-t-il dit. "Cela solidifie leur présence au Proche-Orient".

Samedi 9 Mars 2019

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