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Des milliers de partisans de l'unité espagnole dans les rues de Barcelone


Rajoy n'écarte pas une suspension de l'autonomie de la Catalogne



Des milliers de partisans de l'unité espagnole sont descendus dans les rues de Barcelone dimanche une semaine jour pour jour après le référendum controversé sur l'indépendance de la Catalogne.
Les manifestants agitant des drapeaux espagnols se sont rassemblés bien avant l'heure prévue du départ du cortège, dans le centre de la ville, à l'appel de la Société civile catalane, une organisation anti-indépendantiste qui dit représenter la "majorité silencieuse" des habitants de la Catalogne.
Des banderoles brandies par les manifestants proclament que "La Catalogne, c'est l'Espagne" ou "Ensemble nous sommes plus forts".
Le président de l'exécutif autonome catalan, Carles Puigdemont, doit prendre la parole mardi devant le Parlement régional. Il pourrait proclamer unilatéralement l'indépendance de la Catalogne en s'appuyant sur les résultats du référendum du 1er octobre.
Le gouvernement autonome de Catalogne a publié vendredi soir les résultats définitifs de cette consultation qui avait été interdite par le Tribunal constitutionnel. Le "oui" à l'indépendance l'a emporté avec 90,18% des voix exprimées par les quelque 2,3 millions d'électeurs qui se sont déplacés aux urnes malgré le déploiement des forces de police, soit une participation de 43% des inscrits.
Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a exigé samedi soir des indépendantistes catalans qu'ils retirent leur menace de déclaration d'indépendance unilatérale, à l'issue d'une journée où des milliers de personnes ont manifesté qui pour l'"unité", qui pour le "dialogue".
Dans l'entretien accordé au quotidien El Pais, Mariano Rajoy lance un appel aux nationalistes catalans les plus modérés, pour qu'ils s'éloignent des "radicaux" de la CUP (Candidature d'unité populaire, extrême gauche) avec lesquels ils se sont alliés pour disposer d'une majorité au parlement catalan.
Mais surtout, il écarte toute négociation tant que les indépendantistes n'auront pas "retiré la menace" d'une déclaration unilatérale d'indépendance.
Bref, l'impasse semble difficile à surmonter, les indépendantistes exigeant de négocier sur le référendum.
M. Rajoy menace à son tour de recourir à une suspension de l'autonomie de la région, une mesure jamais appliquée dans cette monarchie parlementaire extrêmement décentralisée, qui pourrait aussi provoquer des troubles en Catalogne.
"Je n'écarte rien", dit-il ainsi au journal qui l'interroge sur l'application de l'article 155 de la Constitution permettant de suspendre cette autonomie: "Mais je dois faire les choses en leur temps".
Le chef du gouvernement exclut en revanche d'avoir recours à la médiation d'une tierce partie pour résoudre le conflit.
"Nous allons empêcher l'indépendance de se produire. C'est pourquoi je peux vous dire avec une franchise absolue que cela n'arrivera pas", insiste-t-il.
Dans la rue samedi, à l'appel de l'initiative citoyenne "Parlem ? Hablemos ?" (On se parle ?, en catalan et en espagnol), des dizaines de milliers de personnes, vêtues de blanc, s'étaient auparavant rassemblées dans plusieurs villes pour réclamer un "dialogue" entre les Catalans et le reste du pays.
"Je suis triste de voir l'état dans lequel se trouve notre pays et la médiocrité de notre gouvernement", se lamentait Marta Muro, 67 ans, rencontrée dans la manifestation de Madrid qui, selon des journalistes de l'AFP, a réuni plusieurs milliers de personnes.
Des manifestations similaires ont eu lieu à Barcelone, Valence (sud-est), Saragosse et Valladolid (nord), au Pays Basque et à Palma de Majorque, entre autres.
A Madrid, un défilé "patriotique" a aussi rassemblé 50.000 personnes, selon la préfecture. Au milieu des drapeaux espagnols, les manifestants ont scandé des slogans hostiles aux dirigeants catalans séparatistes.
La crise, qui inquiète aussi l'Europe, touche également la Catalogne, où vivent 16% des Espagnols car, selon les sondages, la moitié de la population n'est pas indépendantiste.

Libé
Lundi 9 Octobre 2017

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