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Des déplacés irakiens seraient rapatriés contre leur gré


Plus de la moitié des résidents des camps d'Irak de retour chez eux



Des civils irakiens recueillis dans des camps de déplacés sont renvoyés contre leur gré dans des zones de la province majoritairement sunnite d'Anbar où leur sécurité ne peut être assurée, rapportent plusieurs dizaines d'entre eux et des membres d'organisations humanitaires.
Les combats contre les djihadistes de l'Etat islamique ont fait plus de deux millions de déplacés, dont le sort dépend désormais du gouvernement, mais les détracteurs du Premier ministre Haïdar al Abadi lui reprochent de privilégier les préparatifs des élections de mai, à l'occasion desquelles il briguera un nouveau mandat.
Selon eux, les autorités renvoient les déplacés dans leur région d'origine, où ils sont censés voter, afin d'éviter un report du scrutin. Ces rapatriements forcés risquent toutefois d'exacerber l'hostilité de la minorité sunnite à l'égard d'un pouvoir aux mains des chiites, qui a largement contribué à l'émergence de l'EI, en 2014.
Des entretiens avec des travailleurs humanitaires et plusieurs dizaines de résidents des camps d'Amriyat al Falloudja, dans le centre de la province d'Anbar, ainsi qu'avec des familles contraintes de retourner dans d'autres secteurs de la province, ont révélé que beaucoup y avaient été renvoyés sous la contrainte et que plusieurs avaient même été tués.
Selon les humanitaires, qui se sont tous exprimés sous le sceau de l'anonymat, des camions militaires arrivent à l'improviste dans les camps pour y prendre des déplacés auxquels les soldats laissent une heure pour plier bagage. De 2.400 à 5.000 personnes auraient ainsi été renvoyées de force entre le 21 novembre et le 2 janvier.
Interrogé par Reuters, le général Yahya Rassoul, porte-parole de l'armée irakienne, a nié l'existence de telles méthodes, tout en insistant sur le fait que "les citoyens (devaient) rentrer chez eux", maintenant que l'Etat islamique a été vaincu.
"Notre principale préoccupation est la sécurité de nos citoyens, notre travail consiste à protéger les gens", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, pour la première fois depuis la percée du groupe Etat islamique (EI) en Irak en 2014, le nombre de personnes rentrées chez elles a dépassé celui des déplacés, a indiqué jeudi à l'AFP l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Fin décembre, 3,22 millions de déplacés étaient rentrés chez eux tandis que 2,61 millions de personnes étaient toujours déplacées, indique l'OIM.
Cette inversion de tendance intervient à la fin du mois durant lequel le pouvoir à Bagdad a proclamé la victoire militaire sur l'organisation extrémiste chassée de tous les centres urbains.
A titre d'exemple, "fin 2015, moins d'un demi-million de déplacés étaient rentrés chez eux", explique la porte-parole de l'OIM en Irak, Sandra Black. "En 2017, ils étaient 1,85 million de déplacés à revenir", poursuit-elle.
"Le fait que les forces irakiennes ont repris de larges zones est important et la sécurité s'est améliorée", explique-t-elle encore.
L'EI s'était emparé en 2014 du tiers de l'Irak et avait menacé jusqu'à son existence, avant que les forces irakiennes lancent une longue et sanglante contre-offensive, au cours de laquelle des quartiers entiers ont été réduits à néant par les combats.
Près d'un tiers des déplacés se trouvent dans la province de Ninive (nord), dont le chef-lieu est Mossoul, la deuxième ville du pays, théâtre pendant neuf mois d'une des plus dures guérillas urbaines des temps modernes.
Parmi les déplacés de retour, plus d'un million sont revenus chez eux dans la province d'al-Anbar, à majorité sunnite, et où s'est jouée la toute dernière bataille pour reprendre les localités que contrôlaient encore les jihadistes.

Libé
Lundi 8 Janvier 2018

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