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Des amitiés au service de la patrie


Libé
Mardi 22 Mars 2022

Des amitiés au service de la patrie
Le Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires, Driss Lachguar, a adressé deux correspondances très importantes à Monsieur Pedro Sanchez, président du gouvernement espagnol et leader du Parti socialiste ouvrier espagnol et à Monsieur José Luis Rodriguez Zapatero, ancien président du gouvernement et du parti, grand ami du Maroc et de l’USFP ayant joué des rôles déterminants dans le rapprochement des visions des deux pays bordant de part et d’autre la mer Méditerranée. L’envoi de ces deux lettres par le Premier secrétaire coïncide avec les derniers développements positifs des relations entre deux pays voisins appartenant à une géographie chargée de symboles, d’évènements mais aussi de crises passées et présentes. Le plus grand développement, qui pourrait être considéré comme un important tournant sur la voie de la consolidation de la sécurité et la stabilité dans la région dans un monde qui s’achemine hélas vers un virage différent dont la caractéristique principale est la prolifération des conflits, des affrontements et des guerres, c’est la reconnaissance espagnole que la résolution du conflit artificiel autour du Sahara marocain ne peut se réaliser que par le biais de l’autonomie sous souveraineté marocaine.
L’on ne peut considérer que cette reconnaissance qui n’a été qu’une percée dans l’Etat profond en Espagne car l’on ne peut invaginer que cette position n’a pas traversé le canal du débat interne entre le palais, la présidence du gouvernement, le département des affaires étrangères et l’institution militaire et de renseignements, mènera à l’avènement de nouvelles normes en matière de relations bilatérales au milieu du voisinage marocain basées sur le fait que l’intérêt commun suppose de s’écarter de la logique de la course vers l’hégémonie régionale pour progresser vers la logique de la complémentarité fondée sur le respect des dispositions de la souveraineté nationale et la priorité de la stabilité et la coopération régionales.
Toutefois, l’on ne peut estimer que cette percée s’est produite du jour au lendemain mais qu’elle est le fruit d’un effort durable derrière lequel se sont succédé des années de patience motivées par une vision prospective et stratégique rationnelle. De même qu’elle avait besoin d’un contournement et d’une accumulation positifs à même d’en faire l’une des constantes des relations bilatérales dans la région et de la développer opportunément dans l’ensemble de l’espace euro-méditerranéen en vue d’anéantir toutes les politiques des murs et frontières fermées et les démarches s’orientant vers l’escalade et le miroitement d’un leadership par l’affaiblissement de l’autre.
Ces deux messages avec leurs charges symboliques et politiques nous conduisent, là-dessus, à remémorer ce passé lors duquel l’Union socialiste des forces populaires subissait toutes sortes d’oppressions et de surenchères politiciennes du fait de sa proximité avancée du Parti socialiste ouvrier espagnol et du fait également de son adhésion à l’Internationale socialiste.
D’ailleurs, les forces de droite, qu’elles soient enveloppées dans l’islamisation ou dans un prétendu libéralisme dans leur quête des bonnes grâces « bassriennes » et de la diabolisation de l’opposition socialiste, propageaient parmi ceux qui voulaient l’entendre des informations selon lesquelles l’USFP était l’allié d’un parti espagnol qui soutenait le front séparatiste du Polisario. En effet, ces forces de droite ont souvent tenté, vainement, de taxer notre parti tantôt de sionisme tantôt de liens avec un parti appuyant la thèse séparatiste bien que les positions de l’USFP aient été avancées quant aux deux questions nationale et palestinienne comparativement au reste des composantes du champ partisan car provenant d’une conception fondée sur le projet du parachèvement de la libération et de l’édification de l’Etat national fort.
L’USFP n’a jamais cru à la politique de la chaise vide et a plaidé assidûment au sein de l’Internationale socialiste en faveur de la question nationale au cours d’une étape marquée par un discours qui présentait le système politique au Maroc comme étant un système réactionnaire, le Polisario comme étant un mouvement de libéralisation national et l’Algérie comme le régime politique le plus proche du progressisme et du socialisme de toute la région.
Les directions du parti étaient convaincues que dans le grand esprit socialiste de Felipe Gonzales, le leader des socialistes espagnols et l’un des artisans de l’épopée de la transition démocratique, sa clairvoyance stratégique et son opposition au franquisme ne pouvaient que conclure à bien saisir le droit légitime du Maroc au parachèvement de son intégrité territoriale, non seulement du fait que c’était un droit mais en tenant compte de la nécessité de la stabilité de la région et sa sécurité. De ce fait le dialogue continu n’a jamais été interrompu entre l’USFP et le PSOE.
Ainsi, parmi les fruits récoltés de cet état de faits, il y eut le dressement des socialistes espagnols parmi les plus grands défenseurs du statut avancé du Maroc dans ses rapports avec l’Union européenne, allant jusqu’à déployer pour réussir cette grande percée, matérialisée par l’officialisation du soutien au plan d’autonomie marocain pour la résolution du dossier du Sahara marocain étant un choix de l’Etat espagnol.
Par ailleurs, les relations positives qu’ont développées avec le Royaume du Maroc les socialistes espagnols, notamment durant le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ont pleinement contribué à dissiper de nombreux amalgames et à éluder toutes les craintes, ce qui a participé à rapidement écarter tout malentendu à la suite de toute crise passagère.
Ainsi, si les relations privilégiées entre les deux royaumes marocain et espagnol ont toujours été un facteur décisif dans la résolution de toutes les crises survenues, la conviction de nos camarades socialistes espagnols quant au rôle essentiel de la monarchie marocaine a participé en outre du développement davantage de rapports entre les deux pays, chaque fois que les socialistes sont au gouvernail de la présidence du gouvernement.
En outre, les occupants du palais d’El Meuradia en Algérie n’ont pas été les seuls à être contrariés des suites de ces développements positifs mais d’autres composantes telles que la droite, l’aile nationaliste extrémiste et l’extrême gauche ont de leur côté commencé à s’activer pour exprimer leur désapprobation de ce pas accompli par la présidence du Gouvernement soutenue par le Roi Philippé VI et les institutions militaires et de renseignement de l’Etat.
En fait, c’est une grande mutation dans la conception régionale de l’Espagne.
En somme, si l’USFP a investi ses relations avec les membres du Parti socialiste ouvrier espagnol dans le renforcement de ces dynamiques, même lorsque ce développement n’était que chimère, les autres forces marocaines de droite, de centre ou d’extrême gauche sont appelées quant à elles à investir leurs supposés rapports avec notamment le parti populaire (PP), Parti libéral-conservateur espagnol ou le « Ciudadanos, parti du centre-droite, avec le parti de gauche « Unidas Podemos » ou encore avec la gauche unie (UP), et ce en vue de préserver ces développements et les mettre à l’abri de l’influence de tous les changements électoraux à venir.


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