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Des ONG jugent les gouvernements de l'UE "complices" de la tragédie des migrants en Méditerranée

2.262 morts dans des traversées de la Méditerranée en 2018




 Oxfam et 53 autres ONG ont accusé vendredi les gouvernements de l'Union européenne de "complicité" dans la "tragédie" des migrants qui empruntent la route maritime entre l'Italie et la Libye et les ont appelés à soutenir les opérations de sauvetage et à cesser de renvoyer les migrants vers la Libye.
En 2017, l'Italie et la Libye signaient, avec l'appui de l'UE, un accord pour parvenir à endiguer les flux migratoires d'Afrique du Nord vers l'Italie: Rome et l'UE se chargeant de soutenir les gardes-côtes libyens, la Libye d'empêcher les personnes quittant ses côtes de se rendre en Europe.
Or en deux ans, "plus de 5.300 femmes, hommes et enfants ont péri en Méditerranée", s'émeuvent les organisations humanitaires dans une lettre ouverte.
Et, d'après elles, les gouvernements de l'UE sont devenus "complices de la tragédie qui se déroule sous leurs yeux", car ils "nient les droits fondamentaux de personnes en exil en aggravant le danger qu'elles rencontrent déjà en mer, en les renvoyant en Libye".
Dans leur texte, les ONG se font l'écho des récits de migrants détenus en Libye dans des conditions effroyables. "Beaucoup sont maltraités avant d'être vendus à des groupes armés ou en tant qu'esclaves", expliquent Jon Cerezo, responsable de campagne humanitaire à Oxfam France, cité dans un communiqué de l'ONG.
Les organisations humanitaires appellent les gouvernements de l'UE à "arrêter de renvoyer les personnes secourues en mer en Libye". Elles exigent en outre que ces gouvernements soutiennent "les opérations de recherche et sauvetage et veillent à ce que les personnes sauvées en mer puissent arriver en toute sécurité et sans retard en Europe".
Un total de 2.262 migrants sont morts en tentant de traverser la Méditerranée l'an dernier, tandis que 113.482 personnes sont arrivées en Europe par la mer, essentiellement via l'Espagne, selon le HCR qui fait état de chiffres en baisse par rapport à 2017.
En 2017, le nombre d'arrivées par la mer s'élevait à 172.301 et 3.139 personnes étaient estimées "mortes ou portées disparues" dans leur tentative de traversée, selon les chiffres mis à jour par le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) sur son site Internet. Le niveau des arrivées a également chuté par rapport au "pic" de 1,015 million enregistré en 2015.
L'Espagne est redevenue l'an dernier la première porte d'entrée en Europe, avec 55.756 arrivées par la mer (contre 22.103 en 2017). L'Italie, où le gouvernement au discours très antimigrants a fermé les ports aux bateaux humanitaires cet été, a enregistré 23.371 arrivées l'an dernier, en chute libre par rapport à 2017 (119.369), et la Grèce 32.497.
En 2018, le premier pays d'origine des migrants était la Guinée (13.068 personnes), suivi du Maroc (12.745) et du Mali (10.347). La Syrie n'était que le quatrième pays d'origine des arrivants, suivie de l'Afghanistan et de l'Irak.
L'accueil des migrants sauvés en mer a provoqué une crise diplomatique européenne l'an dernier après la fermeture des ports italiens, plusieurs navires humanitaires se retrouvant à errer en Méditerranée faute de savoir où accoster. Chaque situation s'était débloquée avec un accord trouvé dans l'urgence entre pays européens pour la répartition des réfugiés, ce qui avait convaincu l'Espagne ou Malte de laisser les navires débarquer leurs passagers.
"En 2019, il est essentiel de mettre fin à l'approche actuelle bateau par bateau", avait estimé le HCR en exhortant les Etats à "mettre en œuvre un mécanisme régional qui donne aux capitaines de navires des indications claires et prévisibles sur l'endroit où débarquer les réfugiés et les migrants secourus en Méditerranée".
Par ailleurs, l'interdiction faite vendredi au Sea-Watch 3 de quitter le port de Catane, s'inscrit dans une longue liste d'obstables imposés aux ONG engagées au large de la Libye, où il ne reste actuellement plus que les garde-côtes libyens pour le secours en mer.
Les principales ONG engagées ont suspendu leurs activités à la fin de l'été 2017, face à la chute des départs de Libye et à une intensification des menaces des garde-côtes libyens, qui considèrent les ONG comme complices des passeurs.
L'ONG maltaise Moas, la première à s'engager dans les opérations de secours en 2014 et qui a compté jusqu'à deux navires dans la zone, a transféré ses activités auprès des Rohingyas au Bangladesh.
Dans le même temps, Médecins sans frontières (MSF) a mis fin aux activités du Vos Prudence, le plus gros navire humanitaire privé actif au large de la Libye avec un record de 1.500 personnes secourues en même temps, et Save the Children a fait de même avec le Vos Hestia.

Samedi 2 Février 2019

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