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Les autorités iraniennes ont dans le même temps organisé pour les médias une visite de lieux endommagés par ceux qu'elles qualifient d'"émeutiers", alors que les arrestations se poursuivent tout comme les restrictions d'accès à Internet.
Voici les derniers développements:
Bilan humain
Le mouvement de contestation, déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants devant la cherté de la vie et la dépréciation de la monnaie, s'est mué le 8 janvier en une mobilisation d'ampleur défiant ouvertement la République islamique.
La télévision d'Etat a annoncé dans la soirée un bilan de 3.117 personnes tuées, citant la Fondation iranienne pour les martyrs et les anciens combattants.
Parmi les personnes tuées, 2.427, dont des membres des forces de sécurité, sont considérées comme des "martyrs" au sens islamique du terme, car elles étaient des victimes "innocentes", selon le communiqué de la Fondation.
De nombreux "simples passants" ont été "délibérément pris pour cible dans le cadre d'une stratégie visant à multiplier les victimes, ou touchés lors de tirs aveugles et d'actes de violence terroriste indiscriminée",a ajouté la Fondation, sans détailler.
"Les 690 personnes qui ne figurent pas parmi les martyrs sont des terroristes, des émeutiers et ceux qui ont attaqué des sites militaires", a ensuite déclaré à la télévision d'Etat Ali Akbar Pourjamshidian, secrétaire du Conseil national de sécurité d'Iran.
Il a affirmé que le nombre élevé de "martyrs" montrait la "retenue" des forces de sécurité.
"Toutes les preuves disponibles en provenance d'Iran indiquent que le nombre réel de personnes tuées lors des manifestations est bien plus élevé", a réagi pour l'AFP Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège.
Le bilan pourrait "se situer autour de 25.000", a-t-il affirmé, soulignant que la République islamique a coutume de "sous-estimer systématiquement la violence létale d'Etat".
IHR, dont les chiffres sont cités par l'ONU, a jusque là indiqué avoir vérifié la mort d'au moins 3.428 manifestants, alors que les efforts pour établir un bilan précis sont fortement entravés par la coupure d'une durée inédite d'Internet imposée par les autorités.
Après que la police a donné lundi trois jours aux personnes impliquées dans les "émeutes" pour qu'elles se livrent, le pouvoir judiciaire a répété que les autorités ne feraient preuve "d'aucune indulgence".
Tour officiel
La municipalité de Téhéran a organisé mercredi un tour pour montrer aux journalistes, dont une équipe de l'AFP, les dégâts causés pendant les manifestations.
Dans un dépôt de la capitale, environ une dizaine de bus calcinés sont alignés sur un parking.
Selon Iraj Lotfizadeh, responsable des opérations dans un arrondissement de Téhéran, "22 bus ont été complètement incendiés à travers la capitale" le 8 janvier, quand les manifestations ont pris de l'ampleur.
Dans les environs, de la suie recouvre la mosaïque bleue à l'entrée d'une mosquée. A l'intérieur, des murs noircis, des livres religieux abîmés et des motos brûlées.
L'agence de presse Tasnim a dressé un nouveau bilan des dommages: selon les chiffres avancés, 350 mosquées ont été vandalisées, 314 bâtiments gouvernementaux attaqués ainsi que des centaines de banques et de magasins.
"Rayer de la surface terrestre"
L'Iran et les Etats-Unis, ennemis jurés depuis la Révolution islamique de 1979, ne cessent d'échanger menaces et invectives.
"J'ai donné des ordres très clairs. Si quoi que ce soit arrive, ils les rayeront de la surface terrestre", a déclaré mardi M. Trump dans une interview.
Le général iranien Abolfazl Shekarchi avait auparavant menacé le président américain de mort si Washington s'en prenait à la personne de l'ayatollah Ali Khamenei.
Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi a lui aussi agité la menace d'une riposte "en cas d'attaque". Mais il a laissé une porte ouverte au dialogue si Washington traitait l'Iran avec "respect".








