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Décès du comédien Aziz El Fadili

La scène artistique nationale perd l’une de ses figures les plus emblématiques


Libé
Vendredi 19 Novembre 2021

Une chape de plomb s’est abattue sur l’univers cinématographique marocain. En apprenant le décès de Aziz El Fadili, vendredi matin, par le biais d’un post Facebook de son fils, Adil El Fadili, ce sont plusieurs générations qui perdent l’une des figures artistiques et télévisuelles nationales. Figure qui a bercé leur jeunesse et aiguisé leur sensibilité artistique.

Un repère dans la mémoire collective qui ferait passer les plus modernistes pour des réacs. Car impossible de ne pas sombrer dans une profonde tristesse en apprenant la disparition d’un homme qui a fait autant rire que rêver des générations, suscitant des vocations mais aussi un torrent de compliments. Et pas uniquement de son vivant. “Aziz El Fadili était tout simplement génialissime. Il va retrouver Nour-Eddine Saïl et ils vont encore s'amuser " s’est ému sur Facebook Nadia Larguet, journaliste et productrice marocaine.

Le comédien marocain a succombé à ce satané virus du Covid-19, aux Pays-Bas, après un long combat qu’il a finalement perdu. Mais son décès ne risque en aucun cas de le renvoyer dans les abîmes de l'oubli. Déjà parce que Aziz El Fadili restera pour toujours « Monsieur météo » de la RTM dans les années 80. Jamais le bulletin météo n’a été autant suivi dans le pays qu’à l’époque où Aziz El Fadili le présentait.

Certes, la sécheresse qui touchait le Maroc dans les années 80's avait poussé la population à faire du bulletin météo un rendez-vous incontournable. L'ingéniosité et l’originalité d’Aziz El Fadili a fait le reste, notamment sa capacité à mettre en scène un programme terriblement ennuyeux par nature ; usant subtilement de costumes et autres images de fonds. Une capacité singulière à vous faire croire à ce que vous voyez même si vous savez qu’au fond, ce n’est pas vrai.

Il y a quelques mois, nous avions croisé Aziz El Fadili dans les studios de la maison de production Cinétéléma, pendant le tournage d’une sitcom créée par sa fille, l'humoriste Hanane El Fadili. Son air sévère était trompeur. En réalité, son visage fermé trahissait surtout le cœur qu’il mettait à l’ouvrage.

La fonction de Directeur artistique qu’il occupait sur ce projet ne laissait aucune place au hasard ou à l’approximation. D’où son sens aiguisé du détail et son implication corps et âme. Il fallait voir le regard qu’Aziz El Fadili portait sur sa fille, Hanane El Fadili, empli de bienveillance et d’une incommensurable fierté.

Une fois gratté le vernis, Aziz El Fadili nous a paru d’une grande sensibilité, humaine mais aussi artistique. Sensibilité dont ont hérité ses enfants à travers lesquels se perpétuent aujourd’hui non seulement sa mémoire mais aussi son talent. Une transmission qui ne date pas d’hier.

“Déjà, en étant bébé, on nous emmenait dans des couffins pour assister aux spectacles de mon papa marionnettiste” s’est remémoré Hanane El Fadili lors d’une interview réalisée pour les besoins d’un reportage. Et d’ajouter “Par la suite, j’ai commencé à l’accompagner, pour voir des pièces de théâtre, notamment celle de feu Tayeb Saddiki, paix à son âme, mais encore des pièces de Khadija Assad Saadallah. On a baigné et grandi dans le milieu artistique.”

Ce milieu, Aziz El Fadili le connaissait comme sa poche. Les arcanes de l’industrie cinématographique n’avaient plus aucun secret pour lui. Et même si le cinéma marocain se hasardait à envisager d’effacer le souvenir d’Aziz El Fadili des tablettes de la mémoire, ce serait une vaine entreprise. Un combat perdu d’avance. Son personnage de “Monsieur Météo” plaide évidemment en ce sens, mais il n’y a pas que cela.

Dans la mémoire collective nationale, resteront à jamais gravés ses rôles dans les séries « La Brigade », « Chib W Shbab », et « Al Baraka Frassek », réalisé par son fils Adil El Fadili, auquel Libération présente ses plus sincères condoléances, comme à l’ensemble des membres de la famille El Fadili.

Puisse Dieu avoir l'âme du défunt en Sa Sainte Miséricorde.
Nous sommes à Dieu et à lieu nous retournons.

Chady Chaabi 


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