Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Construire et humaniser doivent aller de pair


Tant de projets à nourrir pour la population carcérale



“L’expérience a prouvé que la construction de nouvelles prisons ne constitue pas une solution à la crise des établissements pénitentiaires au Maroc». C’est le constat dressé par Abdellah Mesdad, secrétaire général de l’Observatoire marocain des prisons (OMP) en réponse à la déclaration faite il y a quelques jours devant  la Chambre des conseillers par le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi. Lequel  avait affirmé que la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) œuvre à humaniser les prisons et les conditions de détention et qu’elle déploie des efforts colossaux à ce niveau pour l’amélioration des conditions de détention, à travers l’ouverture de 11 établissements pénitentiaires, ce qui a permis de réduire le taux de surpopulation dans les prisons de 45 % en 2012 à 38 %. Et le ministre d’ajouter qu’un projet de construction de cinq autres établissements pénitentiaires verra le jour l’année prochaine.
Pour Abdellah Mesdad, ces mesures sont contre-productives. Car les statistiques concernant cette dernière décennie ont démontré que la question de la construction était toujours au cœur du débat sur l’humanisation des conditions de vie dans les établissements pénitentiaires. A titre d’exemple, le nombre de prisons était 59 en 2008 et qu’après cette date d’autres établissements ont vu le jour. Pourtant, « les mêmes problèmes demeurent irrésolus », comme c’est le cas du surpeuplement carcéral.
D’après lui, la construction de nouveaux établissements pénitentiaires ne pourrait être la meilleure solution pour mettre fin au phénomène du surpeuplement. « Il faut procéder à la révision de la politique pénale et la mise en œuvre des peines alternatives et de plusieurs dispositions du Code de procédure pénale comme la libération conditionnelle ou la liberté surveillée », nous a-t-il déclaré.
Il a, néanmoins, assuré que l’une des questions évoquées par El Khalfi est contredite par la réalité. Il s’agit en l’occurrence de l’interdiction des repas apportés par les familles aux détenus, le fameux couffin ou “gouffa”. Pour lui, cette pratique est toujours en vigueur dans la plupart des prisons du Royaume.
En ce qui concerne les soins de santé, le ministre avait mis en avant le fait que deux conventions relatives aux soins et au traitement du cancer, l'amélioration d’accès aux services de santé au profit des prisonniers et l’organisation des campagnes médicales ont été signées.
Pour Abdellah Mesdad, ces mesures sont insuffisantes. Il a affirmé que certaines prisons sont certes dotées d’équipements de pointe comme ceux concernant la lutte contre le cancer dans la prison de Oukacha, mais il a insisté sur le rôle que le  ministère de la Santé doit assumer non seulement dans cette lutte mais également pour ce qui est de la santé des personnes incarcérées, tout en mettant en exergue le fait que les caravanes et les campagnes médicales ne peuvent à elles seules résoudre le problème des soins médicaux prodigués aux détenus.


T. Mourad
Lundi 7 Août 2017

Lu 541 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito | Sur le vif











Mots Croisés