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Confiner et reconfiner

Le mot d'ordre du HCP


Le cap des 500 cas graves franchi
Les mosquées reprennent du service



Le temps est au rebond de l’épidémie un peu partout dans le monde et en particulier sur le Vieux Continent où la situation préoccupe grandement l’Organisation mondiale de la santé.

D’ailleurs, en France, un couvre-feu devrait être effectif dès demain dans plusieurs métropoles. De ce côté-ci de la Méditerranée, l’instauration de cette mesure ne date pas d’hier. Et si l’on compte les 3.387 nouveaux cas et 23.648 cas actifs, recensés ce mercredi à 18H, dont 525 cas actifs dans un état sévère ou critique, ainsi que les 41 nouveaux décès, force est de constater que le couvre-feu n’a pas vraiment porté ses fruits. Pis, selon le Haut-commissariat au plan, le risque d’une nouvelle vague de contamination reste élevé. « Sur la base des données arrêtées le 20 septembre », précise dans un premier temps le HCP, « les perspectives d’évolution des nouvelles infections révèlent une situation épidémique préoccupante, avec la possibilité de reproduction d’une vague plus forte de contamination dans le cas d’une levée des mesures du confinement partiel mises actuellement en application dans certaines zones». Puis d’ajouter : « Le taux de létalité se poursuivrait au rythme de 1,9% suivant les tendances de vulnérabilité, indiquant ainsi une situation épidémique difficile mais encore supportable par le système sanitaire».

La probabilité qu’un tel cauchemar devienne réalité n’est pas à écarter. Et pour cause, en plus du manque de rigueur des citoyennes et citoyens dans l’application des mesures sanitaires et gestes barrières, l’Exécutif a pris la décision de rouvrir les écoles dans tout le pays. Résultat, plus de 3.000 membres de la famille de l’enseignement contaminés dont 1400 élèves en un peu plus d’un mois. Dès lors, faut-il s’inquiéter de l’ouverture de 10.000 mosquées aux prières du vendredi ? 

A mille lieues de toute instrumentalisation politique comme celle opérée par Donald Trump, qui a fait évacuer les manifestants à Washington pour se rendre devant une église endommagée pour une opération de communication qui a scandalisé l’Amérique, l’Exécutif marocain a pris une décision qu’il veillera « à faire réussir et à en assurer le suivi, en coordination avec les autorités compétentes». Mais à la lumière de la gestion très discutable de l’épidémie jusqu’ici par l’Exécutif et les autorités sanitaires, on est loin d’être rassuré. Surtout lorsque superpose l’optimisme affiché par le gouvernement au pessimisme du HCP.

Pour l'organisme chargé de la production, de l'analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, une deuxième vague de l’épidémie est donc plus que probable.

C’est la raison pour laquelle le HCP recommande un reconfinement. Mais pas total car le recours à une telle mesure «sur une longue période pourrait paralyser l’économie nationale, alors que les séquelles de la première stratégie de confinement total durant 82 jours sont toujours perceptibles sur le tissu productif», comme expliqué dans sa dernière note sur la situation épidémique Covid-19.

Face à la courbe haussière des contaminations, le HCP propose plutôt d’opter pour une stratégie de confinement généralisé d’un jour par semaine au niveau national, pendant six semaines. Une stratégie ciblée au niveau de trois principales régions que sont Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi. Elle devrait, selon les estimations du HCP, réduire la transmissibilité du SarsCov-2 de 10%.

Concrètement, le confinement généralisé hebdomadaire dans l’optique de s’octroyer une marge de contrôle sur la situation épidémiologique et donc sur la prise de décision, aurait pour effet de réduire les nouvelles contaminations. Dans ce scénario, les nouveaux cas Covid+ devraient atteindre les 72.000 cas à fin décembre, avant de baisser drastiquement aux environs de 35.000 dans la région de Casablanca-Settat, 8.900 à Rabat-Salé-Kénitra et 4.000 à Marrakech-Safi.

Dans le cas où l’Exécutif serait tenté par cette option qui permettrait sensiblement de réduire le rythme de l’évolution épidémique à long terme à défaut de la freiner à court terme, le Haut-commissariat au plan prévient : «L’efficacité d’une telle mesure passe par la mise en œuvre de mesures d’accompagnement appropriées. Une campagne de sensibilisation de la population sur l’importance de la répartition des achats et des déplacements sur les autres jours de la semaine est indispensable afin d’assurer un gain supérieur d’efficacité en termes de réduction des contaminations».

Chady Chaabi

Chady Chaabi
Jeudi 15 Octobre 2020

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