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Casa surfe entre prolongation et prorogation

Pourquoi faire ?



Près de la moitié des nouveaux cas sont recensés dans la région de Casablanca-Settat

ACasablanca, les semaines se suivent et se ressemblent depuis cette soirée du dimanche 6 septembre, lorsque l’Exécutif a décidé d’instaurer des mesures restrictives dans le cadre de la lutte contre la propagation du Sars-Cov2. Un mois et demi plus tard, cette décision prise par les comités de veille et de suivi de la préfecture de Casablanca sur la base des recommandations de la commission scientifique spécialisée, a été prolongée une énième fois. En l’occurrence, un couvre-feu de 22h00 à 5h00 du matin, la fermeture de toutes les issues de la ville, l’obligation d’être muni d’une autorisation spéciale pour toute entrée ou sortie, ainsi que la fermeture des marchés de proximité à 15h00, celle des cafés et des commerces à 20h00, sans oublier la fermeture des restaurants à 21h00. Mais de toute évidence, la stratégie mise en place peine à porter ses fruits. La propagation du virus s’accélère. Si l’on se base sur les derniers bilans épidémiologiques fournis par le ministère de la Santé, près de la moitié des nouveaux cas sont recensés dans la région Casablanca-Settat, idem pour les personnes qui ont malheureusement succombé au nouveau coronavirus. Dans un pays où le nombre de cas actifs ne cesse d’augmenter pour atteindre les 26.652 cas dont 523 sont dans un état grave ou critique et 52 sous intubation, le gouvernement n’a pas l’air de s’en émouvoir outre mesure. Peut-être parce que le taux d'occupation des lits de réanimation Covid-19 n’est que de 26%. Cela dit, au rythme où vont les choses, ce taux risque inévitablement de s’élever, d’autant que les autorités sanitaires n’ont pas l’air de vouloir changer de fusil d’épaule. Elles s’accrochent à un plan inefficace comme s’accroche l’ormeau à son rocher. Pourtant, on verse clairement de l’eau dans du sable. D’ailleurs, pas plus tard que lundi, le chef du gouvernement a persisté et signé. « Les mesures adoptées pour faire face à la pandémie de Covid-19 ont démontré leur efficacité dans le cadre des efforts visant à enrayer la détérioration de la situation épidémiologique dans plusieurs régions du Royaume», a-t-il affirmé lors de la séance mensuelle des questions de politique générale à la Chambre des représentants (voir page 5). Mais comme à l’accoutumée, les contradictions sont légion dans les discours de l’Exécutif. Car comment expliquer que, d’une part, le chef du gouvernement assure que les mesures prises sont efficaces et, de l’autre, avoue que «les cas de contamination ne se stabilisent pas et nous ne parvenons encore pas à faire aplatir la courbe». Bref, vous l’aurez certainement compris, la situation est loin d’être maîtrisée, en particulier dans la région et la préfecture de Casablanca, où il suffit de flâner dans ses artères pour s’apercevoir que la vie a repris son cours, comme avant, avec une fâcheuse tendance de ses citoyennes et citoyens à ne pas appliquer avec rigueur les mesures sanitaires et les gestes barrières. Car, encore faut-il le rappeler, le masque est inefficace quand le nez est à découvert. On dit ça, on ne dit rien. En tout cas, à l’évidence, l’Exécutif se trouve à la croisée des chemins. En ce moment, les décisions prises sont clairement dictées par des considérations économiques. Ce qui n’est pas totalement infamant. Mais on ne peut pas nier que les considérations sanitaires passent au second plan, même si le chef du gouvernement tente de nous convaincre de l’inverse. «Le gouvernement assume ses responsabilités et ne peut en aucun cas mettre en péril la santé et la sécurité des citoyens», rassuraitil lundi entre les murs de l’Hémicycle. Mais en même temps, pour changer de stratégie, il n’y a pas trente mille solutions. Sur le Vieux Continent, où la pandémie a déjà fait 250.000 morts et contaminé 40 millions de personnes dans le monde, dont plus de 2,5 millions ces sept derniers jours, le chiffre le plus élevé sur une semaine, plusieurs pays ont récemment durci les mesures sanitaires. Outre le couvre-feu instauré en France, en Slovénie et en Belgique, l’Irlande est devenu le premier pays à réinstaurer un confinement strict. «L’ensemble de la population irlandaise sera reconfinée à partir de la nuit du mercredi au jeudi 22 octobre pour faire face à la pandémie de Covid-19», a annoncé lundi le premier ministre Micheal Martin. Difficile d’imaginer le gouvernement marocain opter une seconde fois pour une mesure aussi drastique à Casablanca notamment, mais la proposition du Haut-commissariat au plan d’instaurer un confinement d’un jour par semaine pendant six semaines est une piste à creuser en profondeur. 

Chady Chaabi
Mardi 20 Octobre 2020

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