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Une machine étatique qui fonctionne — chiffres à l’appui
La CAN a mis en lumière ce que beaucoup refusent d’admettre : lorsque la décision est claire et la responsabilité assumée, l’Etat marocain sait fonctionner avec méthode. Les faits sont là :
Plus de six stades aux standards internationaux, rénovés ou livrés dans les délais, avec des capacités dépassant 45.000 places pour les principales enceintes.
Un réseau de mobilité performant, structuré autour de la LGV Al Boraq (320 km/h) reliant Tanger à Casablanca en un peu plus de deux heures, complété par un maillage autoroutier et ferroviaire resté fluide durant toute la compétition.
Une capacité d’accueil touristique de plus de 270.000 lits classés, mobilisée sans saturation majeure, avec des aéroports internationaux ayant absorbé des flux importants sans désorganisation notable.
Aucun chaos logistique. Aucun scandale sécuritaire. Aucun dérapage budgétaire spectaculaire. Cette normalité opérationnelle est précisément ce qui dérange, car elle contredit les récits de défaillance systémique entretenus par certains.
Une mobilisation populaire sans précédent
Au-delà de l’organisation matérielle, la CAN au Maroc s’est distinguée par une affluence historique dans les stades, révélatrice d’une adhésion populaire massive et durable.
Plus de 1,1 million de spectateurs ont franchi les portes des stades tout au long de la compétition, établissant un record absolu d’affluence dans l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations, jamais atteint en plus de 35 éditions.
A elle seule, la phase de groupes a rassemblé plus de 729.000 supporters, démontrant que l’engouement ne s’est pas limité aux grandes affiches ni aux derniers tours. Cette dynamique s’est poursuivie jusqu’aux phases finales, confirmant que la réussite de la CAN marocaine repose sur une participation populaire réelle, et non sur un simple effet d’annonce.
Ces chiffres dépassent largement ceux des éditions précédentes, y compris celle organisée en Côte d’Ivoire. Ils constituent un indicateur politique clair : le Maroc n’a pas seulement su organiser, il a su attirer, fédérer et mobiliser, dans des enceintes modernes, sécurisées et accessibles.
Le sport comme révélateur politique — et non comme alibi
La CAN n’a pas été un tournoi neutre. Elle a été un révélateur politique. Le Maroc a utilisé le sport comme un instrument stratégique assumé : démontrer sa stabilité, sa capacité d’anticipation et la fiabilité de ses institutions.
Pendant que d’autres pays africains peinent à transformer leurs annonces en résultats, le Maroc a livré une preuve concrète. Cette CAN a généré plus de crédibilité diplomatique que bien des sommets continentaux sans suites, et plus d’attractivité économique que des campagnes de communication coûteuses et creuses.
Une défaite sportive sciemment instrumentalisée
La pression médiatique autour de la finale a été artificiellement construite pour imposer un récit : celui d’un sacre présenté comme obligatoire. Cette fiction a ensuite servi à transformer une défaite sportive normale en pseudo-échec national.
C’est intellectuellement malhonnête et politiquement révélateur. Exploiter une défaite pour relativiser une réussite d’Etat relève d’une confusion volontaire — ou d’une incapacité chronique à accepter que le Maroc avance.
Les valeurs contre le populisme sportif
Le message adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’équipe nationale a remis le débat à son niveau de gravité. En rappelant que l’engagement, la discipline, l’esprit collectif et l’honneur du maillot sont des valeurs fondamentales, le Souverain a opposé une ligne claire au populisme sportif ambiant. Il ne s’agissait pas d’excuser une défaite, mais de refuser l’abaissement du débat national à une logique de trophées brandis comme des fétiches.
L’Afrique a jugé — et tranché
Le véritable terrain de la CAN n’était pas seulement le stade. Il était africain. Et l’Afrique a vu, comparé et jugé. Le Maroc apparaît aujourd’hui comme un partenaire crédible, structuré et constant, capable de proposer des projets, des investissements et des coopérations fondées sur le gagnant–gagnant.
À l’inverse, les adversaires de son intégrité territoriale s’enferment dans une diplomatie de blocage, de slogans et d’isolement progressif.
CAN 2025 : répétition générale
Cette CAN a été un test grandeur nature avant 2030. Gestion des foules, sécurité multisectorielle, pression médiatique internationale, coordination institutionnelle et mobilité ont été éprouvées en conditions réelles. Le Maroc n’a pas improvisé. Il a testé, corrigé et capitalisé. C’est exactement ainsi que se préparent les grandes nations organisatrices.
La vraie question politique
La question centrale n’est pas la finale perdue. Elle est autrement plus dérangeante :
si l’Etat marocain peut fonctionner avec une telle rigueur quand la décision politique est claire, pourquoi cette exigence n’est-elle pas généralisée à l’ensemble des politiques publiques ?
La CAN a prouvé que la capacité existe. Le débat porte désormais sur la volonté, la cohérence et le courage de généraliser cette méthode.
Le Maroc entre dans la décennie des grandes nations sportives
La CAN n’a pas révélé une fragilité du Maroc, mais sa maturité politique et organisationnelle. La défaite en finale est un fait sportif, circonscrit dans le temps.
Le succès organisationnel, lui, est un fait stratégique durable.
Surtout, cette CAN s’inscrit dans une trajectoire claire. Le Maroc ne ferme pas une parenthèse : il ouvre un cycle. Entre 2027 et 2030, le Royaume s’apprête à accueillir une série d’événements sportifs majeurs qui confirment son changement de statut.
Dès 2026–2027, le Maroc organisera la Coupe d’Afrique des Nations féminine, confirmant son engagement dans le développement du sport féminin africain et son alignement avec les standards internationaux de la FIFA et de la CAF.
Puis viendra l’échéance centrale : la Coupe du monde de la FIFA 2030, organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal, un événement planétaire qui place définitivement le Maroc dans le cercle restreint des pays capables d’assumer des compétitions de dimension mondiale.
Ces rendez-vous ne sont pas des paris. Ils sont l’aboutissement d’un processus : infrastructures sportives et de transport déjà opérationnelles, expérience organisationnelle éprouvée, crédibilité sécuritaire reconnue et capacité de mobilisation populaire confirmée — comme l’a démontré l’affluence record de la CAN.
Le Maroc n’organise plus pour prouver qu’il peut. Il organise parce qu’il est devenu une plateforme sportive crédible, fiable et attendue.
Dans ce contexte, la vraie question n’est pas celle d’une finale perdue, mais celle de la cohérence nationale : si l’ÉEat est capable d’un tel niveau d’efficacité lorsqu’il assume une vision claire et un calendrier stratégique, pourquoi cette méthode ne devient-elle pas la règle dans l’ensemble des politiques publiques ?
Car la leçon de la CAN est limpide : en sport comme en politique, ce ne sont pas les coups d’éclat qui font les nations durables, mais la constance, la préparation et la confiance dans le temps long.
Le Maroc a gagné bien plus qu’un tournoi. Il a gagné le droit d’entrer dans la décennie des grandes nations organisatrices.
Par Mohamed Assouali
Secrétaire provincial de l’Union socialiste des forces populaires– Tétouan









