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Boris Johnson vilipendé après un rapport sur l'impact d'un Brexit sans accord




Le Premier ministre britannique Boris Johnson affrontait jeudi des critiques acerbes après la publication d'un dossier gouvernemental selon lequel un Brexit sans accord pourrait provoquer des troubles et des pénuries de médicaments et nourriture. Et les appels se multipliaient pour un rappel du Parlement, suspendu à l'initiative du Premier ministre jusqu'au 14 octobre, deux semaines seulement avant la date prévue pour la sortie de l'Union européenne.
"Les documents confirment les graves risques d'un Brexit sans accord", a déclaré Keir Starmer, chargé du Brexit au sein du parti travailliste, principale formation de l'opposition. "Il est désormais important que le Parlement soit rappelé et ait l'occasion d'examiner ces documents et de prendre toutes les mesures nécessaires pour bloquer un Brexit sans accord". "Ces documents sont la partie émergée de l'iceberg.
Si M. Johnson n'avait pas fermé le Parlement, les députés l'auraient passé sur le grill", a réagi Tom Brake, député chargé du Brexit au sein du petit parti europhile libéral-démocrate. Comme il y était contraint par un vote du Parlement, le gouvernement a publié mercredi soir un dossier officiel qui présente, selon Downing Street, "le pire scénario" de l'impact économique et social d'un Brexit sans accord.
Ce scénario est envisagé par Boris Johnson, qui s'est engagé à sortir son pays "coûte que coûte" de l'UE le 31 octobre, même si le Parlement a voté une loi l'obligeant à demander à l'UE un report de trois mois pour éviter un "no deal". Le document, intitulé "Operation Yellowhammer" (Opération bruant jaune), prévoit notamment "des protestations et contre-protestations", "un risque de troubles publics et de tensions communautaires".
Pour Dominic Grieve, député rebelle expulsé des Tories, c'est "sans précédent". "Même si nous sommes prêts pour un +no deal+", ses répercussions sont "extrêmement sévères et coûteuses" et "les gens devraient savoir quel type de perturbation un +no deal+ va causer", a-t-il déclaré à la radio BBC4. "Le gouvernement prend des tonnes de mesures pour atténuer" les conséquences d'un tel scénario, a rétorqué le ministre de la Défense Ben Wallace sur la même antenne. "Il y a des réunions tous les jours".
Les autorités britanniques prévoient des perturbations à court terme dans 12 domaines-clés, dont l'approvisionnement en eau et nourriture, la santé, les transports et les frontières. Jusqu'à 85% des poids lourds britanniques pourraient ne pas être en mesure de répondre aux critères des contrôles douaniers français, entraînant une baisse de "40 à 60% du niveau actuel" de circulation. Ces perturbations pourraient durer trois mois et "avoir un impact sur l'approvisionnement en médicaments et matériel médical", ainsi qu'en produits frais.
Sur la question sensible de la frontière entre l'Irlande du Nord (province britannique) et l'Irlande (membre de l'UE), le document estime "non viable" le projet de Boris Johnson de ne pas y rétablir de contrôle physique, "en raison d'importants risques sur les plans économique, juridique et de biosécurité".
L'Irlande prépare de son côté un budget 2020 fondé sur l'hypothèse d'un "no deal", a fait savoir son ministre des Finances Paschal Donohoe mercredi, soulignant "l'incertitude et le manque de clarté sur le calendrier et la forme" du Brexit. En août, le Sunday Times avait obtenu et révélé une copie de l'Opération Yellowhammer, affirmant que le document mentionnait les répercussions "les plus probables" d'un "no deal". Downing Street a assuré être en train de "mettre à jour" le document daté du 2 août.
Contesté au Parlement, Boris Johnson mise sur la tenue d'élections législatives pour obtenir une nouvelle majorité et avoir les coudées franches pour négocier avec l'UE lors du sommet européen des 17 et 18 octobre. Il a tenté à deux reprises, en vain, de faire voter une loi prévoyant un scrutin le 15 octobre. Le gouvernement est également contesté dans les tribunaux.
La justice nord-irlandaise examinait jeudi une nouvelle demande de bloquer sa stratégie sur le Brexit. La veille, la Cour d'appel d'Ecosse avait jugé "illégale" la fermeture du Parlement. Le gouvernement a annoncé vouloir faire appel auprès de la Cour suprême, et en attendant l'audience, le Parlement reste suspendu.

Vendredi 13 Septembre 2019

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