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Biopics, stars et politique, moments forts attendus à la Berlinale




Quatre cents productions, un parterre de stars et des causes politiques: la Berlinale, le festival de cinéma de Berlin, s'ouvre jeudi sous les yeux d'un jury présidé cette année par le réalisateur néerlandais Paul Verhoeven (Robocop, Basic Instinct, Elle). Dix-huit films se disputeront à Berlin l'Ours d'or qui sera remis le 18 février. Mais au-delà de la compétition officielle, les organisateurs se sont donné pour mission d'insuffler une dose d'optimisme dans un monde de crises. Voici un aperçu des moments les plus attendus.
 Le succès des films biographiques ne se démentant pas, ils constitueront un fil rouge lors de cette édition 2017. L'accent sera mis sur les destins d'artistes.
En avant-première mondiale "Django" ouvrira le festival jeudi. Ce premier film du français Etienne Colmar raconte la légende du jazz manouche Django Reinhardt et la persécution de sa famille par les nazis. Le film "Maudie" retrace les émouvantes dernières années de la peintre canadienne Maud Lewis (Sally Hawkins), handicapée par une grave maladie. Le documentaire Beuys explore, lui, la vie controversée de Joseph Beuys, un des artistes les plus marquants de l'Allemagne d'après-guerre.
Enfin, plus contemporain et plus politique, le documentaire "The Trial: The State of Russia vs Oleg Sentsov" relate le procès de ce réalisateur ukrainien et militant contre l'annexion russe de la Crimée qui purge une peine de 20 ans de prison pour "terrorisme".
La réalisatrice phare du cinéma polonais Agnieszka Holland ("Europa Europa") signe avec "Pokot" ("Spoor" en Anglais) un "conte de fées féministe" sur une excentrique retraitée aux prises avec le machisme ambiant de son village en Pologne post-communiste. Ce long-métrage est l'un des quatre films en compétition réalisés par des femmes, au côté de "The Party" de la britannique Sally Potter (avec Kristin Scott Thomas), thriller londonien sur une nuit de fête qui se termine dans le sang, "Colo" de la portugaise Teresa Villaverde et "On Body and Soul" d'Ildiko Enyedi, une histoire d'amour dans un abattoir de Budapest. Côté français, Martin Provost réunit dans "Sage Femme" un casting très attendu : Catherine Frot et Catherine Deneuve dans le rôle d'une femme venue troubler la tranquillité de la fille de son ancien amant. Autre duo féminin français, celui d'Isabelle Huppert et de sa fille Lolita Chammah qui se retrouvent à l'écran dans "Barrage". La Berlinale se veut un festival engagé. Stars et réalisateurs ne devraient donc pas manquer l'occasion pour revenir sur les grands thèmes du moment: l'essor du populisme en Occident ou l'élection de Donald Trump à la présidence américaine. Le directeur du festival Dieter Kosslick a, lui, souligné que le programme de la Berlinale était "une sorte d'action de protestation" face à l'état du monde. "Nous avons là un programme qui dit «oui à la vie» et des artistes qui décrivent des quotidiens bouleversés par des apocalypses mais dans lesquels il y a toujours une porte de sortie", a-t-il dit. L'acteur Richard Gere viendra, lui, porter la cause des Tibétains et sera même reçu par la chancelière Angela Merkel. La crise migratoire fut le grand thème de la Berlinale 2016 qui attribua l'Ours d'or au documentaire italien sur les migrants "Fuocoammare, par-delà Lampedusa".

 

Libé
Lundi 6 Février 2017

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