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Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à 2,25%

Accélération de la croissance à 3,8% en 2020, selon la banque centrale




Bank Al-Maghrib a indiqué que le niveau actuel du taux directeur de 2,25% est approprié. Après avoir analysé l’évolution récente de la conjoncture économique et les projections macroéconomiques de la banque pour les huit prochains trimestres, l’institution a décidé de le maintenir inchangé.
Soulignons que la décision de ne pas modifier son taux directeur se base sur ces évaluations, notamment celles des prévisions à moyen terme de l’inflation, de la croissance, des comptes extérieurs, des conditions monétaires et des finances publiques, a expliqué la banque centrale à l'issue de sa dernière session trimestrielle de l'année.
Au cours de cette réunion, qui s’est tenue mardi 17 décembre à Rabat, l’institution a, par ailleurs, approuvé les mesures spécifiques devant être mises en place par la banque dans le cadre du programme d’appui à l’entrepreneuriat.
A l’annonce du maintien du taux directeur, le wali de Bank Al-Maghrib,  Abdellatif Jouahri, a également relevé qu’après s’être établie à 1,9% en 2018, l’inflation a connu une forte décélération au cours des dix premiers mois de 2019, en lien principalement avec le recul des prix des produits alimentaires.
Selon les prévisions de la banque centrale, l’inflation devrait terminer l’année avec une moyenne de 0,3%, mais s’accélérerait à 1,1% en 2020 et à 1,4% en 2021.
Dans son propos liminaire, Abdellatif Jouahri a aussi fait savoir que sa composante sous-jacente, qui mesure la tendance fondamentale des prix, ralentirait à 0,6% cette année et augmenterait à 1,3% en 2020 puis à 1,9% en 2021, sous l’effet conjugué de l’amélioration prévue de la demande intérieure et de la dissipation attendue de l’appréciation du taux de change effectif réel.
Commentant  les données relatives au deuxième trimestre 2019, il a indiqué que celles-ci font état d’«un léger ralentissement, en glissement annuel, de la croissance économique à 2,5%, traduisant une baisse de la valeur ajoutée agricole et une croissance modérée, quoiqu’en amélioration, des secteurs non agricoles ».
Selon toujours les prévisions de Bank Al-Maghrib, « pour l’ensemble de l’année 2019, la croissance devrait s’établir à 2,6% après 3% en 2018, avec un recul de 4%, contre une hausse de la même ampleur un an auparavant, de la valeur ajoutée agricole et une augmentation de 3,3% après 2,6% de celle des activités non agricoles », assurant que ces dernières continueraient leur raffermissement à moyen terme, avec une croissance de 3,5% en 2020 et de 3,7% en 2021.
Concernant le secteur agricole, et sous les hypothèses de récoltes céréalières annuelles de 80 millions de quintaux et de la poursuite de la performance tendancielle des autres productions, il ressort des mêmes prévisions que la valeur ajoutée augmenterait de 6,2% en 2020 et de 3% en 2021.
Bank Al-Maghrib a déclaré s’attendre ainsi à une accélération de la croissance à 3,8% en 2020 et sur sa consolidation à 3,7% en 2021. Analysant cette fois-ci l’évolution du marché du travail, le wali de BAM a affirmé que l’économie nationale a enregistré une création nette de 143 mille emplois entre les troisièmes trimestres de 2018 et de 2019 contre 201 mille un an auparavant.
Ainsi que l’a expliqué Abdellatif Jouahri, « cette performance est le résultat d’une hausse de 347 mille de l’emploi non agricole, concentrée dans le tertiaire, qui a plus que compensé la perte de 204 mille emploi observée dans l’agriculture. Tenant compte d’une entrée nette sur le marché de 168 mille actifs, le taux d’activité s’est quasiment stabilisé à 44,9% et le taux de chômage est passé
de 9,3% à 9,4% ».
S’agissant des comptes extérieurs, les données à fin octobre montrent un ralentissement du rythme des exportations de biens à 3,1%, reflétant en grande partie celui des ventes du secteur automobile et des phosphates et dérivés. En parallèle, la progression des importations est revenue à 3,1%, avec en particulier une diminution de 6,6% de la facture énergétique. Pour les principales autres opérations courantes, les recettes de voyage se sont accrues de 6,1%, tandis que les transferts des MRE ont accusé un léger recul de 0,6%.
Soulignons, en ce qui concerne les conditions monétaires, que « le taux de change effectif réel devrait ressortir en appréciation de 1,2% cette année et resterait quasi-stable à moyen terme, en lien avec la modération prévue de l’appréciation nominale du dirham, selon le wali relevant que les taux débiteurs ont de leur côté connu une hausse de 11 points de base au troisième trimestre 2019, reflétant principalement celle des taux assortissant les prêts immobiliers.
« Au niveau des finances publiques, l’exécution budgétaire à fin novembre s’est soldée par un déficit hors privatisation de 44 milliards de dirhams, en creusement de 2,9 milliards par rapport à la même période de 2018», a indiqué le wali précisant que les dépenses globales ont augmenté de 4,7%, reflétant essentiellement un alourdissement de celles ci au titre des biens et services et de l’investissement.

Alain Bouithy
Jeudi 19 Décembre 2019

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