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Bagdad reprend aux Kurdes les deux plus grands champs pétroliers de Kirkouk




Les troupes irakiennes se sont emparées mardi des deux plus grands champs pétroliers de la région de Kirkouk, après le retrait des forces kurdes sans combat, a annoncé la police fédérale.
"Des unités de la police fédérale ont pris les champs pétroliers de Bay Hassan et Havana", au nord de la ville de Kirkouk (nord-est), à la faveur des opérations militaires lancées par le pouvoir central pour asseoir de nouveau son contrôle sur cette région, a-t-elle indiqué dans un communiqué.
La veille, les techniciens kurdes avaient arrêté les opérations de pompage des puits de Bay Hassan et Havana et quitté les lieux avant l'arrivée des forces irakiennes, selon un responsable du ministère du Pétrole à Bagdad.
Ces deux champs avaient été pris en 2014 par les combattants kurdes (peshmergas), qui avaient profité du chaos et de la débandade de l'armée dans la foulée de l'offensive éclair du groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui s'était alors emparé de près du tiers de l'Irak.
Les champs de Bay Hassan et Havana produisaient environ 250.000 barils par jour et dépendaient depuis 2014 du ministère des Ressources minières de la région autonome du Kurdistan, selon une source pétrolière à Kirkouk.
Le Kurdistan, qui traverse la plus grave crise économique de son histoire, pourrait lourdement pâtir de la perte de ces champs qui assurent 40% de ses exportations pétrolières.
La riche province de Kirkouk, qui ne fait pas partie du Kurdistan irakien, est depuis 2014 au cœur d'un contentieux entre Bagdad et Erbil que le récent référendum sur l'indépendance kurde du 25 septembre a encore exacerbé.
Depuis dimanche, l'armée irakienne a donc repris plusieurs zones et infrastructures de la province de Kirkouk.
L'offensive du pouvoir central à Kirkouk a fait éclater au grand jour la crise qui couvait entre le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, l'initiateur du référendum d'indépendance, et l'UPK, qui préférait engager des négociations avec Bagdad sous l'égide de l'ONU.
Par ailleurs, les forces irakiennes ont annoncé mardi avoir pris le contrôle de la ville de Sinjar, fief de la minorité yazidie persécutée par les jihadistes dans le nord-ouest de l'Irak, après le retrait "sans violence" des combattants kurdes.
Cette annonce intervient au deuxième jour de la progression des troupes gouvernementales dans la province disputée de Kirkouk, plus à l'est, pour réimposer l'autorité du pouvoir central dans les zones où les forces du Kurdistan autonome s'était installées.
"L'armée irakienne et le Hachd al-Chaabi sont entrés dans Sinjar après le retrait sans violence des peshmergas", a indiqué un communiqué du Hachd, une alliance d'unités paramilitaires formée en 2014 à l'appel de la plus haute autorité chiite de l'Irak pour repousser l'EI.
Le Hachd est formé en écrasante majorité de chiites mais compte aussi des unités des minorités ethniques et religieuses du pays. A Sinjar, ce sont les unités yazidies qui sont désormais déployées dans la ville, selon le communiqué.

Mercredi 18 Octobre 2017

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