Ayoub El Hachmi : Pour le Maroc, en tant qu’acteur influent en Afrique, il est essentiel de consolider les liens avec les pays du Sud


Alain Bouithy
Dimanche 5 Avril 2026

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A l’occasion de la tenue du 2ème Congrès international du Réseau Mena-Latina, qui a pris fin hier à Tanger, « Libé » s’est entretenu avec Ayoub El Hachmi, coordinateur exécutif du Réseau Mena-Latina.
Ce Congrès, organisé à l’initiative de l’USFP en partenariat avec le Réseau Mena-Latina, a connu la participation de représentants d’organisations internationales et de personnalités politiques des quatre coins du monde.
 
Libé : L’USFP a accueilli le deuxième Congrès du Réseau MENA-Latina à Tanger. Quelle importance stratégique revêt cet événement pour le parti ?

Ayoub El Hachmi : Comme vous le savez, il y avait toujours des difficultés pour établir une relation directe avec les acteurs de la région d’Amérique latine. Nous n’avions jamais eu, si vous voulez, un contact direct avec les organisations ou les jeunes partis politiques de cette région. Nous devions toujours passer par l’intermédiation des Européens.

Au sein de l’Internationale socialiste, nous avons donc pensé à créer un réseau capable de rassembler les jeunesses de la région MENA et d’Amérique latine.

Quel intérêt cela représente pour le Maroc ? Et qu’est-ce que cela apporte à l’USFP ?

Pour le Maroc, c’est clair : notre pays cherche de plus en plus à trouver sa place au sein du continent américain. C’est important, non seulement pour notre Cause nationale, mais aussi parce que cette zone a toujours été, si vous voulez, un terrain influencé par nos opposants. Il était donc essentiel d’établir des relations directes et d’expliquer notre vision et nos solutions concernant le conflit du Sahara marocain.

Pour un parti socialiste, c’est aussi stratégique : les partis socialistes ont une forte influence en Amérique latine. Nous voulions donc créer des liens directs avec des responsables gouvernementaux et parlementaires pour transmettre nos messages et nos idées, tant au sein des partis qu’au sein des institutions.

Ce congrès réunit des organisations progressistes d’Afrique, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Amérique latine. Que peut apporter ce dialogue entre les différentes régions du monde ?

C’est une coopération Sud-Sud, ce qui est très important. Jusqu’ici, nous avions surtout des relations avec le Nord. Mais pour le Maroc, en tant qu’acteur influent en Afrique, il est essentiel de consolider les liens avec les pays du Sud.

Nous essayons donc de collaborer avec des organisations et des partis politiques confrontés aux mêmes enjeux que nous : immigration, trafic de personnes, problématiques de la jeunesse… Travailler ensemble nous permet de trouver des solutions communes et de faire entendre nos voix auprès du Nord.

Les débats ont concerné notamment les conflits, les migrations et la jeunesse. Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ces discussions ?

Le message principal est d’élaborer des positions communes. Il s’agit de rapprocher nos points de vue pour faire passer nos messages via ces jeunes décideurs au sein de leurs partis et institutions, et plaider pour les causes qui nous rassemblent.

Ce congrès marque aussi une nouvelle étape pour le Réseau MENA-Latina avec l’élection d’une nouvelle direction. Quelles sont vos attentes ?

Au Maroc, nous occupions le poste de coordinateur exécutif du réseau. Nous sommes maintenant candidats au poste de secrétaire général du Réseau MENA-Latina et nous espérons bien l’obtenir.

Plus largement, quel message adressez-vous à toutes les forces progressistes internationales à travers cette rencontre ?

 Il faut faire du networking, c’est essentiel. Nous ne pouvons pas relever tous les défis mondiaux sans coopération. Il est donc crucial de consolider nos forces et de travailler ensemble pour affronter les enjeux auxquels chaque région est confrontée.

Propos recueillis par Alain Bouithy
 

Alain Bouithy
Dimanche 5 Avril 2026
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