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Au moins 23 morts dans des violences intercommunautaires en RDC

Paris gèle les avoirs d'un général et de trois chefs miliciens sanctionnés par l'ONU




Au moins 23 personnes d'une même communauté ont été "massacrées" depuis vendredi dans la résurgence d'un conflit en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a indiqué lundi un responsable de cette communauté hema dans un communiqué.
Une source officielle de la région ne souhaitant pas être citée a confirmé à l'AFP ce bilan, ajoutant qu'une dizaine de combattants du groupe rival, les Lendu, ont aussi été tués.
Le conflit pour les terres entre Hema éleveurs et Lendu agriculteurs en Ituri est l'un des nombreux qui agitent l'est de la RDC, en plus de ceux dans les deux provinces du Nord et du Sud Kivu.
Ce conflit avait déclenché en 2003 l'intervention de la force militaire européenne Artémis, après des dizaines de milliers de morts d'après des ONG.
Les affrontements du 2 au 4 février ont aussi fait "12 personnes grièvement blessées" et des "centaines de maisons incendiées dans plusieurs villages", selon le communiqué de presse du porte-parole de la communauté hema, Hadji Ibrahim Ruhigwa Bamaraki, qui dénonce "une agression terroriste".
"On a enregistré aussi une dizaine de combattants lendu tués", a ajouté à l'AFP une source officielle de la province de l'Ituri.
"Quatre autres personnes sont mortes ce matin (lundi). Un capitaine de la police, atteint par balle, a succombé à ses blessures", a-t-on ajouté, précisant que les quatre civils appartenaient à la communauté des Hema.
"Trois policiers sont blessés. Entre 500 et 800 familles sont actuellement déplacées", selon cette même source.
La communauté hema a appelé à "deux jours de deuil" lundi et mardi, avec arrêt de "toutes les activités" commerciales.
Par ailleurs, les avoirs en France d'un général de la République démocratique du Congo et de trois chefs miliciens, accusés jeudi par l'ONU de violations des droits de l'Homme, ont été gelés dimanche, selon un arrêté paru au Journal officiel français.
"Les fonds et ressources économiques" qui appartiennent au général Muhindo Akili Mundos, 45 ans, à Guidon Shimiray Mwissa, 37 ans, Lucien Nzambamwita, alias André Kalume, 51 ans, et Gédéon Kyungu Mutanga Wa Bafunkwa Kanonga, 43 ans, "font l'objet d'une mesure de gel", d'après le texte de l'arrêté, daté du 2 février.
Le Comité des sanctions de l'ONU a ajouté jeudi ces quatre personnes à sa liste, précise l'arrêté.
Pour les Nations unies, les quatre hommes "représentent une menace pour la paix, la stabilité, et la sécurité" de la RDC.
L'ONU reproche au général congolais d'avoir soutenu des "massacres" de civils perpétrés par de présumés miliciens ougandais musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF) qu'il était supposé combattre dans l'est de la République démocratique du Congo entre 2014 et 2015.
Selon le document des Nations unies dont l'AFP a eu copie, Guidon Shimiray Mwissa est accusé de recruter "des enfants soldats" au sein de sa milice NDC-R, Gédéon Kyungu, d'être "impliqué dans de graves atteintes aux droits de l'Homme" au Katanga, et Lucien Nzambamwita est un chef militaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Le général Mundos et Gédéon Kyungu Mutanga figuraient déjà sur une liste de neufs Congolais contre lesquels l'Union européenne avait annoncé des sanctions en 2017.
L'arrêté de gel des avoirs en France est une mesure transitoire pouvant aller jusqu'à six mois, permettant d'attendre l'entrée en vigueur des mesures au plan européen, selon l'arrêté.
L'Est congolais est déchiré par des conflits armés depuis plus de vingt ans. Des milices locales et étrangères se battent pour le contrôle des zones riches en ressources naturelles.

Mardi 6 Février 2018

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