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Au moins 18 morts dans une attaque terroriste dans la RDC

L’attentat attribué par l'armée au groupe Allied Democratic Forces d'origine ougandaise



Au moins 18 personnes ont été tuées samedi soir à Beni (est de la République démocratique du Congo) dans une attaque attribuée par l'armée au "terrorisme" du groupe Allied Democratic Forces (ADF) d'origine ougandaise.
L'attaque a tué 14 civils et quatre militaires, a indiqué un porte-parole de l'armée dans la région, Mak Hazukai, qui parle également de neuf blessés.
"Le territoire et la ville de Beni font face au terrorisme ADF dont la structure du commandement est tenue par les Ougandais", a-t-il ajouté.
Des humanitaires étrangers se trouvent depuis début août dans cette ville du Nord-Kivu en raison d'une épidémie d'Ebola.
En raison de l'attaque et de manifestations spontanées dimanche à Beni, "les activités de terrain contre l'épidémie d'Ebola ont été suspendues" dans cette zone, selon un communiqué du ministère congolais de la Santé.
Cette mesure sera levée "dès que le calme sera revenu dans la ville" de Beni, poursuit le communiqué.
Mystérieuse nébuleuse, les ADF sont tenus responsables du massacre de plus de 700 civils à Beni et sa région depuis octobre 2014, en plus de la mort de 15 Casques bleus tanzaniens en décembre.
Cette dernière attaque a suscité l'indignation sur les réseaux sociaux, où certains Congolais dénoncent l'impuissance de l'armée et de la force de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) qui dispose d'une base à Beni.
"C'est une honte pour le gouvernement. C'est une honte pour la Monusco. lundi, nous avons décidé d'observer une ville morte à Beni. Il n'y aura aucune activité, même les écoles seront fermées pour manifester notre colère", a déclaré à l'AFP, Kizito Bin-Hangi, président de la société civile de Beni.
Des photos de victimes, dont une étudiante toute souriante, circulaient également, en plus de clichés montrant des flaques de sang frais.
"La population du Nord Kivu souffre trop. Ce week-end de nouveau beaucoup d'innocents sont morts", a twitté l'ambassadeur des Pays-Bas, Robert Schuddeboom.
Selon plusieurs témoignages, l'attaque a été lancée à la tombée de la nuit vers 18h30-19h00 (16h30-17h00 GMT) sur un quartier est de Beni, ville commerçante de plusieurs centaines de milliers d'habitants.
"Les assaillants étaient nombreux, ils ont lancé un cri de joie. Il y avait des femmes et des enfants. On a tiré sur une moto et les enfants des assaillants commençaient à crier. Les rebelles ont découpé les victimes à la machette", a relaté un témoin à l'AFPTV, Kasero Mumbi.
Début septembre après une précédente attaque attribuée aux ADF, un témoin avait déjà raconté à l'AFP que les assaillants venus de la forêt se déplaçaient avec femmes et enfants.
Des armes lourdes et légères ont été entendues jusqu'après minuit, d'après un médecin de l'hôpital général.
L'attaque a visé un quartier proche du centre-ville, contrairement aux autres qui se déroulent d'habitude dans le nord, sur la route de l'aéroport de Mavivi, à 10 km de là.
Les ADF vivent en communauté dans les forêts près de Beni, sans afficher ni leader ni revendication. Leur affiliation à l'islamisme radical n'a jamais été prouvée.
Historiquement, les ADF étaient un groupe d'Ougandais musulmans qui s'est replié à la fin des années 90 dans l'est du Congo pour lutter contre le président Yoweri Museveni.
A l'approche des élections présidentielle, législatives et provinciales prévues le 23 décembre, la situation sécuritaire dans la région reste "perturbée par des attaques multiples contre les forces gouvernementales", souligne la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), la plus importante au monde.
Dans les deux provinces frontalières de quatre pays (Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie) et autant de lacs (Albert, Edouard, Kivu, Tanganyika), ce sont surtout les civils qui souffrent: prises d'otage, meurtres, pillages et incendies de villages.
Et parmi les civils, les femmes et les enfants sont encore victimes de viols et de mutilations. Citée dans la BD, la clinique du célèbre gynécologue congolais Denis Mukwege ne désemplit pas à Bukavu-Panzi (Sud-Kivu).
Les conflits du Kivu font rarement les unes des médias internationaux, sauf à l'occasion d'un pic de violences comme le massacre de 15 casques bleus tanzaniens en décembre dernier.

Mardi 25 Septembre 2018

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