Au Festival Gnaoua d’Essaouira, la création fait dialoguer les mondes

Mercredi 13 Mai 2026

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La ville d’Essaouira s’apprête à redevenir, du 25 au 27 juin, le carrefour mondial des musiques et des cultures à l’occasion de la 27e édition du Festival Gnaoua et musiques du monde.

“A Essaouira, la création naît de la rencontre, mais ne s’y arrête jamais. Depuis près de trois décennies, le Festival Gnaoua et musiques du monde réunit des Maâlems gnaoua et des artistes venus du monde entier autour d’une même exigence: faire dialoguer traditions vivantes et scènes contemporaines pour inventer de nouvelles formes musicales. Ici, rien n’est juxtaposé. Tout est pensé, travaillé, créé ensemble”, indiquent les organisateurs dans un communiqué.

“Au cœur de cette démarche, les concerts-fusions occupent une place centrale. Préparés en amont, nourris par l’écoute et l’expérimentation, ils prolongent sur scène un véritable processus de création. Pour sa 27e édition, le Festival affirme plus que jamais cette identité en réunissant des artistes issus du jazz, du gospel, des musiques africaines et des scènes contemporaines, autour d’un langage commun : celui de la création”, précise la même source.
 
Concert d’ouverture : une partition à plusieurs voix
 
Le Festival s’ouvrira par une création portée par Mehdi Nassouli, au croisement de deux patrimoines inscrits à l’UNESCO : l’art gnaoua et la danse Intore, incarnée par la troupe rwandaise i Buhoro.
Deux voix féminines d’exception, la Marocaine Sara Moullablad et la chanteuse indienne Ganavya, en sont le cœur battant, aux côtés du musicien français Sylvain Barou.
Cette ouverture s’inscrit dans une série de rencontres consacrées aux patrimoines africains inscrits à l’UNESCO, après la Côte d’Ivoire en 2024 et le Sénégal en 2025, avec cette année le Rwanda à l’honneur.
Une ouverture qui donne le ton : ici, les traditions africaines dialoguent, se réinventent et se déploient.
 
La résidence artistique : au cœur du processus de création
 
Véritable laboratoire, la résidence artistique réunit musiciens gnaoua et artistes internationaux autour d’un temps de recherche commun, fait d’exploration, d’ajustements et de construction d’un langage partagé.
Chaque édition prolonge les précédentes et ouvre de nouveaux horizons. Cette année, une création d’exception est portée par Maâlem Hassan Boussou, aux côtés de Alexandre Herichon, Mohamed Derouich, Jacques Schwarz-Bart, Cheikh Ndoye, Karim Ziad et Meryem Aassid. Une œuvre collective inédite, présentée pour la première fois à Essaouira.
 
Maroc - Ethiopie : une mémoire musicale en résonance
 
La rencontre entre Maâlem Mohamed Montari et Badume’s Band & Selamnesh Zéméné fait dialoguer deux traditions africaines aux histoires distinctes mais aux résonances profondes.
Entre rythmes gnaoua et mélodies éthiopiennes, cette création explore une mémoire partagée du continent, portée par l’écoute et la liberté d’interprétation.
 
Gnaoua & gospel : une ferveur partagée
 
Avec The Harlem Spirit of Gospel by Anthony Morgan et Mehdi Qamoum, deux traditions se répondent : mêmes racines, même souffle, même fonction : rassembler, transmettre, élever.
Quand les voix du gospel rencontrent les pulsations du guembri, c’est une même ferveur qui circule.
 
Brésil - Maroc : rythmes en partage
 
Carlinhos Brown retrouve Essaouira aux côtés de Maâlem Hamid El Kasri pour une création ancrée dans des héritages et des rythmes africains communs.
Deux figures majeures, un langage universel, et une promesse : une rencontre physique, festive, sans filet.
 
Retrouvailles musicales : Asma Lmnawar, invitée spéciale du concert de Richard Bona
 
Le grand bassiste Richard Bona et son groupe accueilleront la diva marocaine Asma Lmnawar pour une collaboration très spéciale, dans le prolongement d’un dialogue artistique déjà engagé.
Du 25 au 27 juin, Essaouira devient plus que jamais ce lieu unique où les musiques se transforment en se rencontrant et où la création s’écrit, ensemble, conclut le communiqué.

Bouillon

Parution

"L’amazigh et l'identité nationale, entre discours politique et consécration constitutionnelle" est l'intitulé d'un nouvel ouvrage du chercheur Mustapha Antara, paru aux éditions "Imprimerie El Maarif Al Jadida".
Cet ouvrage de 304 pages, qui s’attarde sur la question identitaire au Maroc à travers le prisme de l'amazighité, retrace l'évolution du discours politique autour de cette composante culturelle et son impact sur la construction constitutionnelle, de la Constitution de 1962 à celle de 2011, cette dernière ayant instauré une nouvelle conception de l'identité nationale.

A travers ce travail, le chercheur s'attache à répondre à une série de questions centrales portant, essentiellement, sur la mesure dans laquelle la nouvelle conception de l'identité a contribué à assimiler les dynamiques sociétales, ainsi que la manière dont la Constitution a abordé la question identitaire en reconnaissant ses multiples composantes et ses affluents civilisationnels africain, andalou, hébraïque et méditerranéen, aux côtés de l'amazigh, de l'arabe et du hassani.

Cette nouvelle parution se décline en quatre chapitres axés sur "L'identité dans le discours amazigh", "La question identitaire dans les mémorandums des acteurs politiques et civils", "L'identité dans les Constitutions marocaines", et "Les mécanismes constitutionnels et institutionnels de protection de l'identité nationale".

A cet égard, l'auteur estime que l'amazigh n'est plus une simple revendication figée, mais est devenu une "dimension dynamique" qui enrichit l'identité nationale. La constitutionnalisation de l'amazigh a constitué un saut qualitatif, consacrant cette langue comme composante authentique de la personnalité marocaine et contribuant au renforcement des valeurs du vivre-ensemble et à la consécration de la pluralité dans le cadre de l'unité, a-t-il soutenu.
 
Chercheur et professeur invité à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales Aïn Chock relevant de l'Université Hassan II de Casablanca, Mustapha Antara est spécialiste des questions relatives aux droits culturels et linguistiques, ainsi que des thématiques liées à l'identité et à la citoyenneté.

Libé
Mercredi 13 Mai 2026
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