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Acculé, le gouvernement français fait une première concession sur les taxes

Le moratoire confirmé par Edouard Philippe doit être assorti d'autres mesures




Le gouvernement français, acculé par les intenses pressions venues des "gilets jaunes" et de ses opposants politiques, a fait mardi une première concession et va annoncer un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants, mais ce geste est déjà qualifié d'insuffisant.
Edouard Philippe a confirmé ce moratoire mardi devant le groupe des députés de La République en marche (LREM, parti présidentiel) et Modem, à l'Assemblée nationale, ont rapporté à l'AFP des participants à la réunion.
"On doit apaiser la situation pour éviter qu'elle dégénère", a expliqué à ses troupes le Premier ministre, qui fera une déclaration télévisée à la mi-journée. "Le moratoire ne remettra pas en cause l'ambition de la transition écologique. Une taxe ce n'est pas une réforme, mais un moyen de la réforme", a-t-il cependant ajouté.
Depuis les émeutes violentes en France samedi - notamment des pillages et incendies dans des quartiers chics et symboliques de Paris - qui ont choqué au-delà des frontières, le gouvernement est engagé dans une course contre la montre pour tenter d'apaiser la colère des "gilets jaunes" contre la politique sociale et fiscale du gouvernement et prévenir de nouveaux heurts.
Plusieurs responsables politiques, de l'opposition comme de la majorité présidentielle, avaient appelé le gouvernement à reporter la hausse des taxes sur le carburant programmée le 1er janvier, revendication phare des protestataires.
Il y a urgence: des appels à une quatrième journée d'action nationale samedi prochain fleurissent sur internet et une fronde lycéenne prend de l'ampleur.
Le quotidien "Libération" titre ainsi mardi: "Des gilets jaunes aux gilets jeunes ?". Plusieurs lycées étaient bloqués mardi dans des grandes villes du sud et du sud-ouest de la France, et plusieurs incidents se sont déroulés.
Après avoir tardé à prendre la mesure de la profonde colère populaire - et parfois détresse - et de l'inédite détermination de nombreux "gilets jaunes", l'exécutif a toutes les difficultés à ouvrir le dialogue avec ce mouvement atypique, né des réseaux sociaux, sans leader ni structure.
Selon le ministère français des Finances, les deux premières semaines d'actions des "gilets jaunes", à quelques semaines des festivités de Noël, ont déjà un impact "sévère et continu" sur l'économie.
Sur le plan judiciaire, les violences ont donné lieu ce week-end au chiffre record de 363 gardes à vue, dont 32 pour des mineurs, selon un nouveau bilan du parquet de Paris.
Mardi, le Premier ministre a tenté des propos d'apaisement: "On voit monter en France une colère profonde qui vient de loin, qui a longtemps été cachée par pudeur et fierté. Aujourd'hui, elle s'exprime de manière collective. Colère de Français qui ont le sentiment d'être dos au mur, qui travaillent et ne veulent pas être relégués".
Il doit également s'exprimer lors de la séance de questions au gouvernement, avant un débat mercredi à l'Assemblée et jeudi au Sénat.
Ce moratoire de plusieurs mois sur la hausse des taxes sur les carburants, ou "suspension" dans sa présentation gouvernementale, doit être assorti d'autres mesures, selon ces sources.
Mais ce premier geste était jugé mardi encore insuffisant par les oppositions de droite et de gauche comme par les "gilets jaunes", qui réclament davantage pour répondre aux attentes en matière de pouvoir d'achat.
Le chef de file des sénateurs Les Républicains (droite), Bruno Retailleau, a accueilli avec prudence l'annonce du moratoire: "insuffisant", a-t-il dit sur la chaîne Public Sénat. "J'espère que moratoire veut dire annulation de la hausse", a-t-il ajouté.
"Les Français ne veulent pas des miettes, ils veulent la baguette au complet", a prévenu auprès de l'AFP Benjamin Cauchy, une figure du mouvement des "gilets jaunes", même s'il voit dans ce moratoire "une première étape" et "la preuve que lorsqu'il y a de la volonté politique, on peut écouter le peuple".
Il continue néanmoins de réclamer "l'annulation des taxes sur le carburant", "des états généraux de la fiscalité" et "une revalorisation des salaires, des pensions d'invalidité et des retraites décidée par une conférence sociale nationale".
Autre figure des "gilets jaunes", Jacline Mouraud, a jugé mardi sur LCI le moratoire insuffisant, même si "c'est un bon début". Elle attend maintenant de "voir quelles mesures accompagnent tout ça".

Mercredi 5 Décembre 2018

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