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Aberrante discrimination: A Mellilia, les enfants marocains interdits d’école


Les années passent et le problème demeure le même : les enfants marocains nés à Mellilia n’ont pas le droit d’accéder à l’école. Et pour cause, ces enfants n’ont pas la nationalité espagnole ou ne sont pas enregistrés dans le registre administratif de la ville. Une absurdité, selon certains acteurs associatifs marocains et espagnols, qui n’ont pas hésité à qualifier ce refus de scolarisation des enfants marocains d’acte raciste. « Il s’agit d’un problème récurrent qui surgit à chaque rentrée scolaire et qui concerne uniquement la seule ville de Mellilia. Et malgré les protestations de la société civile et les critiques du Médiateur, le problème persiste », nous a indiqué Omar Naji, militant des droits de l’Homme de Nador. Et de poursuivre : « Il est vrai que les autorités du préside occupé ont facilité l’accès à l’école à certains cas, mais il n’en demeure pas moins que ces cas restent très limités et aucune solution radicale n’a été trouvée. Pis, ce problème touche aujourd’hui le niveau collège alors que seuls les enfants du primaire ont été concernés auparavant ». En effet, l’enregistrement sur le registre administratif de la ville est considéré comme une preuve de résidence effective puisqu’en Espagne, la nationalité s'obtient soit automatiquement d’une mère espagnole, ce qui n’est pas le cas pour de nombreuses personnes marocaines installées à Sebta et à Mellilia ou après avoir prouvé certaines années de résidence légale. Mais pour prouver la résidence, l’intéressé doit d'abord s’enregistrer, et dans les deux présides occupés, ce processus est extrêmement compliqué pour de nombreuses familles. Omar Naji ne mâche pas ses mots. Pour lui, il s’agit bel et bien d’un acte raciste qui n’est pas fondé sur une explication rationnelle. « Dans toute l’Espagne, il est autorisé aux enfants étrangers d’effectuer leur scolarité. Même pour les enfants qui ne sont pas nés sur le territoire espagnol. Alors comment peut-on expliquer que des enfants nés à Mellilia soient interdits de scolarisation?”, s’est-il interrogé. Et d’ajouter : “La seule explication disponible aujourd’hui est à caracrtère politique. La droite qui gouverne cette ville refuse de donner ce droit aux enfants marocains pour éviter “un appel d’air””. Notre interlocuteur rappelle que les autorités de Mellilia violent les conventions et les lois internationales. Selon lui, la convention relative aux droits de l’enfant stipule les mêmes droits pour tous les enfants en indiquant que “tous les enfants, garçons ou filles, ont ces droits, peu importe qui ils sont, où ils vivent, la langue qu’ils parlent, leur religion, ce qu’ils pensent, à quoi ils ressemblent, s’ils ont un handicap, s’ils sont riches ou pauvres, qui sont leurs parents ou leur famille et ce que ces derniers pensent ou font. Aucun enfant ne doit être traité injustement pour quelque raison que ce soit”. Et que ces droits doivent être effectifs en stipulant que les “gouvernements ont l’obligation de faire tout ce qu’ils peuvent pour que tous les enfants habitant ou de passage dans leur pays profitent de tous les droits inscrits dans cette convention”. S’agissant de l’accès à l'éducation, la même convention édicte que “chaque enfant a droit à une éducation. L’école primaire doit être gratuite. Chaque enfant doit avoir accès à l’éducation secondaire et à l’éducation supérieure. Les enfants doivent être encouragés à atteindre le niveau d’éducation le plus élevé possible. La discipline à l’école doit respecter les droits de l’enfant et ne doit jamais utiliser de la violence”. Les rédacteurs de ladite convention estiment que “l’éducation des enfants doit les aider à développer pleinement leur personnalité, leurs talents et leurs capacités. Elle doit leur enseigner à comprendre leurs droits et à respecter les droits et la culture des autres, ainsi que leurs différences. Elle doit les aider à vivre en paix et à protéger l’environnement”. Même les lois espagnoles sont claires concernant ce sujet. En effet, l’enseignement obligatoire en Espagne comprend l’enseignement primaire de 6 à 12 ans et l’enseignement secondaire obligatoire (E.S.O.) de 12 à 16 ans. Cet enseignement est public, obligatoire et gratuit. Tous les étrangers dont l’âge varie entre 6 et 16 doivent s’inscrire et fréquenter l’établissement correspondant. En plus, ils ont droit au système public de bourses, indépendamment de la situation régulière ou non de leurs parents, et donc la leur. Pourtant, et malgré ces lois et législation, Mellilia continue à représenter une exception puisque chaque famille qui compte protester contre cette situation reste menacée d'être expulsée du territoire espagnol avec interdiction d'y rentrer pendant au moins cinq ans. Selon des médias espagnols, le Médiateur a déjà protesté contre deux cas de familles dont les parents ont été expulsés après avoir demandé la scolarisation de leurs enfants. 

Hassan Bentaleb
Mardi 7 Septembre 2021

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