Abderrafie Zouitene : Le Festival des musiques sacrées du monde, symbole d’ ouverture et de tolérance


Propos recueillis par Youssef Lahlali
Mercredi 18 Mai 2022

Abderrafie Zouitene : Le Festival des musiques sacrées du monde, symbole d’ ouverture et de tolérance
Le président de la Fondation Esprit de Fès, Abderrafie Zouitene, a présenté au siège du Sénat à Paris, le programme de la 26ème édition du Festival des musiques sacrées du monde, qui sera organisé du 9 au 12 juin à Fès. Dans cet entretien, il nous livre ses impressions.

Pourquoi choisir la France pour lancer la 26ème édition du Festival de Fès des musiques sacrées ?
La rencontre au sénat illustre l'amitié entre la France et le Maroc et constitue l'occasion de mettre en avant, à la fois, le dialogue des cultures, des religions et l'ouverture sur l'autre que notre pays incarne si bien. C’est également l'occasion de mettre en avant la richesse de notre patrimoine matériel et immatériel, Fès étant la plus vieille et la plus grande Médina du monde. Grâce à l'initiative de Sa Majesté le Roi, tout un chantier de restauration a été entrepris.A travers le Festival de Fès des musiques sacrées du monde, nous allons mettre en avant cette identité et cette richesse marocaines.

Par quoi se distingue cette 26ème édition après celles annulées en raison de la pandémie de Covid19 ?
Je voudrais d'abord rendre hommage aux autorités et à tous les acteurs. Grâce à leurs efforts, la campagne de vaccination au Maroc a connu un grand succès. C'est ce qui nous permet aujourd'hui de programmer cet événement pour le mois de juin. La thématique que nous avons choisie cette année est celle du renouveau et de la reconstruction : L'architecture et le sacré. On sait que l'histoire de notre pays est caractérisée par la construction de grands édifices, vous avez par exemple la grande Mosquée Hassan II, vous avez la mosquée de Taza et celle de Tinmel, tous ces lieux de tolérance, ces lieux justement où convergent nos citoyens, constituent un un indicateur de ce dialogue des cultures et des religions. La restauration des synagogues en est également l’illustration. Nous allons d’ailleurs avoir un spectacle à la synagogue de Fès,«slatalfassien». La culture juive est bien ancrée et fait partie du patrimoine marocain. C'est là aussi une facette de l'esprit de tolérance et d'ouverture que l’on doit mettre en exergue.

Quels seront les moments forts de ce festival ?
Un hommage particulier sera rendu aux traditions musicales de Fès et de Meknès lors d’une soirée dédiée à Bab El Makina. Le forum de Fès du 11 juin, temps privilégié du festival, accueillera plusieurs intervenants nationaux et internationaux qui ouvriront de nouvelles perspectives autour de la thématique « L’architecture et le sacré ».

Le Festival de Fès a toujours cherché à faire la promotion du dialogue des cultures, mais la situation dans le monde et la guerre en Europe rendent sa mission difficile.
Dans le contexte de crise que connaît le monde, je crois que ce symbole est encore beaucoup plus important. La présence, comme vous le voyez, ici, à cette rencontre du Sénat, des trois religions, à savoir juive, chrétienne et musulmane, est un symbole fort de cette ouverture, de cette tolérance que notre pays incarne si bien.


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