Libération

Facebook
Rss
Twitter






Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Abdelillah El Jawhari déplore la maigre production du cinéma arabe traitant de la cause palestinienne





Abdelillah El Jawhari déplore la maigre production du cinéma arabe traitant de la cause palestinienne
Critiques et cinéastes arabes ont convenu à l’unanimité que le soutien à la cause palestinienne passe par une décision politique permettant la production de films qui reflètent la réalité palestinienne. Les participants au séminaire virtuel organisé lundi dans le cadre des activités de la 5-ème édition du Festival international du film d’Al-Qods à Gaza (29 novembre - 6 décembre), ontsouligné que les producteurssont appelés plus que jamais à soutenir la cause palestinienne du point de vue cinématographique. À cet égard, le réalisateur et critique de cinéma marocain Abdelillah ElJawhari a déploré la maigre production du cinéma arabe traitant de la cause palestinienne, notant que le cinéma marocain, qui compte seulement deux ou trois oeuvres, ne déroge pas à cette règle en raison de son influence par la culture occidentale et aussi de la formation des réalisateurs et scénaristes. Le critique marocain a évoqué les problèmes politiques auxquels sont confrontés les pays arabes et qui jettent de l’ombre sur la production cinématographique. «L’absence d’une vision et d’une perception commune des pays arabes n’a pas aidé à cristalliser une vision cinématographique unifiée de la question palestinienne”, a-t-il estimé. Il a appelé à la nécessité de travailler à la promotion d’une véritable culture cinématographique dans les sociétés arabes. “Sans une véritable conscience culturelle et sans foi en la cause palestinienne, nous ne pouvons espérer de soutien pour un cinéma qui sert la cause palestinienne”, a-t-il ajouté. Le critique marocain a également évoqué le rôle que jouaient les cinéclubs marocains dansla promotion de la cause palestinienne et des luttes du peuple palestinien. M. Jawhari a attribué, par ailleurs, le manque de financement pour les films traitant de la question palestinienne à l’existence de “lobbies” qui contrôlent la production et des festivals dans le monde, dominés par des obsessions commerciales et lucratives, appelant à la création d’un “front” arabe et international pour soutenir l’industrie cinématographique au service de la cause palestinienne. Pour sa part, le réalisateur et producteursyrien, Anwar al-Qawadri, a relevé que la question palestinienne est une cause mondiale, notant que malgré la présence de nombreuses œuvres théâtrales et cinématographiques traitant de cette question, il y a un grand manque à gagner dans la production de filmstraitant la réalité palestinienne selon une approche innovante.Al-Qawadri a déploré le manque de financement ainsi que l’absence de soutien des secteurs public et privé à la production de filmstraitant de la question palestinienne. L’acteur et dramaturge palestinien Housam Abou Aicha a souligné, quant à lui, que le soutien aux activités artistiques, en particulier cinématographiques qui traitent de la question palestinienne, est une question liée au capital public, lui-même lié à la politique desrégimes.Il a toutefois estimé que le manque ou l’absence de soutien ainsi que les conditions politiques que connaît la cause palestinienne n’empêcheront pas le cinéma palestinien de prouver sa présence et son mérite. Le Festival international du film d’Al-Qods se tient du 29 novembre au 6 décembre, avec la participation de films de trente pays, répartis entre fictions, documentaires et autres productions dédiées aux amateurs. Cette édition a choisi de sacrer l’acteur et réalisateur palestinien Mohamed Bakri avec un prix portant son nom qui sera décerné au meilleur film national.

Libé
Mercredi 2 Décembre 2020

Lu 438 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.