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A la Galerie Casa Del Arte : Jbile expose les “dimensions cachées” de son oeuvre




A la Galerie Casa Del Arte  :  Jbile expose les “dimensions cachées” de son oeuvre
La Galerie Casa Del Arte abrite  du 13  au 25 mars  courant  l’exposition rétrospective de l’artiste peintre  autodidacte El Yazid Jbile  qui nous fait rêver, tout en mettant en œuvre l’imagination et l’insolite.
 El Yazid Jbile  (vit et travaille à Casablanca)  figure parmi les artistes peintres qui enregistrent  leurs  impressions et illustrent  avec brio et souplesse les repères de notre héritage populaire, ce qui marque  leurs expériences naïves, mais combien riches  en découvertes et en ouvertures sur l’Autre.
Jbile transfigure  à sa guise les choses ordinaires et symboliques en les reprenant sur des supports picturaux, tout en donnant libre cours aux fantaisies et aux révélations de la créativité.
Ainsi, l’image peinte par cet artiste en herbe embrasse son contexte local, en ouvrant d’autres horizons à la connaissance humaine dans ses valeurs nobles et innocentes.
Avec ses couleurs ternes, l’artiste rend hommage au temps et à l’espace, tout en représentant les objets du quotidien dans leur enchevêtrement avec d’autres figures dans une composition horizontale et verticale (serpents, têtes d’oiseaux). L’hybridation du motif illustre parfaitement l’impact de son expression instinctive par son intensité intérieure sans se référer à la composition figurative et à la couleur allusive : « La vie est ma première école de formation artistique. J’ai côtoyé beaucoup d’artistes qui m’ont  encouragé avec passion et générosité. Dans mes  tableaux, j’essaie d’être simple et clair, en laissant à bride mes intuitions et mes émotions.   
La mémoire collective déclenche en moi un besoin d’expression qui ne s’est manifesté que bien tard même si certains prémices pouvaient relever de mon enfance. J’aime tout ce qui est brut et naturel et je suis toujours à cheval sur mes principes et valeurs. Je peins la plate-forme de l’expression initiale d’objets voire l’environnement populaire profondément lié à ma personnalité et  à  mes   états d’âme», affirme l’artiste.
L’objet-forme puisé dans son environnement esthétique est meublé généralement d’une manière spontanée ; il est déclenché par un va-et-vient interactif entre le présent et le passé. Ainsi, Jbile donne la liberté à l’inconscient de s’exprimer d’une façon brute et intuitive à partir de l’aspect général de la forme dans son sens le plus large.
C’est toute une démarche onirique relevant de l’imagination fertile de l’artiste et son pacte autobiographique dont les fragments identitaires sont bien ancrés dans la mémoire.
Artiste peintre autodidacte et encadreur incontesté, Jbile (né en 1954 à Casablanca) est connu par sa peinture expressionniste en plein relief à la manière naïve inspirée de la mémoire populaire du Maroc.
L’artiste exprime dans son langage purement plastique les registres profonds de notre mémoire visuelle, les vertus de notre culture décorative (marabouts, poissons, serpents, escargots, motifs ornementaux, mouettes, amphores, femmes du désert, message de la paix, fusion, coexistence   …) et de notre vision de l’espace habité.
 C’est un peintre qui a pu retrouver sa raison d’être d’homme et d’artiste à travers son imagination et ses rêveries loin de toute prétention, ce qui correspond à un certain niveau de maturité plastique qui  fait appel   aux voies de l’art brut.
Sur  le monde  hétéroclite, Abderrahman  Benhameza,  poète et critique d’art a écrit : « Jbile  focalise sur une sorte de «patrimonialisation » que ses souvenirs conçoivent à leur manière ; « ses » lieux saints par exemple cherchent à évoquer une spiritualité encore toute balbutiante, de même les éléments  floraux et aquatiques orientent son travail vers des possibilités de formulation qui donnent dans le fantastique.
Jbile investit la surface avec fougue ; il s’aménage un espace harmonieux à l’aide de touches ciblées et s’attache à être suffisamment démonstratif dans ses mouvements. Art de la forme en quête d’une énonciation qui distinguerait l’artiste, art de la surface comme enjeu d’une entreprise plastique encore à l’épreuve de la création, le travail de Jbile n’en reste pas moins annonciateur d’exploits prometteurs».    


ABDELLAH CHEIKH
Mardi 3 Mars 2009

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