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A la COP28, la participation marocaine porteuse d'un message fort pour une gestion intégrée des polluants


Libé
Lundi 4 Décembre 2023

A la COP28, la participation marocaine porteuse d'un message fort pour une gestion intégrée des polluants
La participation marocaine à la COP28 à Dubaï avec une délégation de très haut niveau, présidée par SAR la Princesse Lalla Hasnaa, porte un message fort pour une nouvelle génération du multilatéralisme, à même de traquer de manière intégrée les différents types de polluants, a affirmé la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali.

Le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI adressé au Sommet mondial sur l’action climatique, organisé dans le cadre de la COP28, a été l’occasion de mettre en exergue les questions portées par la présidence marocaine de l'Assemblée des Nations Unies pour l'environnement, en insistant sur la crédibilité du multilatéralisme et des financements multilatéraux, notamment ceux liés aux projets climatiques, a indiqué Mme Benali dans une déclaration samedi à la presse.

C’est un point très important que le Souverain a souligné, au vu des différents défis qui se posent en ce début du 21e siècle, à leur tête la crise climatique, a-t-elle ajouté.

Le Maroc insiste sur cette intégration entre les différentes COP et entre les différentes instances du multilatéralisme, en vue de traquer de manière intégrée les différents types d’émissions de polluants qui ont un impact direct sur le développement économique et social, a relevé la ministre, notant que "c’est donc un message très fort que le Maroc porte dans toutes les instances".

Le Pavillon Maroc à la COP28, a-t-elle poursuivi, est un espace adéquat qui accueille de nombreux événements importants, des négociations et des signatures de conventions, avec la participation de la délégation marocaine qui comprend également des ministres et des partenaires du secteur privé intéressés par le climat, la transition énergétique et le développement durable, ainsi que des acteurs de la société civile.

"La participation marocaine est une opportunité de partager nos expériences en matière de transition énergétique et de développement durable", a-t-elle dit, faisant référence aux projets déjà réalisés et dont le Maroc est "fier" et ceux en cours de préparation.

D’après la ministre, les délégations étrangères ont montré un intérêt particulier pour les projets du Maroc en la matière, notamment ceux liés à l'industrie décarbonée, au dessalement de l'eau de mer avec des énergies renouvelables et à l'accès au marché du gaz naturel liquéfié pour la première fois au Maroc.

“Bien sûr, nous avons aussi une offre d’hydrogène vert, un chantier qui va permettre d’asseoir la transition énergétique, mais aussi l’intégration régionale avec les continents africain et européen”, a souligné Mme Benali.
Pour ce qui est des négociations, la ministre a souligné que le Maroc insiste sur l’importance du financement climatique.

“Nous saisissons cette occasion pour féliciter les Emirats arabes unis, ce pays frère et ami, qui a porté plusieurs questions climatiques, a pu obtenir de très bons résultats pendant ces premiers jours de la COP28, notamment avec l’opérationnalisation du Fonds des pertes et dommages et la mobilisation déjà de centaines de millions de dollars”, a-t-elle déclaré.

Revenant sur la Stratégie nationale de développement durable, Mme Benali a salué un plan “très inclusif” qui porte l’esprit du nouveau modèle de développement, en mettant l’humain et le citoyen au coeur des politiques publiques.

Rappelant l’engagement précurseur du Royaume en matière d’action climatique internationale, avec l’accueil de deux COP (2001 et 2016 à Marrakech), elle a mis en avant la présidence marocaine de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, une première pour un pays africain, notant que le Maroc passera le flambeau en février au Kenya.

Les engagements volontaires pleuvent, avant le dur des négociations sur les fossiles

Contre le charbon et le méthane, et pour le nucléaire et les renouvelables: les pays réunis à la COP28 à Dubaï ont mis les projecteurs samedi sur le monde énergétique de demain, parallèlement à de laborieuses négociations sur les moyens de parvenir à un monde sans énergies fossiles d'ici quelques décennies.

C'est l'objectif qui a le vent en poupe: plus de la majorité des nations, au moins 118, veulent tripler les capacités d'énergies renouvelables (solaire, éolien, hydroélectricité, biomasse...) et doubler l'efficacité énergétique d'ici 2030.

L'annonce, préparée depuis des mois et déjà soutenue par les pays du G20, est un "message très fort" aux marchés, a dit à l'AFP sur place la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Cet engagement, non-contraignant à ce stade, finira-t-il dans une décision de la COP, qui s'imposerait à tous les signataires de l'accord de Paris ? Pour l'instant, la Chine, l'Arabie Saoudite, l'Iran et la Russie manquent à l'appel, tout comme l'Inde.

En parallèle, les milliers de négociateurs de près de 200 pays enchaînent les réunions dans des dizaines de salles ou dans les cafés en plein air de l'Expo City 2020, l'immense site qui accueille l'événement depuis le 30 novembre à quelques kilomètres des gratte-ciel rutilants de Dubaï.

Les plus en vue de ces délégués sont ceux qui tentent d'avancer sur l'enjeu primordial: le projet d'accord final qui doit être adopté par consensus d'ici le 12 décembre.
Une première version a été débattue jusque tard vendredi soir, immédiatement marquée, selon un négociateur, par un bras de fer sur la sortie ou la réduction des énergies fossiles: pétrole, gaz et charbon.

"Chacun est resté sur ses positions traditionnelles", a déclaré cette source à l'AFP, l'Arabie Saoudite plaidant pour le déploiement massif des techniques de captage de carbone tandis que l'Union européenne défendait la sortie des fossiles.

Mais l'annonce la plus importante de la journée, selon les experts du think-tank E3G, fut l'engagement des Etats-Unis et de six autres pays à fermer leurs centrales au charbon sans captage de CO2, la façon "la plus sale" de générer de l'électricité, a rappelé l'expert Leo Roberts.

Après le dioxyde de carbone (CO2), le méthane est le deuxième gaz à effet de serre ayant le plus contribué au réchauffement, à hauteur de 30%. C'est le gaz naturel qui s'échappe des gazoducs, des mines de charbon et de nos gazinières... mais aussi des estomacs des vaches ou de la décomposition de la paille dans les rizières.

Après des années d'inaction, les Etats et les entreprises commencent à adopter des plans de réduction, souvent à l'horizon 2030.
"Pour baisser la température, il faut simplement baisser le méthane", a lancé samedi à la tribune la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, influente dans les COP malgré la petitesse de son pays.
La nouveauté est que la Chine et les Etats-Unis collaborent enfin sur le sujet.

Réduire le méthane est régulièrement décrit comme relativement facile et tout de suite très efficace contre le réchauffement. Pour les compagnies, il suffirait de mettre fin au torchage du gaz. Un engagement qui fait partie d'une charte signée samedi par 50 compagnies pétrogazières.

La journée de samedi a été lancée par l'appel d'une vingtaine de pays à tripler les capacités de l'énergie nucléaire dans le monde d'ici 2050 par rapport à 2020.
L'annonce illustre le spectaculaire regain d'intérêt pour l'atome, source d'électricité quasiment sans carbone, mais qui a souffert après l'accident de Fukushima en 2011.

"Aucune stratégie crédible, ni nationalement ni mondialement, ne permet de sortir du charbon et des fossiles en reposant uniquement sur le renouvelable", a martelé le président français Emmanuel Macron sur place.

Outre les Etats-Unis et le Canada, la vingtaine de signataires inclut les pays européens pro-nucléaires, selon une liste publiée par les Etats-Unis, ainsi que la Corée du Sud, le Ghana, les Emirats qui ont construit leurs premiers réacteurs, et le Japon, qui relance ses centrales.
Mais la Chine et la Russie, premiers constructeurs dans le monde mais rivaux des Occidentaux, n'ont pas signé.

Là encore, l'appel n'est en aucun cas contraignant dans le cadre de l'ONU, mais sert à donner des signaux de coopération et à établir des rapports de force dans les négociations.


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