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A 12,3%, le chômage continue de narguer les politiques publiques

Particulièrement élevé chez les jeunes, le taux de chômage fait un pied de nez au programme «Awrach»


Alain Bouithy
Jeudi 3 Février 2022

A 12,3%, le chômage continue de narguer les politiques publiques
Alors que le programme «Awrach» venait d’être mis en route, les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP) viennent rappeler une affligeante réalité : la situation du marché du travail au Maroc continue de se détériorer et la lutte contre le chômage est loin d’être une mince affaire.

Arrivé depuis peu à un stade opérationnel, comme l’a déclaré dernièrement le ministre de l'Intégration économique, de la Petite entreprise, de l'Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, le programme «Awrach» entend notamment améliorer l'employabilité et accroître les chances d'insertion professionnelle.

Mais en attendant les premiers résultats qui permettront d’apprécier l’impact réel de cette initiative chez les jeunes, notamment, les données du Haut-commissariat montrent que le chômage a grimpé au terme de l’année 2021.

Dans une note d’information relative à la situation du marché du travail en 2021, l’’institution publique annonce qu’il est passé de 11,9% à 12,3% au niveau national, de 15,8% à 16,9% en milieu urbain et de 5,9% à 5% en milieu rural.

En effet, « entre 2020 et 2021, le nombre de chômeurs a augmenté de 79.000 personnes, passant de 1.429.000 à 1.508.000 chômeurs, ce qui correspond à une augmentation de 5,5% », a indiqué le Haut-commissariat précisant que cette hausse est la conséquence d’une augmentation de 120.000 chômeurs en milieu urbain et d’une baisse de 41.000 en milieu rural.

Comme c’est souvent le cas depuis des lustres, « il est plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (31,8%), les diplômés (19,6%) et les femmes (16,8%) », a-t-il fait savoir.
 
Des disparités observées au niveau de l’ensemble des catégories de la population montrent que « le taux de chômage s’est accru respectivement de 0,6 point pour les femmes, passant de 16,2% à 16,8% alors que ce taux a quasiment stagné pour les hommes (de 10,7% à 10,9%) », a poursuivi le HCP.

Selon la note du Haut-commissariat et la répartition par diplôme, le taux de chômage a enregistré une hausse de 1,1 point parmi les diplômés, passant de 18,5% à 19,6%, et une baisse de 5,6% à 4,6% parmi les personnes sans aucun diplôme.

« Selon l’âge, le taux de chômage a augmenté de 0,6 point pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 31,2% à 31,8% et de 1,1 point pour les personnes âgées de 25 à 34 ans, passant de 18,5% à 19,6% », a-t-il ajouté.

Il est à noter que le volume du sous-emploi est de son côté passé de 1.127.000 à 1.003.000 personnes, de 619.000 à 550.000 dans les villes et de 508.000 à 453.000 à la campagne.
C’est ainsi que « le taux de sous-emploi est passé, au niveau national, de 10,7% à 9,3%, de 10,1% à 8,8% en milieu urbain et de 11,6% à 10% en milieu rural », a souligné le HCP dans sa note.

La même source relève, par ailleurs, qu’entre 2020 et 2021, l’économie nationale a créé 230.000 postes d’emploi, correspondant à une hausse de 2% et résultant d’une création de 130.000 postes en milieu rural et de 100.000 postes en milieu urbain.

A titre de rappel, 432.000 postes d’emploi avaient été perdus une année auparavant.

« Par type d’emploi, 197.000 postes d’emplois rémunérés ont été créés, 112.000 en milieu urbain et 85.000 en milieu rural », a indiqué le HCP dans sa note d’information du HCP précisant que l’emploi non rémunéré a augmenté de 33.000 postes, création de 45.000 en zones rurales et perte de 12.000 en zones urbaines.

Selon les statistiques du HCP, cinq régions abritent 72% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus : la région de Casablanca-Settat vient en première position avec 22,2% d’actifs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,4%), de Marrakech-Safi (13,3%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,6%) et de Fès-Meknès (11,4%).

Ces mêmes données montrent que trois régions enregistrent des taux d’activité supérieurs à la moyenne nationale (45,3%). Selon le Haut-commissariat, « il s’agit des régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (49,8%), de Casablanca-Settat (47,7%) et de Marrakech-Safi (46,8%) ».
Soulignons, en revanche, que les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de Souss-Massa (41,3%) et de Fès-Meknès (42,3%) et de l’Oriental (42,5%).

Alain Bouithy


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