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32 morts dans un attentat à la voiture piégée à Bagdad

La France prête à déradicaliser les enfants enrôlés par l'EI




Au moins 32 personnes ont été tuées et 61 blessées lundi dans un attentat-suicide à la voiture piégée à Bagdad, a-t-on appris de sources policières.
Cet attentat qui a visé une place d'un quartier chiite de la capitale irakienne survient le jour de la visite à Bagdad du président français François Hollande.
De nombreuses victimes de l'attentat de Bagdad étaient des travailleurs journaliers qui attendaient d'être embauchés sur une place de Sadr City, un quartier situé dans le nord-est de la capitale, théâtre de fréquents attentats meurtriers.
Des photos partagées sur les réseaux sociaux montrent une colonne de fumée noire s'élevant dans le ciel et les blessés, dont certains très grièvement, en train d'être évacués.
Selon un colonel de police, 32 personnes ont péri et 61 autres ont été blessées. Un précédent bilan faisait état de 17 morts et 39 blessés.
Il s'agit du deuxième attentat à ensanglanter Bagdad en 48 heures.
L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de cet  attentat à la voiture piégée.
L'agence d'informations Amak, site lié à l'EI, déclare dans un communiqué diffusé sur internet que l'attaque visait un rassemblement de musulmans chiites, que l'organisation fondamentaliste sunnite considère comme des apostats.
L'EI a pour habitude de mener des attentats contre des civils à Bagdad, même après avoir perdu la plupart des territoires dont il s'était emparé en 2014 au nord et à l'ouest de la capitale irakienne.
Samedi, 29 personnes ont été tuées lors de trois attentats à la bombe revendiqués par l'EI, commis sur un marché de Bagdad et dans un quartier de l'est de la ville.
Dimanche, une attaque de l'EI à un barrage près de Nadjaf, à 160 km au sud de Nadjaf, a fait sept morts.
Depuis le début de l'offensive sur Mossoul, dernier bastion de l'EI en Irak, les forces d'élite irakiennes soutenues par les Etats-Unis ont repris environ un quart de la grande ville du nord. Le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, estime que Daech pourrait être chassé du pays en avril.
Alors que les combats se poursuivaient lundi, l'EI a visé des positions militaires en dehors du lieu principal des combats, tuant au total 16 membres des forces combattant pour le gouvernement irakien.
Les djihadistes ont attaqué un casernement près de Baïdji, à 180 km au nord de Bagdad, tuant quatre militaires et blessant 12 personnes, notamment des combattants de tribus sunnites, apprend-on auprès de la police et de l'armée.
Ils se sont emparés d'armes à cette occasion et ont effectué des tirs de mortier non loin de là, à Chirkat, contraignant les forces de sécurité à imposer un couvre-feu et à fermer des écoles et des bureaux, indiquent les autorités locales et les forces de l'ordre.
A la suite de ces attaques, l'EI a pris le contrôle de trois barrages de sécurité sur la route qui relie Baïdji à Chirkat, selon le maire de Chirkat, Ali Dodah, joint par téléphone.
Les tirs de mortiers à Chirkat ont tué deux enfants, a-t-il précisé.
Trois combattants de milices chiites pro-gouvernementales ont également été tués et sept blessés lors de l'attaque de leurs positions près d'Oudhaïm, indique la police.
En visite à Bagdad,  François Hollande a déclaré lundi que la France se tient prête à prendre en charge les enfants des ressortissants français "horriblement enrôlés" par l'Etat islamique.
Lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, le président français a évoqué le "traitement" des centaines de combattants français de l'EI en Syrie et en Irak, dont certains ont fondé une famille.
"Nous les combattrons comme tous les autres djihadistes, quelle que soit la nationalité. Puisqu'ils nous attaquent, puisqu'ils préparent des attentats sur notre propre sol", a déclaré François Hollande.
Si ces combattants sont arrêtés par les autorités irakiennes, ils seront jugés par la justice de ce pays, a précisé le président.
Le nombre de Français combattant au sein de l'Etat islamique à Mossoul, notamment, est estimé à une soixantaine selon une  source diplomatique.
"S'ils tentaient de revenir en France, et certains avec leur famille, nous sommes à ce moment-là conduits à les arrêter, les appréhender, les juger et les condamner par la justice française", a souligné François Hollande.
S'agissant des enfants "dont certains ont été embrigadés, horriblement enrôlés", ils seront pris en charge par les autorités françaises afin d'être "traités, accompagnés, déradicalisés", a poursuivi le chef de l'Etat.

Mardi 3 Janvier 2017

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