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28 civils tués dans un raid dans l'est de la Syrie




Le régime syrien hisse le drapeau national à Deraa, berceau de la révolte

Au moins 28 civils ont été tués dans un raid aérien contre l'un des derniers réduits du groupe jihadiste Etat islamique (EI) dans l'est de la Syrie, a annoncé vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Le raid a touché jeudi soir "un rassemblement de civils" près de la localité de Soussa, dans la province de Deir Ezzor, non loin de la frontière avec l'Irak, a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
"Nous ne savons pas s'il s'agit d'une frappe de l'aviation irakienne ou de la Coalition internationale" anti-EI emmenée par Washington, a-t-il dit.
Ces derniers mois, l'aviation irakienne a mené des raids dans l'est syrien près de sa frontière contre des positions jihadistes. La Coalition internationale intervient en soutien à une alliance de combattants kurdes et arabes qui lutte au sol contre l'EI.
Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la proclamation d'un califat à cheval sur les territoires conquis en Irak et en Syrie, l'EI est désormais acculé dans de derniers réduits désertiques dans ces deux pays.
Les autorités irakiennes ont proclamé la victoire face aux jihadistes chassés de tous les centres urbains fin 2017, tandis qu'en Syrie l'organisation ultraradicale ne contrôle plus que moins de 3% du territoire selon l'OSDH.
L'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) a lancé début mai la dernière phase de son offensive pour mettre fin à la présence de l'EI dans l'est syrien.
Dans cette zone, les jihadistes pourront être défaits militairement d'ici à "quelques semaines", a estimé jeudi le général français Frédéric Parisot, qui représente la France auprès du commandement de la Coalition internationale.
"Il reste encore deux poches et d'ici quelques semaines, je pense qu'on peut dire assez sereinement que Daech (acronyme en arabe de l'EI) ne contrôlera plus aucun territoire dans notre zone d'opérations", selon lui.
L'agence officielle Sana a rapporté le drame de jeudi, évoquant la mort d'une trentaine de civils et accusant directement la coalition.
Déclenché en 2011, le conflit en Syrie s'est ensuite complexifié avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes. Il a fait plus de 350.000 morts.
Par ailleurs, l'armée syrienne a hissé jeudi le drapeau national dans le secteur rebelle de la ville de Deraa, berceau de la révolte contre Bachar Al-Assad en 2011, un geste symbolique illustrant la nouvelle victoire engrangée par le régime et son allié russe.
Un correspondant de l'AFP à Deraa a pu voir un convoi de policiers militaires russes et d'officiers du régime syrien, accompagnés de journalistes, entrer dans le centre de Deraa, chef-lieu de la province du même nom, pour la cérémonie.
Une nouvelle fois, le président syrien a eu recours à une stratégie alliant bombardements meurtriers et négociations parrainées par Moscou, pour faire plier les rebelles dans cette province méridionale, un secteur sensible bordant la Jordanie et la ligne de démarcation avec Israël sur le plateau du Golan, en partie annexé par l'Etat hébreu.
Près de trois semaines après l'offensive lancée par le régime dans cette province, les factions insurgées ont été contraintes d'accepter le 6 juillet un accord dit de "réconciliation" négocié par la Russie, qui s'apparente en fait à une capitulation.
Cet accord impose aux rebelles l'abandon de leur artillerie lourde et moyenne. Il prévoit aussi le retour des institutions étatiques dans les secteurs insurgés et le départ des combattants refusant de rester sous contrôle du régime vers la province d'Idleb (Nord-ouest) qui échappe encore en grande partie aux forces d'Assad.
"Des unités de l'armée syrienne (sont) entrées à Deraa al-Balad (centre-ville) et ont hissé le drapeau national sur la place publique", a indiqué jeudi l'agence de presse officielle Sana.
Mais le geste est pour l'instant "symbolique" a estimé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), en précisant que les procédures prévues par l'accord n'ont pas encore été entamées.
"Les factions rebelles sont encore dans la ville de Deraa, celles qui veulent la réconciliation doivent encore abandonner leur artillerie, les procédures n'ont pas encore commencé", a déclaré le directeur de l'ONG, Rami Abdel Rahmane.
"Probablement dans les jours à venir, les combattants refusant la réconciliation seront évacués (...). Puis le régime entrera officiellement et procèdera à des vérifications", confie à l'AFP le militant Omar Al-Hariri, dans la cité de Deraa.

Libé
Samedi 14 Juillet 2018

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