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27ème édition du Festival international d’Art Vidéo: Un programme riche et protéiforme à l’image du langage artistique qu’il célèbre


Chady Chaabi
Mercredi 10 Novembre 2021

Le Québec à l’honneur

Riche et protéiforme. A l’image du langage artistique qu’elle célèbre, la 27ème édition du Festival international d’Art Vidéo (FIAV) promet. Placée sous le thème “Corps en immersion”, la première édition post-pandémie du FIAV mettra à l’honneur le Québec, du 23 au 27 novembre, à travers 30 artistes et organisateurs artistiques de la province francophone de l'est du Canada. En parallèle, une vingtaine de structures marocaines et étrangères animeront également le festival qui se tiendra à plusieurs endroits, à Casablanca, au Cinéma Renaissance de Rabat et aux Jardins d’Aryne de Marrakech, entre autres. Une richesse qui a tout de même un prix. Celui d’avoir les défauts de ses avantages, en risquant notamment de dériver sur un déséquilibre en termes d'intérêt des visiteurs. Une problématique légitime mais qui ne trouve malheureusement aucun écho auprès des organisateurs présents lors de la conférence, affiliés à la Faculté des lettres et des sciences humaines Ben M’sik de l’Université Hassan II de Casablanca.

Participation d’artistes québécois
Ce mardi après-midi du 9 novembre, l’Ecole des beaux-arts de Casablanca a ouvert ses portes pour accueillir la conférence de presse du Festival international d’Art Vidéo (FIAV) dans une salle exsangue. Certes les murs étaient ornés d'œuvres d’art mais pour l’identification visuelle, il va falloir repasser. Car sauf l’affiche du festival, somme toute bancale, il ne sautait pas aux yeux que l'événement était en lien avec l’art numérique, d’autant que la sonorisation et les vidéos de présentation n'étaient pas un modèle du genre. Quoi qu’il en soit, les intervenants ne se sont pas fait prier pour mettre en avant les mille et un atouts d’un festival qui n’en manque pas. A commencer par la participation des artistes québécois.
Dire que « Focus Québec » est au cœur du programme relève du doux euphémisme. L’affiche faisant foi. L’objectif étant de “montrer un large éventail de l’actuelle création québécoise, mais aussi rencontrer un nouveau public, échanger avec lui et créer des liens qui, nous l’espérons, se développeront dans l’espace et le temps”, a rappelé Yves Doyon, coordonnateur québécois. Cette collaboration entre le FIAV et le Québec n’est pas le fruit du hasard. Et elle date encore moins d’hier.

L’aboutissement d’un travail colossal
Au vrai, elle représente l’aboutissement d’un travail colossal fourni en amont, à la fois par les organismes culturels québécois, mais aussi par Majid Seddati, le directeur artistique du FIAV.
“Nous avons fait le déplacement au Québec pour rencontrer différents artistes et structures culturelles. Nous avons discuté, échangé pour nous rendre finalement compte que nous étions sur la même longueur d’onde” confie M. Seddati. Pour Yves Doyon, la participation des artistes québécois au FIAV est singulière à plus d’un titre. D’abord parce que “c’est le premier déploiement culturel québécois à l'étranger d’une telle ampleur depuis le confinement de mars 2020”, a-t-il indiqué. Puis d'ajouter : “Focus Québec se veut une présence à la fois convaincante et rassurante, un moment fort de cette réouverture vers les autres et sur le monde”. Et inversement.
Non seulement les artistes québécois exposeront leurs œuvres aux yeux des Marocains, mais ces derniers ne seront pas en reste non plus. Car si le FIAV constitue une fenêtre sur l’art numérique de l’autre côté de l’Atlantique, il sera tout autant précieux pour les artistes nationaux et internationaux qui y feront étalage de leur savoir-faire.
Aspect résolument capital aux yeux des organisateurs, dont Abdekader Gonegay. Le doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines Ben M’Sik et président du FIAV, nous a conviés à une conférence de presse à laquelle il n’était pas présent. Mais par le biais d’un message vidéo, il a exprimé tout son enthousiasme et sa ferveur en prévision du FIAV.

L’Art Vidéo est tout sauf exclusif
En revanche, on aurait aimé avoir une réponse à la question : Craignez-vous que les artistes québécois vampirisent l’attention des visiteurs du FIAV ? Yves Doyon, le coordonnateur québécois a botté en touche, contrairement à Alain Olivier, le directeur du Bureau du Québec à Rabat :“Evidemment, nous sommes particulièrement sensibles à cette problématique. C’est la raison pour laquelle nous allons faire en sorte de créer des interactions entre les différentes parties prenantes dont les visiteurs. Notamment à travers une activité de réseautage et de rencontres professionnelles”.
Des ateliers auxquels pourront également participer les étudiants sont aussi programmés dans cette optique. De toute manière, la nature même de l’Art Vidéo et numérique est tout sauf exclusive. Dès sa naissance à l’orée des sixties, cette expression artistique s’est imposée comme l’un des langages artistiques les plus riches et protéiformes de la création contemporaine. Et à l’heure du tout image et de la démocratisation de l’art, il n’a, semble-t-il, rien perdu de sa pertinence ni de son caractère inclusif. A charge aux organisateurs de perpétuer la tradition et mettre en avant les artistes québécois autant que leurs homologues marocains. 


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