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​Trop meskine, Hami-eddine




​Trop meskine, Hami-eddine
Là, on a compris. On y a mis du temps, mais on a fini par saisir le but de ce désir d’ubiquité du gars, cette furieuse omniprésence et surtout cette grosse impertinence.
Non content d’essaimer la chaire de l’université qui le gratifie de gracieux émoluments toutes les fins du mois que le bon Dieu fait, il se fait pigiste un peu partout. Certes, le fric n’a pas d’odeur, mais il faut bien préciser que chez ce journaleux à ses heures perdues, il y a comme une obsession à vouloir à tout prix glisser quelques messages d’un autre âge.
A-t-on vraiment le choix quand on est inexorablement condamné à être la voix de son maître ? A vrai dire, ça passe mal quand c’est d’un jeune qu’il s’agit. En apparence du moins. Tant il est vrai que la barbe rasée de près et autres moustaches d’ado ou encore une cravate aux couleurs chatoyantes ne font pas le …moine.
Non, mais il fallait le voir pour le prendre encore plus en pitié. Ce soir-là, il était à la télé. Il y était apparemment en tant qu’universitaire, en tant que …sage. Le thème s’y prêtait : comment rehausser le niveau du débat politique ?
Justement. Comment, quand on a affaire à un chef de gouvernement qui ne maîtrise pas autre langage que celui du caniveau, quelqu’un qui a du mal à maîtriser ses nerfs?
C’était là une mission impossible  pour ledit prof. Le pauvre Hami-eddine, tiens, c’est son nom, s’est trouvé dans la trop délicate position de défendre l’indéfendable. Il n’y a de pire que de se voir contraint de jouer à l’avocat du diable, surtout quand c’est de diable barbu qu’il s’agit.
Autant les autres intervenants étaient à l’aise, autant lui parlait pour ne rien dire, pour se répéter, pour débiter des balivernes, tentant vainement d’empêcher les autres intervenants d’exposer leurs arguments ou de développer leur raisonnement. Il ne cessait de répéter à qui voulait l’entendre que « les citoyens sont intelligents. Ils ont compris. Ils comprennent. Ils comprendront… » Du n’importe quoi ! Quoi !
Sauf que ce jour-là, les téléspectatrices et téléspectateurs ont eu tout le loisir de saisir la différence entre des dirigeants politiques formés à la bonne école et ceux improvisés et donc déphasés. Si profs soient-ils, comme se complaisait à le répéter ledit Hami-eddine.
Calmement, dans un style limpide posé et responsable, Mohamed Ben Abdelkader lui a inculqué la plus belle des leçons sur comment débattre et comment convaincre. Le style USFP, bien entendu.
M. Maâzouz du PAM n’a pas été en reste, tout à l’opposé du jeune prof qui, de toute évidence, a dû passer par la fac en tant qu’étudiant aussi. Le douloureux souvenir de Ben Aïssa Aït Ljid est malheureusement là pour nous le rappeler.
Abdelouahed Souhaïl du PPS était là, lui aussi. Il devait être dans le même camp au gré d’une certaine alliance contrenature. Mais que pouvait-il bien dire ? Il est de loin plus intelligent et plus chevronné que ce pjdiste en herbe qui fait tout pour être parachuté au gouvernement. Souhaïl ne pouvait donc tomber dans le panneau.
Abdelaâli Hami-eddine ministre ? Alors, là on aura tout vu de la part de Benkirane et de sa confrérie.

Par Mohamed Benarbia
Vendredi 15 Mai 2015

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