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​Said Kachani, président de la Confédération nationale des associations des parents d'élèves

Pour assurer l'équité et l'égalité des chances, il faudra activer les conseils de classes




​Said Kachani, président de la Confédération nationale des associations des parents d'élèves
Comment jugez-vous les décisions annoncées par le ministère concernant le sort de l’actuelle année scolaire et quel impact auront ces décisions sur les élèves ? 
Said Kachani : Eu égard à la situation épidémique nationale actuelle, les décisions annoncées par le ministère de tutelle étaient tout à fait prévues pour assurer la sécurité des élèves et des cadres pédagogiques. De même que ces décisions s’inscrivent en droite ligne avec la note adressée par la Confédération au ministère à ce sujet.
Toutefois, nous ne sommes pas d’accord sur le timing de leur annonce, dans la mesure où on est encore au mois de mai et l’année scolaire ne s’achève qu’au mois de juin. S’y ajoute le fait que l’opération de l’enseignement à distance se poursuit encore. A notre avis, l’annonce en ce moment de ces décisions est inappropriée et peut avoir un impact négatif sur les élèves et ce, en dépit de l’appel adressé par le ministère aux élèves, aux enseignants et aux parents pour la poursuite de l’opération de l’enseignement à distance qui demande encore un grand effort. D’ailleurs, les sections de la confédération nous ont informé d’un certain relâchement des élèves à ce propos.
A ce titre, nous invitons les parents d’élèves à veiller à ce que leurs enfants suivent les cours enseignés à distance des différentes matières et dont ils auront besoin l’année prochaine.

Comment garantir le respect des principes d’équité et d’égalité des chance dans la mise en œuvre de ces décisions, notamment la décision de prendre en considération les notes du contrôle continu ? 
Je pense que la prise en considération des notes du contrôle continu obtenues au cours du premier semestre et au début du deuxième semestre (janvier - mi-mars) dans l’évaluation et la décision de la réussite ou de l'échec de l'élève ne poseront pas de problème aux élèves qui ont eu de bonnes notes car ils passeront au niveau suivant sans difficulté.
Le problème se pose pour les élèves qui n'ont pas obtenu de bonnes notes dans le contrôle continu. Nous savons que la possibilité de progression et d'acquisition des connaissances ne se fait pas toujours bien au cours du premier semestre, et que cela est possible au cours du deuxième semestre. Par conséquent, et afin d'assurer l'équité et l'égalité des chances, nous appelons à l'activation des conseils de classes qui doivent examiner les cas des élèves ayant obtenu de mauvaises notes, afin d'étudier le cas de chaque étudiant, le développement qui a eu lieu dans son apprentissage et sa capacité à suivre le rythme l'année suivante.
Je pense que les décisions concernant le passage vers le niveau supérieur ou l'échec devraient faire l'objet de nombreuses discussions au sein des conseils de classes pour essayer autant que possible d'assurer l'égalité des chances.
Les cas de certains élèves susceptibles d'abandonner l'école en raison du nombre d'années d’échecs doivent faire l’objet de discussions très sérieuses pour ne pas condamner ces élèves.
Quant aux élèves du baccalauréat qui réussiront l'examen, des cours de soutien doivent leur être dispensés, outre l'identification des cours qui ont été dispensés conjointement au niveau national, car il est connu que certains enseignants ne respectent pas l’agencement établi des cours. 

Quelle est votre évaluation de l’expérience de l’enseignement à distance, et pourra-t-il constituer une alternative ou du moins un moyen de renforcer la réussite scolaire ? 
L’opération d'enseignement à distance est l’une des bonnes mesures que le ministère a prises pour assurer la poursuite des études. C’est la première expérience effective dans ce domaine. Elle nous a permis d'acquérir plusieurs productions de nombreux enseignants et d’améliorer le rendement. Il s'agit d'une expérience très utile qui sera certainement évaluée et développée à l'avenir, en faveur de la promotion du système éducatif. Si l'enseignement à distance ne peut nullement se substituer aux cours en présentiel, il pourra toutefois constituer un moyen d'amélioration des performances pédagogiques et éducatives.

Samedi 16 Mai 2020

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