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​Pedro Sanchez accuse les séparatistes catalans de mentir comme les Brexiters

Le chef du gouvernement change de ton en Catalogne




Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a accusé mercredi les indépendantistes catalans d'être coupables de "mensonges" et de "manipulation" comme les partisans du Brexit au Royaume-Uni.
Adoptant un ton particulièrement dur devant le Parlement, le socialiste a établi un parallèle entre les deux mouvements accusés d'être basés "sur un récit de griefs inventés et amplifiés par la manipulation".
"Il est nécessaire de rappeler que le Brexit a commencé sur une grotesque campagne de mensonges et de désinformation sans précédent", a-t-il ajouté, avant de juger que les séparatistes catalans n'avaient eux "plus que le mensonge pour soutenir leurs positions politiques".
"Avec le Brexit, nous faisons face à un mouvement qui va contre l'Histoire mais aussi contre la raison" et "le Brexit et le mouvement indépendantiste catalan évoluent sur des chemins parallèles et avec des rhétoriques similaires", a-t-il poursuivi.
"On oblige (la population) à choisir entre être européen ou britannique, espagnol ou catalan quand nous avons vécu avec ces identités et bien d'autres depuis des décennies", a encore dit Pedro Sanchez.
Arrivé au pouvoir avec le soutien des indépendantistes catalans et déterminé à rétablir le dialogue avec eux, Pedro Sanchez vient brutalement de changer de ton à leur encontre.
Il menace de reprendre en main le maintien de l'ordre en Catalogne si la région est incapable de le faire, après que la police régionale a laissé des militants séparatistes radicaux couper une autoroute pendant 15 heures, et avant le Conseil des ministres que les mêmes militants prétendent d'empêcher de se tenir à Barcelone le 21 décembre.
Selon les observateurs de M. Sanchez, ce revirement est dû au fait que sa politique d'apaisement, violemment dénoncée par la droite, a été l'une des raisons principales de la débâcle des socialistes aux élections régionales en Andalousie le 2 décembre.
Pour sa part, le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska a prévenu les autorités catalanes que si la police régionale des Mossos d'Esquadra n'exerce pas "les fonctions (...) qui lui incombent", les forces de sécurité de l'Etat interviendront.
Cette mise en garde, s'étalant à la une de la presse espagnole mardi, intervient après une coupure de l'autoroute AP-7, qui relie la France à la côte méditerranéenne espagnole, pendant 15 heures samedi par les Comités de défense de la République (CDR) sans que les Mossos n'interviennent.
Ces militants radicaux catalans, habitués des opérations coup de poing, ont ensuite levé les barrières de péage de l'autoroute, comme les "gilets jaunes" en France.
La Catalogne est avec le Pays basque et la Navarre l'une des trois régions autonomes d'Espagne disposant de sa propre police. Dans les autres, le maintien de l'ordre est assuré par la police nationale et la Garde civile.
Mais dans la riche région du nord-est, les Mossos sont pris entre deux feux. D'un côté la justice accuse leurs anciens commandants d'avoir participé à la tentative de sécession d'octobre 2017. Ils doivent être jugés l'année prochaine.
De l'autre côté, le président régional Quim Torra, qui avait ouvertement encouragé les CDR à faire "monter la pression" en octobre dernier, a réclamé la tête de chefs des Mossos après des heurts violents la semaine dernière entre policiers et militants CDR. Ce que son "ministre de l'Intérieur" a finalement refusé afin de calmer l'indignation de ses troupes.
En menaçant de reprendre en main le maintien de l'ordre en Catalogne, Madrid veut aussi s'assurer du bon déroulement du Conseil des ministres prévu le 21 décembre à Barcelone, que les séparatistes radicaux ont déjà promis de paralyser par des manifestations.
Sur la scène politique nationale, le chef du gouvernement Pedro Sanchez tente de reprendre l'initiative alors que la droite l'accuse d'être l'otage des séparatistes catalans, qui ont voté son investiture en juin.
Le discours anti-indépendantiste a d'ailleurs porté la droite et l'extrême droite lors des élections dans le fief socialiste d'Andalousie, premier rendez-vous électoral depuis son arrivée au pouvoir.
Et les appels de l'opposition à Sanchez pour qu'il fasse preuve de fermeté à l'égard des séparatistes se sont encore renforcés après que Quim Torra a exhorté samedi les Catalans à suivre l'exemple de la Slovénie qui avait déclenché un conflit meurtrier en proclamant unilatéralement son indépendance de la Yougoslavie en 1991.
La ministre de la Défense Margarita Robles a dénoncé M. Torra en termes très durs mardi. "Celui qui ne remplit pas ses devoirs comme chef de gouvernement et encourage le recours à la violence n'a aucune légitimité pour assumer la moindre responsabilité politique", a-t-elle déclaré aux journalistes.

Jeudi 13 Décembre 2018

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