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​Le gouvernement libyen reconnu appelle l'ONU à agir face aux troubles

111 morts dans le sud de Tripoli depuis fin août dernier




Le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale (GNA) a demandé à l'ONU de prendre des mesures "plus fermes et plus efficaces" pour protéger les civils et arrêter les combats autour de la capitale qui ont fait plus de 100 morts depuis fin août.
Dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi, le GNA a appelé la mission de l'ONU en Libye à "placer le Conseil de sécurité (de l'ONU) devant la réalité des évènements sanglants en Libye pour qu'il assume sa responsabilité", notamment afin de "protéger" les civils.
Malgré un accord de cessez-le-feu conclu le 4 septembre sous l'égide de l'ONU, les affrontements ont repris cette semaine notamment dans le quartier de Salaheddine et sur la route de l'aéroport international de Tripoli, détruit en 2014 par des combats similaires.
Samedi matin, les combats marquaient une pause au lendemain d'une journée de violences ayant fait au moins 15 morts et des dizaines de blessés, a indiqué la porte-parole du ministère de la Santé, Wedad Abu Al-Niran.
Depuis le début des combats au sud de la capitale le 26 août, plus de 100 personnes ont été tuées, selon le gouvernement.
Le secrétaire général Antonio Guterres s'est dit "alarmé par le nombre croissant de violations de l'accord de cessez-le-feu" en Libye, dans un communiqué publié vendredi par son porte-parole Stéphane Dujarric.
Il a appelé les groupes armés à respecter l'accord et à "s'abstenir de toute action susceptible d'aggraver les souffrances de la population civile", selon ce communiqué.
"M. Guterres souligne que toute personne ayant violé le droit international humanitaire et les droits de l'Homme doit être tenue responsable" de ses actes, selon M. Dujarric.
Les combats opposent des milices venues notamment des villes de Tarhouna et Misrata (ouest) à des groupes armés tripolitains, sur fond d'une lutte d'influence acharnée pour dominer la capitale et contrôler les institutions et des richesses du pays plongé dans le chaos depuis la chute de régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Par ailleurs, les affrontements armés éclatés depuis fin août dans le sud de Tripoli ont fait au moins 111 morts, selon un nouveau bilan communiqué samedi par le ministère libyenne de la Santé.
"Les combats ont fait, depuis fin août, 111 morts, 518 blessés et un porté-disparu", a précisé le département des Affaires des blessés au ministère libyen de la Santé dans un communiqué, qui relève que 149 familles ont été également contraintes de fuir ces zones de conflit.
Il a de même souligné que quinze personnes, dont huit civiles ont été tuées et 59 autres blessées dans les combats de vendredi, ajoutant qu'un Libyen a été également porté disparu. Dans son dernier rapport, la mission de l'ONU en Libye (MANUL) a fait savoir que des tirs d'armes à feu, des bombardements et des explosifs abandonnés par la guerre ont été les principales causes de ces décès, mettant en garde les parties en conflit en Libye contre "l'utilisation de mortiers, d'armes indirectes et de bombardements aériens imprécis dans les zones habitées par des civils".

Libé
Lundi 24 Septembre 2018

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