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​Le confinement a trop pesé sur le pouvoir d’achat

Bien de ménages ont dû se passer de produits alimentaires de première nécessité pourtant



​Le confinement a trop  pesé sur le pouvoir d’achat
Dix produits de base ont concentré les effets de Covid-19 sur les dépenses alimentaires des ménages marocains. Cette observation faite par le Haut-commissariat au plan, pendant le confinement sanitaire, concerne la farine et céréales, les légumes, les fruits, les légumineuses, les viandes rouges, les viandes blanches, les poissons, le lait et produits laitiers, les huiles et, enfin, le sucre.

Réduction des dépenses
 alimentaires

D’après les résultats de l’enquête du HCP inclus dans le 2ème panel sur l’impact du coronavirus sur la situation économique, sociale et psychologique des ménages, 3 ménages sur 10 (30%) ont gardé le même niveau de dépenses pour l’ensemble de ces 10 produits.  Pour un ménage sur 5 (19,6%), le niveau de dépenses a connu une hausse pour au moins un de ces 10 produits et une baisse pour plus d’un ménage sur 2 (55%). Plus de 3 ménages sur 10 (31,2%) ont réduit leurs dépenses allouées aux fruits et plus d’un ménage sur 4 aux viandes rouges (28,3%) et au poisson (27,8%). En outre, 20,8% des ménages ont vu leurs dépenses en achat de viandes blanches baisser, 19,5% celles des légumes, 18,7% de la farine et céréales et 16,4% des légumineuses. La réduction des dépenses a quant à elle été moins consistante pour le lait et produits laitiers (13,1%), pour les huiles (9,2%) et pour le sucre (8,2%).
Les ménages ruraux ont été plus touchés par la baisse des dépenses alimentaires que les citadins, en particulier pour certains produits. Les écarts sont de 8,3 points pour les légumes (25,2% parmi les ruraux contre  16,9  %  parmi  les  citadins),  de  7,5  points  pour  les  fruits  (36,4%  contre  28,9%),  de  6,4  points  pour  les  farines  et  céréales  (23,1%  contre  16,7%),  de  6  points  pour  les  légumineuses  (20,5%,  contre  14,5%),  de  5,1  points  pour  les  viandes  blanches  (24,3%,  contre  19,2%),  de  3,9  points  pour  les  poissons  (30,5%  contre  26,6%), de 3,5 points pour les viandes rouges (30,7% contre 27,2%), de 3,8 points pour les huiles (11,8% contre 8%), de 3,3 points pour le sucre (10,5% contre 7,2%) et, enfin, de 1,8 point pour le lait et produits laitiers (14,3%  contre  12,5%). 
S’agissant des baisses les plus fortes, elles ont été enregistrées parmi les 20% des ménages les plus pauvres. 40,4% d’entre ces derniers ont déclaré avoir réduit leurs dépenses d’acquisition des fruits, contre 15,5% parmi les 20% les plus aisés. Concernant les autres produits alimentaires, ces proportions sont de 32,8% contre 22% pour les viandes rouges, de 32,2% contre 20,5% pour les poissons, de 28,8% contre 10,8% pour les viandes blanches, de 27,6% contre 7,7% pour les farines et céréales, de 27,3% contre 9,4% pour les légumes, de 25,3% contre 9% pour les légumineuses et, enfin, de 18,4% contre 8,8% pour le lait et produits laitiers. 

Le manque de ressources
 financières en cause 

Si les dépenses alimentaires ont baissé, c’est bien évidemment à cause du manque de ressources financières. C’est en tout cas ce qu’ont déclaré 27% des ménages marocains. Cette proportion est de 23% pour les viandes rouges, 18% pour les viandes blanches, 17% pour les légumes, 16% pour la farine et céréales, 16% pour les poissons, 12% pour le lait et produits laitiers, 11% pour les légumineuses, 7% pour les huiles et 7% pour le sucre. En revanche, la baisse des dépenses allouées aux poissons est attribuée à l’insuffisance de l’offre selon 5% des ménages marocains et à l’augmentation des prix (5%).
Pour sa part, le recul des dépenses des fruits a pour cause, entre autres, l’augmentation des prix selon 3% des ménages (2% en milieu urbain et 5% en milieu rural). Cette proportion est de 1% pour les légumes (3% en milieu rural et 0,5% en milieu urbain). A contrario, le recul des dépenses des légumineuses est un choix délibéré de 3% des ménages interrogés (3% en milieu urbain et 2% en milieu rural). 
Au cours du mois prochain, la tendance ne risque pas de s’inverser. 82% des ménages ayant réduit leurs dépenses alimentaires s’attendent à une continuation de cette baisse. Cette perception est certaine pour 24% des ménages et probable pour 58%. Ces proportions sont respectivement de 80%, 26% et 54% en milieu urbain et de 85%, 20% et 65% en milieu rural. Ladite perception négative va de 75% pour les poissons, 19% certainement et 56% probablement, à 78% pour les viandes rouges et les fruits, 21% certainement et 57% probablement, à 87% pour les huiles, 28% certainement et 59% probablement, et à 88% pour le sucre, 29% certainement et 59% probablement.  En revanche, 6,5% des ménages ayant réduit leurs dépenses alimentaires s’attendent à une hausse de ces dépenses au cours du mois prochain, 7% en milieu urbain et 5,8% en milieu rural.

Des engagements financiers 
moyennement respectés 

Toujours selon le Haut-commissariat au plan, les frais de scolarité et les crédits de consommation sont les engagements les moins honorés. Le loyer et la dette auprès de l’épicier les plus négociés. Et enfin les crédits de logement les plus respectés. Ainsi parmi les 6,7% de ménages ayant contracté un crédit bancaire pour l’acquisition de logement, plus de la moitié (52,4%) ont payé, sans difficulté, leurs traites, 14,9% avec difficulté, 11,1% ont négocié le report des échéances alors que 21,6% n’ont pas pu honorer leurs engagements. 
S’agissant des crédits de consommation, parmi les 9,2% de ménages ayant contracté un crédit de consommation, 37,6% ont réussi à respecter les échéances sans difficulté (43,6% en milieu urbain et 20,6% en milieu rural), 16% avec difficulté, 17,9% sont arrivés à un compromis avec les institutions de crédit alors que 28,5% étaient incapables de payer leurs traites. En ce qui concerne les 11% de ménages ayant des membres scolarisés dans le secteur privé, 34,5% n’ont pas pu s’acquitter de leurs frais de scolarité 30,9% les ont payés sans difficulté, 14,2% avec difficulté et 20,4% en ont payé une partie et ont réussi à négocier des facilités pour les montants restants. 
Par ailleurs, sur le cinquième (20,3%) de ménages locataires, un quart (26%) n’a pas pu payer le loyer et un cinquième (21,3%) a réussi à négocier un rééchelonnement. Un peu moins du quart (23,7%) a honoré ses engagements en payant le loyer mais non sans éprouver de grandes difficultés. Les redevances d’eau et d’électricité ont été payées sans difficulté par 39,7% des ménages et avec difficulté par 26,9%, tandis que le quart (25,5%) n’a pas pu s’en acquitter dont 26,7% parmi les citadins et 22,6% parmi les ruraux. Les 7,9% restants ont négocié des facilités de paiement. 
20% des ménages ayant une dette auprès des épiciers suite à l’acquisition, à crédit, de biens de consommation, n’ont pu honorer leurs dettes, 21,4% en milieu urbain et 16,8% en milieu rural. 24% les ont payées sans difficulté, 22,3% avec difficulté et 33,9% ont pu négocier des facilités de paiement. 
Parmi les 48,6% de ménages concernés par des consultations, des suivis médicaux ou des traitements réguliers (51% des citadins et 43,4% des ruraux), 17,5% n’ont pas pu couvrir leurs frais (14,3% urbains et 26% ruraux), 39,5% les ont payés difficilement (37,7% urbains et 44,3% ruraux) et 3,2% ont réussi à obtenir des facilités de paiement.
A l’avenir, et notamment au cours des trois prochains mois, 81,4% des ménages prévoient de payer leurs redevances d’eau et d’électricité contre 66,6% pendant le confinement ; 69,2% contre 52% pour le loyer ; 69,5% contre 53,6% pour les crédits de consommation; 61,7% contre 46,4% pour les dettes contractées auprès des épiciers et 57,2% contre 45,2% pour les frais de scolarité. Ces prévisions demeurent modestes pour d’autres engagements tels que les crédits d’habitat, 70,6% contre 67%, et les frais médicaux, 83,8% contre 79,2%.`

C.E.
Vendredi 24 Juillet 2020

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