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​La mémoire casablancaise mise à mal par des visées spéculatives

La villa Mauvillier rasée de la carte en plein confinement




​La mémoire casablancaise mise  à mal par des visées spéculatives
« Le monde post-Covid sera meilleur », a-t-on eu pour habitude d’entendre ces derniers temps. Malheureusement, force est de constater qu’à peine avons-nous mis un pied dans ce soi-disant meilleur etnouveau monde, que l’on commence déjà àêtre nostalgique du précédent. Déjà parce que, avant, la villa Mauvillier existait encore. Ensuite, car le projet de destruction de cette bâtisse, style Art déco, signée par l’architecte Gustave Cottet, n’aurait certainement pas pu voir le jour si la vigilance de la société civile n’était pas obnubilée, à raison, par la lutte contre le coronavirus et les mesures y aidant, dont le confinement.
Du coup, à présent, Casablanca se retrouve amputée de l’un de ses plus vieux monuments. Il ne restait plus que douze petites années à la villa Mauvillier, construite en 1932, pour fêter son centenaire. Au lieu de quoi, la bâtisse située au croisement des boulevards d’Anfa et de Zerktouni a été sans crier gare enfouie à jamais dans les méandres du passé. Seuls les photographies et les souvenirs des uns et des autres pourront désormais la ressusciter et lui redonner un souffle de vie. Une situation aux antipodes du sort qui aurait dû lui être réservé, à savoir faire partie «d’un dossier de sauvegarde réalisé par l’Agence urbaine à l’instar de la zone relevant de la préfecture de Sidi Belyout », s’insurge l’AssociationCasamémoire dans un communiqué. Pis, l’Association qui vise la promotion et la sauvegarde du patrimoine architectural du XXᵉ siècle de la capitale économique ne comprend toujours pas « comment l’agence a elle-même autoriséla démolition ». Et ce n’est pas tout. Les griefs de Casamémoiresont légion.
Sans aucune prétention, les membres de l’Association sont restés interdits face à l’absence de concertation avec la société civile et notamment Casamémoire. Un reproche légitime puisque « nous faisons partie de la commission de pilotage relative à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine du grand Casablanca créée par sa Majesté le Roi Mohammed VI en 2015 », précise ledit communiqué. Entre-temps, les réunions se sont multipliées. Une étude a même été lancée par l’Agence urbaine de Casablanca (AUC) dédiée à l’élaboration d’un plan de sauvegarde et de valorisation du patrimoine architectural, urbain et paysager du cœur historique de la métropole dont l’arrondissement de Sidi Belyout duquel relève la villa Mauvillier. De toute évidence, il n’y avait pas de place pour cette dernière entre les 2000 unités bâties et à peu près 30 espaces urbains, appartenant à différents héritages liés aux grands courants urbanistiques et architecturaux (Néo-moresque, Art déco, moderne, post-moderne, international…) et constituant l’inventaire inhérent à cette démarche.
Maintenant que la villa Mauvillier a été détruite, quid des immeubles Art déco que l’on doit au célèbre architecte Gustave Cottet ? Leur réserve-t-on le même sort ? Une démolition sans autorisation? Dorénavant, la crainte que le cauchemar se répète concernant l’immeuble Escot (1929), à l’angle de la rue Oudjari et de la rue Abdellah El Mediouni (ex-Coli), ou encore à l’immeuble Domerc (1934), à l’angle des rues de Karatchi et Mohamed Laaroussi, prend forme. Sans oublier le mythique immeuble situé sur le rond-point Mers Sultan et la rue Hadj Omar Riffi.
Bref, vous l’aurez compris, dans ce nouveau monde, les autorités locales ne laissent que peu de place à l’histoire. Une manière de rappeler qu’il leur est plus facile de détruite que de rénover comme en atteste la Casablancaise. Anciennement nommé Stade Lyautey, ce stade au cœur de la capitale économique aurait dû faire peau neuve depuis plusieurs mois. Les travaux de réhabilitation ont été lancés en septembre 2018 pour une livraison prévue 18 mois plus tard, soit début 2020. Or, au moment où l’on écrit ces lignes, la Casablancaise est toujours aussi délabrée. Et ce n’est pas demain la veille que cela risque de changer et la nostalgie de s’estomper. Normal, celle-ci refait toujours surface lorsque le présent n’est pas à la hauteur du passé.

Liste des bâtiments inscrits au bulletin officiel

 1.Inscription des façades de l'immeuble Bessonneau : arrêté n° 411.00 du 14 mars 2000 – Bulletin officiel n°4795 du 15 mai 2000.
   2. Inscription de l’Aquarium : arrêté n°1.299.03 du 27/06/2003 – Bulletin officiel n°5134 du 14/08/2003.
   3. Inscription du Jardin Merdoukh (Murdoch) : arrêté n°1.300.03 du 27/06/2003 – Bulletin officiel n°5134 du 14/08/2003.
   4. Inscription des Abattoirs municipaux : arrêté n°1.301.03 du 27/06/2003 – Bulletin officiel n°5134 du 14/08/2003.
   5. Inscription du Palais de la foire : arrêté n°1.302.03 du 27/06/2003 – Bulletin officiel n°5134 du 14/08/2003.
   6. Inscription de la Villa Violetta : arrêté n°1.303.03 du 27/06/2003 – Bulletin officiel n°5134 du 14/08/2003.
   7. Inscription  de la Villa les Tourelles : arrêté n°1.303.03 du 27/06/2003 – Bulletin officiel n°5134 du 14/08/2003.
   8. Inscription de la Villa Suissa : arrêté n°1.303.03 du 27/06/2003 – Bulletin officiel n°5134 du 14/08/2003.
   9. Inscription de la Villa dite Rouge : arrêté n°1.302.03 du 27/06/2003 – Bulletin officiel n°5134 du 14/08/2003.
  10. Inscription de la Villa dite Ronde : arrêté n°1.299.03 du 27/06/2003 – Bulletin officiel n°5134 du 14/08/2003.
  11. Inscription de l’Eglise « Sacré Cœur » : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  12. Inscription  du Bâtiment de la Poste : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  13. Inscription du Bâtiment de la Trésorerie régionale : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  14. Inscription du Siège de la Wilaya : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  15. Inscription du Palais de Justice place Mohammed V : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
16. Inscription du Siège de la Banque commerciale du Maroc Bd Driss Lahrizi : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  17. Inscription du Siège de la Banque du Maroc : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  18. Inscription du Bâtiment de la Préfecture du Mechouar : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  19. Inscription du Marché central : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  20. Inscription de l’Immeuble Maret : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  21. Inscription de l’Immeuble El Glaoui : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  22. Inscription de l’Immeuble Maroc Soir : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  23. Inscription de l’Immeuble Assayag : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  24. Inscription de l’Hôtel Volubilis : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  25. Inscription de l’Hôtel Excelsior : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin officiel n°5166 du 04/12/2003.
  26. Inscription de l’Hôpital 20 Août : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  27. Inscription du Siège Régie des Tabacs : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  28. Inscription du Bâtiment du Comptoir métallurgique : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  29. Inscription de la Poste des Habous : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  30. Inscription de l’Arrondissement Militaire : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  31. Inscription du Quartier Bousbir : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  32. Inscription de Lycée KhnataBentBekkar : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  33. Inscription de Lycée Khawarizmi : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  34. Inscription du Lycée Ibn Toumart : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  35. Inscription du Collège El Castallani : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  36. Inscription de l’Ecole Internationale : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  37. Inscription de l’Ecole Al Azhar : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  38. Inscription de l’Immeuble Tazi : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  39. Inscription de l’Immeuble “les Studios”: arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  40. Inscription de l’Hôtel Transatlantique : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  41. Inscription du Lycée Mohamed V : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  42. Inscription de l’Immeuble Shell : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  43. Inscription de l’Immeuble Ben Dahane : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin officiel n°5209 du 03/05/2004.
  44. Inscription de l’Immeuble Sony  :arrêté n°1386/05 du 07/7/2005 – Bulletin officiel n° 5345 du22/8/2005
  45. Inscription de l’Immeuble sis au 48, Rue Taher Sebti  :arrêté n°1386/05 du 07/7/2005 – Bulletin officiel n° 5345 du22/8/2005
  46. Inscription de l’Immeuble Neptune : arrêté n°1386/05 du 07/7/2005 – Bulletin officiel n° 5345 du22/8/2005
  47. Inscription de l’Immeuble La Princière :   arrêté n°1386/05 du 07/7/2005 – Bulletin officiel n° 5345 du22/8/2005
  48. Inscription de l’Hôtel Majestic : arrêté n°68.06 du 30/12/2005 – Bulletin officiel n° 5392 du02/02/2006
  49. Inscription de la Pharmacie Centrale :  arrêté n°68.06 du 30/12/2005 – Bulletin officiel n° 5392 du02/02/2006

Chady Chaabi
Mercredi 17 Juin 2020

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