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​L’OIT met à nu la faiblesse de la couverture sanitaire nationale

Un niveau en deçà de celui des pays proches




​L’OIT met à nu la faiblesse de la couverture sanitaire nationale
Quand bien même ce serait possible, il est encore tôt d’estimer que le monde s’achemine vers une protection universelle de la santé. A en croire la dernière étude de l’Organisation internationale du travail (OIT) intitulée «Résoudre la crise sanitaire mondiale: politiques universelles de protection de la santé», on en serait encore loin.
Selon cette étude, qui révèle d’importantes lacunes dans la couverture sanitaire, près de 40% de la population serait encore privée de toute couverture sanitaire à l’échelle mondiale. 
Au Maroc, la couverture de santé en pourcentage de la population totale était de 42% en 2011, alors que le taux des dépenses totales de santé représentait 58%.
Dans la région Nord-Afrique, l’étude note que la proportion de la population affiliée aux services de santé nationaux, aux régimes sociaux, privés ou micro-assurance est de 55,2%. Tandis que la couverture de santé et la pauvreté juridique se situent entre 50 et 60%.
L’étude dont la publication coïncide avec la Journée de la couverture universelle de santé, célébrée vendredi 12, révèle aussi que « 80% de la population dans 44 pays ne disposent d’aucune protection en matière de santé et sont donc privés de leur droit à la santé ».
Qu’on ne s’y trompe pas, les mêmes carences ont aussi été observées en Asie et en Amérique latine. L’OIT cite le cas de l’Inde où plus de 80% des habitants ne bénéficient d’aucune couverture de protection en matière de santé. Mais aussi de l’Azerbaïdjan, du Bangladesh, d’Haïti, de Honduras ou encore du Népal. En détail, l’étude montre que les zones rurales sont les plus négligées, soulignant que « 56% de la population mondiale vivant en zone rurale n’ont pas accès à la couverture de la protection de la santé, contre 22% de la population 
urbaine ». 
L’OIT précise qu’en termes de couverture, les plus fortes inégalités et disparités entre zones rurales et urbaines ont été observées en Afrique et en Asie-Pacifique.
Les nombreux obstacles à la couverture sanitaire sont bien connus. A ce propos, l’OIT « dénonce un fort appauvrissement lié aux dépenses privées en matière de santé qui font obstacle à l’accès aux soins de santé » et déplore que « dans de nombreux pays, 75% des dépenses totales de santé incombent à des ressources privées sous forme de reste à charge, ce qui a conduit à un profond appauvrissement et augmente avec le niveau de population vivant au-dessous du seuil de pauvreté ».
La coordinatrice des politiques de santé à l’OIT, Xenia Scheil-Adlung, constate sur le site Internet de l’organisation que « ce sont les plus pauvres avec les plus importants besoins qui souffrent le plus de devoir assumer directement une partie des dépenses de santé».
La pénurie des personnels de santé, souvent mal rémunérés, constitue l’autre facteur déterminant de cette crise mondiale de la santé, estime l’OIT, tout en soulignant que les populations rurales sont les plus affectées par cette pénurie. 7 millions de professionnels de santé feraient défaut  dans ces zones, selon l’OIT.
L’OIT estime qu’à l’échelle mondiale, «il faudrait environ 10,3 millions de professionnels de santé supplémentaires pour combler la pénurie actuelle et assurer la fourniture de soins de santé universels ».
Il faut aussi dire, constate Isabel Ortiz, directrice du département de la protection sociale de l’OIT, que «depuis des décennies, les systèmes publics de santé ont été sous-financés et n’ont pas pu se développer correctement dans les pays à bas revenu ou à revenu intermédiaire. Des solutions ponctuelles comme les petits programmes verticaux (de vaccination par exemple) sont insuffisantes. Les pays ont besoin que l’on investisse dans des systèmes de santé universels».
La bonne nouvelle, c’est que quel que soit le niveau de revenu du pays, l’OIT pense qu’il est possible de s’acheminer vers la protection universelle de santé. A condition que «les pays soient engagés à appliquer pleinement les droits à la santé, à minimiser les trop lourds paiements à la charge du patient et à garantir la présence en nombre suffisant de professionnels de santé qualifiés et convenablement rémunérés », conclut l’OIT. 

Alain Bouithy
Samedi 13 Décembre 2014

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