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​Khalid Boutayeb, responsable de la direction du pèlerinage au ministère des Habous et des Affaires islamiques

Les autorités ont opté pour la pondération dans leur engagement concernant le Haj




Le responsable de la 
direction du pèlerinage 
au ministère des Habous et 
des Affaires islamiques met 
l'accent, dans un entretien 
à la MAP, sur les procédures et les mesures organisationnelles prises par le département de tutelle concernant le 
pèlerinage de la saison 1441 de l’Hégire, suite à la décision de l'Arabie Saoudite 
de l'organiser  
avec un nombre très limité 
de pèlerins en raison 
de la pandémie du nouveau coronavirus.


Quelles sont les données statistiques du pèlerinage pour l'année 1441 de l’Hégire? 
Le quota des pèlerins marocains était limité à un total de 34.000 pèlerins, dont 22.500 faisant partie de l'organisation officielle et 11.500 autres répartis sur 206 agences de voyage, qui ont été autorisées à organiser le pèlerinage. Le nombre des inscrits au tirage du Hajj a atteint 240.765, dont 154.355 personnes pour l'organisation officielle et 85.801 pour les agences de voyage.
Pour ce qui est des citoyens qui ont payé les dépenses de la première phase, ils sont au total de 21.431, dont 14.260 de l'organisation officielle et 7.171 pour l'organisation par les agences de voyage.
Concernant le nombre total des membres des délégations marocaines, il a atteint les 800, dont 453 encadrants et accompagnateurs des pèlerins de l'organisation officielle, y compris 180 encadrantes et accompagnatrices.

Comment le ministère a-t-il réagi à la décision des autorités saoudiennes de maintenir le pèlerinage avec un nombre très limité de pèlerins parmi les personnes qui résident dans le pays ?
Le ministère des Habouds et des Affaires islamiques a pris très tôt toutes les mesures nécessaires pour l'organisation du pèlerinage de l'année 1441 de l’Hégire, à travers la tenue d'une réunion avec le ministre saoudien du Pèlerinage en décembre 2019 et la signature d'un accord sur les bases et les préparatifs pour la saison de pèlerinage. De même, plusieurs rencontres ont été tenues avec différentes parties saoudiennes et des procès-verbaux ont été signés concernant les services offerts dans le cadre du pèlerinage.
En outre, une réunion de la commission Royale chargée du pèlerinage a été tenue le 17 février 2020 et a été sanctionnée par plusieurs décisions encadrant l'organisation du pèlerinage. Il a été procédé à la coordination avec les délégués des affaires islamiques pour choisir des encadrants et des accompagnateurs selon le quota de chaque commune et province.
Par ailleurs, 73% des encadrants et accompagnateurs désignés avaient déjà participé à cette opération et ont fait preuve de hautes compétences et d'une bonne performance, de même qu'ils ont acquis une expérience importante dans ce domaine.
Aussi, des cycles de formation ont été organisés en faveur de ces encadrants et accompagnateurs afin qu'ils puissent appréhender la nature de leur mission, s'informer de toutes leurs tâches tout au long de la période du pèlerinage et des programmes de stages ont été mis en place au niveau local à partir du mois de mars 2020. Cependant, la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus dans le monde, la déclaration de l'état d'urgence sanitaire au Maroc et l'instauration des mesures de précaution et de prévention  ont entraîné le report de la mise en oeuvre du programme des sessions de formation des pèlerins et de toutes les réunions de communication et d'encadrement, l'arrêt du processus d'encaissement des dépenses du Hajj de la part de l'organisation officielle et des agences, l'annulation de la deuxième phase de paiement des frais de pèlerinage, généralement consacrée au remboursement des pèlerins qui se sont désistés lors de la première phase de versement des frais (du 2 au 13 mars 2020).
De plus, les autorités ont opté pour la pondération avant de prendre tout engagement concernant le Haj de l'année 1441 sur la base d'un communiqué parvenu au ministère en mars 2020 de la part du ministère saoudien du Hajj. Elles ont également fait le suivi de toutes les décisions liées à l'organisation du pèlerinage jusqu'à ce que les autorités saoudiennes prennent la décision d'organiser un pèlerinage cette année de manière sûre et saine, avec un nombre très limité de citoyens saoudiens et de ressortissants étrangers résidant en Arabie Saoudite représentant différentes nationalités en raison de la propagation de la pandémie de coronavirus (Covid-19).
Dans ce contexte, le ministère, tenant compte des enseignements de l’Islam visant à préserver la vie humaine, a invité les membres de la Commission Royale chargée du pèlerinage à tenir une réunion extraordinaire le 23 juin 2020, au cours de laquelle il a été décidé de :
1 - Rembourser les frais du Hajj déposés précédemment dans les agences d’Al Barid Bank, que ce soit par les retenus dans la liste de l’organisation officielle ou dans la liste des agences de voyages touristiques, au cours de la période allant du 1er au 24 juillet, tout en appelant les citoyens concernés au plein respect des règles et conditions en vigueur dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire et des mesures préventives et de précaution.
2 - Maintenir pour la saison 1442 de l’Hégire (2021) les résultats du tirage au sort (listes des retenus et listes d’attente de l’organisation officielle et des agences de voyages touristiques) de la saison 1441 de l’hégire (2020).
3 - La Commission Royale chargée du pèlerinage se réunira à la fin de l’année. Le paiement des frais du prochain Hajj sera effectué dans le délai qui sera annoncé, pour affirmer la volonté constante d’accomplir ce rituel. Il sera également procédé, après la fin du délai de paiement, au remboursement de ceux qui ont abandonné selon les listes d’attente.

Comment le ministère a-t-il agi envers les citoyens dont le voyage  aux Lieux Saints  a été reporté ?
 Depuis que le Maroc a décrété l'état d'urgence sanitaire le 20 mars 2020, le département du Hajj a reçu, chaque jour, plusieurs appels téléphoniques de futurs pèlerins, exprimant leur peur et leur incapacité d'effectuer les rites à la lumière de la pandémie, tout en demandant leur maintien dans la liste des retenus pour la saison suivante, d'autant plus que plus de 60% des candidats au Hajj sont âgés de plus de 60 ans et que près de 15% ont plus de 80 ans, dont un bon nombre souffre de maladies chroniques.
La pandémie du coronavirus a imposé des restrictions de circulation des personnes, la fermeture des frontières et des conditions spécifiques à la circulation. Toutes ces mesures ont permis à la plupart des futurs pèlerins de se préparer psychiquement à accepter toute décision qui ne leur permettrait pas d'accomplir les rites du Hajj, d'autant plus que les autorités saoudiennes ont cessé de délivrer des visas pour la Omra, y compris celle du mois de Ramadan.

Vendredi 24 Juillet 2020

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