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​Document-évènement : Plateforme d’orientation pour l’encadrement du dialogue ittihadi concernant la conjoncture actuelle

Perspectives d’avenir : La pandémie de Corona, une opportunité pour le lancement d’un modèle de développement sur des bases saines





Préambule

Durant plus de  trois mois, le monde entier s’est trouvé acculé à un mode de vie fait d’isolement et de confinement sanitaire afin de parvenir à contourner  la pandémie de Covid-19. La plupart des gouvernements  ont de ce fait opté pour l’adoption de l’état d’urgence et de fermeté dans l’application des dispositions et des mesures préventives.
Il s’agit d’une expérience sociétale et humaine inédite qui m’a poussé à œuvrer en partant du réel tel que nous le vivons tous dans nos foyers. Je présente là ma contribution en souhaitant qu’elle soit suivie de bien d’autres à même d’enrichir le dialogue au sein de notre parti.
Par cette contribution, je vise à informer l’opinion publique nationale et à travers elle tout le paysage partisan de la vision que je propose.
Cette pandémie a démontré à travers le monde que les risques que nous nous préparions à affronter et pour lesquels nous nous armions en vue de nous en prémunir ne sont pas de vrais risques ou, pour le moins, ne constituent pas ces dangers qui pourraient représenter une menace d’éradication  de l’humanité.
La plus  grande menace pour notre vie vient aujourd’hui d’une molécule microscopique qui ne distingue ni entre le pauvre et le riche, ni entre le blanc et le noir, et ne reconnaît pas non plus les frontières. Si elle nous attaque donc, c’est parce que nous sommes des humains.
Aussi toute guerre contre ce virus doit-elle englober les efforts collectifs de l’humanité toute entière. Et cela ne peut se faire qu’à travers l’unification de nos rangs au niveau de la recherche scientifique, des échanges logistiques  de la consultation et de la gestion économique et sociale.
Mais ce qu’il nous a été donné de remarquer durant les premières semaines au niveau mondial, une confusion tant au niveau des gouvernements qu’à celui des alliances et même au niveau de l’Organisation mondiale de la santé, de l’Organisation des Nations unies, du Conseil de sécurité et de toutes les organisations parallèles. Et c’est ce qui prouve que nous ne sommes pas qualifiés pour gérer ce genre de dangers et nous ne sommes pas encore parvenus à surpasser notre égoïsme individuel ou national,  surtout avec le développement au cours de cette dernière décennie, du chauvinisme et du racisme au sein des sociétés des grandes puissances.
Cette pandémie a des répercussions plus importantes que celles qui découlent des guerres  et des crises économiques. Elle nous permet d’interpeller nos organisations mondiales ou continentales qui ont été incapables, à bien des égards, de gérer  cette crise.
Si l’humanité a créé la Société des nations  pendant la Première Guerre mondiale pour éviter les guerres en Europe avant de l’avoir développée pour qu’elle devienne Organisation des Nations unies après la Seconde Guerre mondiale dans le but de tourner la page de l’impérialisme et de répandre  les valeurs des droits de l’Homme et des libertés, aujourd’hui nous avons grand besoin de développer de nouveau ce cadre au niveau de sa structure, ses prérogatives et ses buts. Nous avons  besoin d’un nouveau pacte mondial qui va au-delà de la défense des droits politiques, socioéconomiques ou culturels pour s’étendre à la défense de la planète et des générations montantes. Sinon…
Sinon, cette pandémie  risque de porter un coup fatal à une Organisation qui ne cesse de faire  l’objet  de critiques condamnant son incapacité à défendre les valeurs pour lesquelles elle a été créée. C’est pourquoi je vais œuvrer et plaidoyer dans ce sens à travers l’Internationale socialiste et l’Alliance progressiste. 
Pour ce qui est de l’économie mondiale, il semble que nous soyons en plein dans une crise unique en son genre puisqu’elle  a été sciemment  déclenchée par les pays du monde. Pour  notre part, nous considérons  le droit à la vie comme étant le droit suprême par rapport à tout autre.
La particularité réside dans le fait qu’il s’agit d’une crise d’offre et de demande en même temps. C’est d’ailleurs ce qui en fait la plus grande crise qu’ait connue le monde durant les cent dernières années. A telle enseigne que même les grandes  puissances s’apprêtent à vivre des jours difficiles d’autant plus que le FMI et certains gouvernements prévoient une stagnation économique qui pourrait être de -8% dans la zone euro et -14% en Grande-Bretagne, en plus de perte d’emplois allant de 20 à 30% dans certains secteurs. C’est ce qui explique les politiques volontaristes adoptées par ces gouvernements et leurs banques centrales. Il  y en a même qui prônent des politiques économiques souveraines.
Cette introversion serait compréhensible et même nécessaire dans cette conjoncture de confinement sanitaire mais elle ne peut être permanente eu égard à l’inter-liaison qui caractérise l’économie des pays. Nous ne sommes pas contraints de choisir entre le libéralisme sauvage d’un côté et les politiques protectionnistes renfermées (chauvinistes) de l’autre. Il est par contre possible de revoir les réseaux de production à l’avenir en se représentant la nécessité d’assurer  un seuil minimum concernant certains produits d’autosuffisance et de constitution de stocks  des produits que l’on est dans  l’impossibilité de produire localement, de réduire l’empreinte carbone et délaisser l’agrément des marchandises bon marché au profit de celui de la qualité et de la durabilité du point de vue environnemental et social.
Nous suivons avec le plus grand intérêt l’impact de cette pandémie sur la société marocaine  et les efforts déployés par notre pays pour en circonscrire le développement dans la perspective de l’éradiquer.
Une simple lecture de certains rapports des organisations internationales et régionales d’Afrique ou du Moyen-Orient renseigne sur le grand développement du Maroc par rapport aux dispositions qu’il a annoncées et mises  en œuvre. C’est un constat doublement rassurant, et notre  pays disposant de moyens qui lui sont propres et qui nous permettent d’affronter les crises et le gouvernement étant conscient de la gravité de la situation.
Dès le tout début de la propagation du virus, l’Etat a assumé, sous la conduite de S.M le Roi, son cachet  social de manière remarquable. Ce qui a valu à notre pays d’être un exemple à travers le monde.
Les initiatives Royales ont grandement contribué  à éviter à notre pays  des drames qui auraient eu des conséquences désastreuses. Notre pays a positivement réagi aux rapports des organisations  internationales  (OMS, FMI, ONU, Banque mondiale) et ce avec raison et sagacité. Les initiatives Royales se sont succédé. S.M le Roi, dans le cadre  des  prérogatives que lui confère la Constitution en tant qu’Amir Almouminine, chef d’Etat, chef suprême et chef d’état major des FAR, a en effet lancé les initiatives nécessaires pour limiter la propagation du virus, ce qui a eu pour effet l’adhésion de toutes les composantes de la société pour contribuer aux efforts déployés dans ce sens.
Nous nous devons d’être fiers  de la création du Fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie du coronavirus pour assurer la prise en charge des dépenses  de mise à niveau du dispositif médical, soutenir  le pouvoir d’achat et aider les secteurs économiques  affectés et préserver les postes d’emploi. Et  grâce au magnifique élan de solidarité démontré par toutes les composantes du peuple marocain, les contributions ont dépassé de loin toute attente pour atteindre 33 milliards de dh (soit près de 3% du PIB). Comme il faut saluer la création du Comité de veille économique qui a pour mission de scruter les répercussions de la pandémie et de prendre l’initiative d’y remédier.
En cette conjoncture exceptionnelle, l’administration marocaine, toutes composantes comprises,  entre cadres et fonctionnaires, a démontré sa grande capacité à s’adapter  et à créer. Et, d’autre part, le dévouement et l’abnégation dans l’accomplissement des différentes tâches et missions. Et c’est ce qui nous change de ces doigts accusateurs qui visaient l’administration avant cette pandémie. Le confinement  sanitaire aura convaincu tout le monde de la grande importance du secteur public et par là de son rôle vital et que le secteur privé ne peut assurer.
Un grand merci donc à tous les intervenants dans le secteur de la santé, de l’hygiène, de la sûreté, aux autorités locales et à celles et ceux qui veillent au fonctionnement  des infrastructures et de la logistique et qui risquent leur vie pour nous protéger et assurer nos besoins. Elles toutes et eux tous méritent  amplement qu’on leur accorde plus d’intérêt et qu’on  pense à récompenser leurs efforts.
Dans ce contexte, il convient de rappeler la situation des Marocains bloqués à l’étranger sans oublier les efforts  déployés par les consulats du Royaume pour leur venir en aide. Mais la longue durée du confinement sanitaire et l’absence de vision quant à la réouverture des frontières  doivent inciter à une intervention dans les plus brefs délais pour leur rapatriement.
Le plan national multidimensionnel conçu par le Maroc n’aurait pu être concrétisé s’il n’y avait pas l’action responsable de l’Etat et la confiance que voue le citoyen aux institutions étatiques. C’est là une preuve de synergie entre l’Etat  avec ses différentes institutions et ses pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire qui veille à la protection de la vie et des intérêts  des citoyens.
Il faut bien s’employer à préserver cette trame et la prémunir contre toute tentative de nuisance d’autant que nous avons aujourd’hui l’opportunité d’une réédification sur des bases saines. L’occasion de  consolider les acquis et de renforcer la spécificité marocaine. Nous sommes  un pays aux affluents multiples solidement attaché à une vie digne et à des institutions constitutionnelles. Et c’est justement ce qui a été fait pour faciliter au gouvernement sa mission de gérer la crise. Une synergie et une coordination rares qui ont caractérisé  l‘action de ses différents secteurs. C’est là un capital qu’il ne faut en aucun cas dilapider à cause de tiraillements ou de petits calculs politiques qui constituent  une menace pour l’intérêt du pays.
En tant que socialistes démocratiques, nous avons institué comme slogan du projet au nouveau modèle de développement, et ce à l’issue de consultations et de réunions au sein d’un colloque international tenu en avril 2018 « Un Etat fort et juste et une société moderniste et solidaire ». Aujourd’hui alors que notre pays est à l’épreuve, tout le monde prend conscience  du sens d’un Etat fort et juste. Un Etat crédible qui veille à assumer ses responsabilités et à tenir ses engagements.
Et des institutions déterminées à accomplir leur mission, quelles que soient les circonstances. Tout le monde prend également conscience du sens d’une société moderniste et solidaire : Des catégories sociales solidaires, abstraction faite de leur appartenance de classes, géographique ou de genre.
La subjectivité n’a pas lieu d’être, quelle qu’en soit la nature. Nous nous devons aujourd’hui de constituer une alliance nationale sans en excepter personne (majorité et opposition, partis et syndicats, associations et individus). Une alliance qui se doit de constituer un bloc uni pour consentir les sacrifices nécessaires en vue d’une sortie de crise.
En tant que démocrates, imprégnés des valeurs de liberté et des droits de l’Homme, nous sommes contrariés par cette situation imposée  par le confinement sanitaire avec ce qui en découle comme réduction effective de la liberté  de prise d’initiative et de mouvement, mais nous ne nous en sommes pas moins conscients du fait que le droit à la vie et le devoir de défendre la pérennité de cette nation  et de l’humanité entière nous obligent tous à consentir quelques concessions circonstancielles dans l’espoir de voir le pays prendre le dessus sur cette pandémie. Notre satisfaction trouve sa justification dans cette méthode civilisée adoptée par les  autorités locales dans la gestion du confinement et la vitesse d’exécution à l’actif du gouvernement et du Parlement pour mettre sur pied les lois et les décrets permettant de gérer cette étape de manière appropriée.
L’étape à venir est particulièrement délicate. Elle exige de nous de garder la même attitude consistant en le respect total des mesures préventives dictées et des dispositions et décisions institutionnelles  qui se rapportent à cet état d’urgence sanitaire tout en préservant  cette solidarité qui a régné entre les différentes catégories sociales.
Le recours par plusieurs  pays au déconfinement progressif n’a pas été si facile  qu’on le croyait. Il s’est même avéré plus complexe que l’instauration  du confinement.
Cela est essentiellement dû aux mesures et dispositions préventives exigées et cela de l’avis même des responsables du système de santé. Nous en citerons la stabilité de la situation pandémique, la baisse du nombre des nouveaux cas, la diminution du taux de reproduction du virus, R0, à moins 1, l’augmentation de la capacité d’accueil des hôpitaux, la disposition des moyens de surveillance  épidémiologique et du suivi des malades … Sans oublier, bien évidemment, l’adhésion de tout le monde aux mesures et gestes préventifs drastiques pour ce qui est de l’hygiène et de la distanciation sociale.
Notre pays connaît dans ce cadre un débat institutionnel et un débat public parallèle se rapportant à  deux principaux sujets. Le premier concerne la gestion de la crise dans la perspective de limiter la propagation du coronavirus, voire d’y mettre un terme. Et le second est en rapport avec les perspectives d’avenir pour l’après. Dans ce débat et à travers ces deux volets, de nombreuses idées ont surgi. Des idées que notre parti n’a cessé de défendre et qui constituent toujours l’essence de sa distinction.
Même si nous ne sommes pas en mesure de procéder à une évaluation objective d’une pandémie dont les contours n’ont toujours pas été clairement définis et dont les répercussions au niveau socioéconomique ne cessent de prendre de l’ampleur de temps à autre.
En tant que socialistes démocrates qui représentent constamment la logique scientifique et adoptent l’analyse concrète d’un vécu concret, nous pouvons faire part de quelques remarques au sujet de cette lutte dont la fin  n’est pas connue.
L’économie nationale à l’instar de celles des autres pays s’est  ressentie par ce qui a été causé par la pandémie telles  la cessation d’activité de milliers d’entreprises de différentes catégories (industrielles, agricoles,  de services…). Certaines institutions  nationales tel le Haut-commissariat  au plan, ont prévu une baisse de croissance pour cette année en partant en fait d’une période limitée  en comparaison avec celle liée au confinement sanitaire. La situation  est telle que le sort de cette pandémie ne concerne pas que notre pays mais l’ensemble de la communauté internationale. Nous ne pouvons de ce fait nous avancer dans des prévisions sur une évolution prise de la situation ni sur sa durée dans le temps. Nous sommes cependant sûrs que les conséquences seront  néfastes sur l’économie mondiale,  ce qui amplifiera la crise de l’économie nationale.

1- Préservation de 
la santé des citoyens 
et garantie d’une 
vie décente


« Cette pandémie n'est qu'une incitation qui nous met devant toutes nos responsabilités pour faire avancer ce secteur et tourner la page du passé marquée par les dysfonctionnements de la carte médicale, le manque de ressources humaines, les faibles capacités financières et la faiblesse de la couverture sociale ».
L’engagement de l’USFP dans la défense des droits sociaux des citoyens ne date pas de cette crise, mais il est enraciné dans notre culture et notre référentiel social-démocrate. Nous l’avons pratiqué quand nous étions aux commandes de la gestion de la chose publique, nous veillons à l’inclure dans nos programmes électoraux et nous l’avons considéré comme un pilier important dans notre conception du nouveau modèle de développement. Pour cela, nous ne traitons pas ici tous les secteurs sociaux, mais on va se focaliser sur les secteurs dont la pandémie a dévoilé l’importance et les lacunes.
A titre d’exemple, si le registre social unifié a été mis en place, il aurait été très facile et efficace d’orienter les aides vers les personnes qui en avaient besoin. Et si le nombre des médecins et des infirmiers était le double de ce qui existe actuellement, réparti équitablement sur tout le territoire national, cela n’aurait-il pas réduit l'impact de la pandémie sur les hôpitaux et ne nous aurait-il pas rendus plus confiants dans nos capacités sanitaires pour y faire face ?
Le système sanitaire
Aujourd'hui, nous nous rendons compte dans ces circonstances difficiles de l’utilité de permettre aux Marocains d'avoir un nouveau système de santé accessible à tous. Les déséquilibres du système de santé doivent être corrigés par l'adoption d'un système complet d'assistance médicale basé sur l'équité et la justice territoriale et l'adoption d'une vision globale dans la gestion du secteur de la santé qui ne soit pas être basée sur le modèle médical purement pathologique et thérapeutique.
Pour rappel, notre pays ne fait pas partie des pays qui ont des systèmes de santé solides et qui n'ont qu'à renforcer leurs capacités ou à augmenter leur capacité d’accueil pour faire face à une crise "passagère". Ces pays peuvent considérer l'investissement supplémentaire dans le secteur de la santé comme une priorité conjoncturelle. Par contre, nous, au Maroc, nous souffrons de faiblesses structurelles de notre système de santé. Par conséquent, cette pandémie n'est qu'une incitation qui nous met devant toutes nos responsabilités pour faire avancer ce secteur et tourner la page du passé marquée par les dysfonctionnements de la carte médicale, le manque de ressources humaines, les faibles capacités financières et la faiblesse de la couverture sociale.
Dans ce contexte, nous devons saisir cette opportunité pour élargir, d’une part, l'adhésion au système de sécurité sociale et pour inscrire, d’autre part, tous les autres groupes sociaux dans le système Ramed. Ce dernier a besoin de simplification des procédures d’adhésion et de mise à jour de ses informations et ce, dans le but de servir les intérêts des citoyens et préserver leur dignité. Nous avons besoin également de sensibiliser les bénéficiaires de leurs droits ainsi que le personnel des hôpitaux de leurs devoirs envers cette couche sociale.

Réseaux de 
sécurité sociale


Enfin, cette pandémie a résolu le «nœud» de l'aide sociale directe que nous demandions depuis des décennies. Aujourd'hui, même si le registre national unifié n’a pas encore été mis en place, les ministères des Finances et de l'Intérieur ont fait preuve d’une grande capacité de réaction face à cette pandémie et ont pu distribuer des subventions financières (en moyenne 1000 dirhams) à plus de quatre millions de ménages. Ce qui nous rassure sur la possibilité de mettre en place des réseaux de sécurité sociale ciblant les catégories sociales défavorisées ou vivant dans une situation précaire. Même au niveau du financement, les chiffres montrent que les montants requis sont raisonnables dans les limites du budget de l'Etat si la problématique de la Caisse de compensation a été réglée, et si l’on parvient à la fusion de plusieurs Caisses qui fournissent des subventions rentrant dans le même cadre, et ce après la clarification du statut des bénéficiaires et la mise à jour des informations les concernant.

Le système éducatif

La pandémie et le confinement sanitaire ont mis en évidence la capacité d’adaptation du système éducatif. Cela est dû aux efforts consentis par le ministère, les AREF, les universités et les professeurs. En plus de ses tâches habituelles, le confinement sanitaire a placé le système éducatif face à de nouveaux défis tels que l'enseignement à distance ou la recherche scientifique dans les domaines liés à la pandémie et ses répercussions. Cette crise sanitaire a mis en évidence le rôle primordial du système d'éducation publique, d'une part, et les limites des choix néolibéraux mis en place lors de ces dernières années, d'autre part. Nonobstant la confusion de certains patrons d'établissements privés et les problèmes d'égalité des chances pour l'accès à Internet et aux ordinateurs, l’école publique marocaine était au rendez-vous, que ce soit en termes de prise de décision au bon moment ou en termes de mobilisation de toutes les capacités techniques pour réussir l’expérience de l’enseignement à distance ou en termes de programmation des examens et de préparation de la prochaine rentrée scolaire.
Cela montre qu'une réforme est possible et que nous n'avons besoin que d'une volonté politique forte, d'une cohésion nationale et de notre responsabilité envers la génération montante. Cette conjoncture difficile a également démontré que l'enseignement supérieur public n'est pas seulement le sommet de la pyramide du système éducatif, mais qu'il doit plutôt être considéré comme le pilier qui contribue au progrès du pays, à la démocratisation de ses institutions et à l'édification d'une société moderniste dans laquelle règne la justice sociale. L'enseignement supérieur public participe à la production de nouvelles connaissances nécessaires pour développer les compétences nécessaires dont le pays a besoin, comme les médecins, les infirmières, les ingénieurs, les techniciens, les professeurs, les penseurs, les employés, les entrepreneurs, les artistes et autres.
Par conséquent, il est nécessaire de rappeler notre conception au sein de l’USFP à propos du système éducatif comme étant le principal moyen d’éducation et de formation des citoyens. Pour cela, nous considérons que la gratuité de l'enseignement est un droit du peuple marocain et un engagement et un contrat de l'Etat avec la société, et nous soulignons la nécessité de garantir la justice numérique et linguistique pour toutes les catégories du peuple marocain.
S’agissant de la question linguistique, nous plaidons pour le renforcement du statut culturel et moral des langues arabe et berbère, tout en s’ouvrant sur d'autres langues qui sont la clé de la science dans le monde d'aujourd'hui.
L’abolition des différences de classe passe par l'égalité des chances dans l'éducation pour permettre à tous d'obtenir les mêmes outils de connaissance de la même manière et par les mêmes moyens, tout en adoptant des programmes et des méthodes pour posséder des outils de pensée rationnelle et critique et mettre entre les mains de la nouvelle génération les moyens et les outils de son adhésion à la révolution scientifique actuelle et future.

2- Poser les jalons 
d’une nouvelle 
économie nationale


« Evidemment, nous ne demandons pas d’appliquer des plans préparés d’avance par les institutions internationales, mais nous espérons que la créativité du Marocain ferait ses preuves encore fois dans ce domaine et que le capital national -avec le soutien de l’Etat- pourrait développer quelques expériences embryonnaires en vue d’améliorer les conditions de vie, de créer les postes de travail et de diminuer la pauvreté et l’immigration ».
Vu que nous sommes devant une crise économique sans précédent, à la fois une crise de l’offre et de la demande, en sortir dans le cas du Maroc tout particulièrement ne peut se faire via une politique de relance économique traditionnelle consistant à verser des fonds dans le système financier et à aider les entreprises en détresse. Nous sommes appelés aujourd’hui plus que jamais à mettre fin aux pratiques du passé.
La priorité accordée à faire face aux risques de liquidité ne doit pas cacher d’autres risques qui nous guettent
La fermeture totale et inopinée du pays, qui était et est toujours nécessaire pour la préservation de la vie des citoyens, a impacté la majorité des entreprises marocaines  et affecté leur capacité à faire face aux risques de liquidités. Pour cette raison, la réaction du gouvernement à travers « le Comité de veille économique » était judicieuse et vitale pour atténuer ces risques.
Cependant, nous ne devons pas nous contenter de cela et nous devons nous focaliser sur les risques de solvabilité qui pourraient empirer avec le retard  de la reprise de l’activité économique. Le gouvernement pourrait acheter les dettes de certaines entreprises ou même contribuer au capital de certaines d’entre elles pour atténuer le poids de la dette pesant sur leurs budgets et pour leur permettre de continuer à investir et à employer. L’Etat pourrait même les nationaliser provisoirement pour éviter leur faillite. Il faut préciser que le recours ici à la nationalisation n’est pas fondé sur un référentiel idéologique, mais il viserait à sauver les entreprises nationales de la faillite et, partant, les postes d’emploi. A titre d’exemple, nous sommes aujourd’hui face à un modèle de mauvaise gestion d’une société nationale du secteur privé qu’il faut penser à nationaliser pour tirer profit de ses actifs vu la situation actuelle du marché mondial du pétrole. Il s’agit en l’occurrence de la SAMIR.
Le problème de liquidité affecte également la balance des paiements. Les rapports du bureau de change sur le commerce extérieur montrent comment la crise du Covid-19 affecte la balance commerciale marocaine. En effet, la valeur des exportations a dégringolé beaucoup plus que celle des importations. S’ajoute à cela la baisse prévue des recettes du tourisme, des transferts d’argent des MRE et de l’investissement étranger. Cette situation ne peut nous conduire qu’à un choc que même la baisse de la facture énergétique ne peut en atténuer l’impact. Pour cette raison, il est urgent de prendre des mesures pour réduire l’importation des produits considérés « non nécessaires » et revoir les accords de libre-échange qui portent préjudice à l’acteur économique marocain.  

La politique fiscale 
et la structuration 
du secteur informel


Les efforts consentis par le gouvernement restent incomplets à cause de l’importance du secteur informel, c’est-à-dire qu’un nombre important de Marocains ne sont pas intégrés au système fiscal et à la CNSS. 
La politique fiscale et les mécanismes de la protection sociale ne sont que des outils de pilotage pour la gestion de la société et la préservation de sa cohésion pendant les crises. Et si le Maroc n’avait pas œuvré depuis son indépendance à mettre en place ces mécanismes (en dépit de ses limites), nous pourrions être aujourd’hui parmi les pays « faibles » qui nécessiteraient non seulement l’aide financière et l’accès aux crédits, mais auraient besoin également de quelqu’un qui pourrait gérer avec eux cette crise et acheminer les aides à leurs citoyens. 
Pour cela, la mise en place d’une politique fiscale équitable et équilibrée est une nécessité vitale pour le Maroc post-crise Covid-19 pour que nous puissions être en mesure de faire face à des crises futures avec plus d’efficacité et moins de coût pour les finances publiques et pour que notre politique économique ait un grand effet. 
Nous devrions, donc, affronter les dysfonctionnements du système fiscal par : 1) l’élargissement de l’assiette fiscale pour inclure toutes les activités commerciales y compris les nouvelles activités (l’économie numérique par exemple). La crise a dévoilé la limite du phénomène du « bricolage » et a répondu à tous ceux qui mettaient en doute l’utilité de payer les impôts ou de déclarer les employés au niveau des Caisses de protection sociale ; 2) La pénalisation de la fraude fiscale ; 3) La révision des seuils fiscaux pour l’impôt sur le revenu (IGR) et l’impôt sur les sociétés (IS) pour inciter à l’intégration du secteur informel. Ce sont des conditions préalables pour rééquilibrer les finances publiques, d’une part, et pour permettre au gouvernement de disposer des mécanismes qui seraient à même de redynamiser les secteurs sinistrés et d’orienter l’investissement vers de nouveaux secteurs, d’autre part.
La nécessité du soutien de la production nationale pour que celui de la consommation ne nous pousse pas à augmenter les importations
La promotion de la production nationale est inévitable pendant et après la crise du Covid-19, suite à la perturbation des chaînes de production à l’échelle mondiale, ce qui a impacté les échanges commerciaux internationaux, d’une part, et vu que la plupart des gouvernements sont conscients aujourd’hui qu’un minimum d’autosuffisance est devenu nécessaire pour faire face à cette crise mondiale, d’autre part.
A cet égard, nous avons déjà plaidé dans notre mémorandum sur le nouveau modèle de développement et dans notre programme électoral des élections législatives de 2016 pour l’importance de la reprise de l’initiative nationale et pour ne pas miser sur l’acteur extérieur seulement (qu’il soit investisseur ou marché pour vendre nos produits). Nous avons considéré que les PME doivent être au centre des politiques monétaires, des stratégies sectorielles et de la gestion du climat d’affaires, dans le but de les développer, de les protéger et d’augmenter leurs capacités concurrentielles, ce qui leur permettrait de garantir des postes de travail, d’approvisionner le marché intérieur et de se diriger ensuite vers l’exportation. 
Les événements actuels sont un bon exemple de la capacité des entreprises marocaines à s’adapter et de la capacité de l’employé marocain à innover. Et nous avons pu pendant quelques semaines développer l’industrie des masques à tel point que nous avons atteint l’autosuffisance et, mieux, nous avons commencé à exporter le surplus.
L’encouragement du capital national producteur, employeur et innovateur exige l’élimination de l’économie de rente, de la spéculation, du monopole et autres pratiques visant l’enrichissement rapide d’une minorité, sans créer aucune valeur ajoutée ni à la nation ni aux citoyens.

Quid des nouvelles 
politiques sectorielles ?


Etant donné que nous sommes en train de poser les jalons d’un nouveau modèle de développement, il faut créer de nouveaux mécanismes de production de la richesse surtout après l’impact de la pandémie sur plusieurs secteurs économiques, ce qui rend impossible le fait de pouvoir travailler comme c’était le cas avant cette crise.
 Et étant donné que la société moderniste solidaire à laquelle nous aspirons n’est pas seulement solidaire hic et nunc, mais il est également question, selon nous, d’une solidarité intergénérationnelle, nous considérons que l’économie verte est l’un des piliers essentiels sur lesquels repose notre modèle de développement. 
La croissance verte est une occasion pour dépasser les modes de production et de consommation non durables et gaspilleurs. Il ne s’agit pas ici de se contenter de prendre en compte les questions environnementales dans les décisions d’investissement dans l’infrastructure par exemple, mais il s’agit d’une vision globale pour l’ensemble de la politique nationale qui viserait le développement durable protégeant le capital naturel et garantissant une vie digne aux citoyens sur tout le territoire national (surtout les habitants des zones isolées dans les montagnes et les oasis et les citoyens transhumants). Il n’est pas question ici d’appliquer les recommandations des institutions financières internationales ou des bureaux d’études, mais il s’agit plutôt d’un besoin urgent compte tenu de la rareté des ressources en eau et de la fragilité de l'écosystème de notre pays, ce qui a eu des effets désastreux ces dernières années sur nos concitoyens.
Evidemment, nous ne demandons pas d’appliquer des plans préparés d’avance par les institutions internationales, mais nous espérons que la créativité du Marocain ferait ses preuves encore une fois dans ce domaine et que le capital national –avec le soutien de l’Etat- pourrait développer quelques expériences embryonnaires en vue d’améliorer les conditions de vie, de créer les postes de travail et de diminuer la pauvreté et l’immigration. Un exemple des secteurs qu’on peut développer est  le secteur de la production des plantes médicinales dont regorge notre pays pour que nous puissions passer d’un pays exportateur des matières premières à un pays exportateur des produits essentiels qui rentrent directement dans l’industrie des médicaments et des produits cosmétiques. Il faut citer également les initiatives d’exploitation des énergies renouvelables et qui nécessitent la réglementation de leur vente du secteur privé au réseau national de l’électricité, ainsi que les initiatives de recyclage des déchets, etc. 
Il y a lieu de signaler que cette orientation faciliterait l’accès au financement dans le marché mondial surtout après cette pandémie qui a changé la vision des institutions financières quant au rôle de l’économie verte et a convaincu beaucoup de gens de la nécessité d’éviter l’exploitation des ressources de la terre et de préserver notre mode de vie.
Pour cette raison, nous proposons que notre modèle d’une économie verte au Maroc passe tout d’abord par le secteur de l’agriculture, à travers l’encouragement de l’agriculture biologique, le soutien aux petits agriculteurs en leur permettant d’acquérir la propriété des terres et le financement et l’accompagnement technique. Cela aurait un double effet : d’une part, la production de produits alimentaires de qualité pour le marché intérieur, ce qui améliorerait la santé des citoyens et permettrait d’exporter le surplus compte tenu de l’augmentation de la demande pour ces produits ; et d’autre part, l’augmentation du revenu des ménages dans le monde rural et, partant, l’atténuation de la pression migratoire sur les villes dont les quartiers marginalisés souffrent de la densité de la population et de conditions de vie difficiles.
Quant aux secteurs sinistrés suite au  confinement sanitaire, nous avons besoin de beaucoup de courage et de  créativité pour sortir de la crise. Le secteur du tourisme, à titre d’exemple, a été fortement impacté par la fermeture des frontières et l’arrêt du mouvement des voyageurs. En effet, la Confédération nationale du tourisme estime les pertes du secteur à 46 milliards de dirhams à l’horizon  2022. Sachant que ce secteur assure environ 500.000 postes de travail et que son retour à la situation normale dans un an ou deux ans est impossible. Le soutien aux entreprises de ce secteur ne sera pas suffisant tant que l’offre sera sans aucun doute plus importante que la demande, ce qui aura pour conséquence la fermeture de certaines unités hôtelières et entreprises touristiques. Pour cela, il faut, d’une part, encourager le tourisme intérieur en développant un produit touristique répondant aux attentes et aux intérêts du touriste marocain et, d’autre part, prendre en compte les travailleurs dans ce secteur et préparer des programmes pour requalifier une partie d’entre eux et les réorienter vers d’autres secteurs.
Idem pour le secteur des services et du commerce qui sera impacté par le changement des modes de consommation et par le développement du commerce numérique (en Chine, après le déconfinement environ 30% de la population effectue ses achats via internet au lieu de se rendre aux boutiques commerciales traditionnelles).
Enfin, il faut développer les capacités des régions et des provinces en prévision d’un avenir plein de dangers qui nous guettent comme ceux que nous vivons aujourd’hui. Cela passe par deux mécanismes :
° Développer un réseau logistique afin de renforcer les capacités des régions et des provinces pour atteindre l’autosuffisance dans des domaines vitaux comme l’énergie, les produits alimentaires de première nécessité et la santé ;
° Préserver les terres agricoles de l’extension urbaine et encourager leur exploitation dans l’agriculture.
Compte tenu de tout ce qui précède, nous affirmons qu’il est urgent de présenter une loi de Finances 2020 rectificative au Parlement et de présenter des scénarios pour le projet de loi de Finances 2021. Nous sommes dans une course contre la montre pour gérer cette crise et ses répercussions.

L’évaluation, la mise 
à jour et le contrôle


Nos ressources sont limitées et nécessitent une utilisation rationnelle et efficace. Pour cela, le versement de l’argent par l’Etat pour le secteur privé ne doit pas être considéré comme un chèque en blanc. Au contraire, le gouvernement doit activer les moyens de contrôle et de suivi et assumer ses responsabilités dans ce domaine en présentant des rapports de façon périodique au Parlement à propos de la gestion de la pandémie, de ses répercussions et du sort de l’argent versé soit du budget de l’Etat ou du « fonds Covid-19 ».
On doit également être armé pour assurer le suivi et le contrôle de tout ce qui se passe durant la période de déconfinement, pour tirer les leçons et réagir rapidement en vue de revoir le cas échéant les mesures que nous avons prises.

3- La protection 
des femmes et 
l’amélioration de 
leurs conditions au 
cœur de notre projet 
de développement


« Il n'y a pas d'autre solution que de vivre notre temps et d'avancer vers l'avenir avec la pleine contribution des femmes, qui devraient figurer à la tête des priorités du nouveau modèle de développement, car elles sont - comme le prouvent les expériences des pays démocratiques développés - un acteur clé de la construction démocratique, du développement et du progrès de la société ».
Les sociétés rationnelles, modernistes et solidaires sont celles qui ont fait preuve d’une grande capacité à faire face à cette pandémie et ses répercussions. Par conséquent, l’édification d’une société moderniste, rationnelle et responsable incluant toutes les énergies est une nécessité vitale pour notre pays. Cela exige, entre autres, d’enraciner la parité, l’égalité et la dignité humaine en vue de lutter contre l’exclusion et la marginalisation et de fortifier le sentiment d’appartenance nationale chez les différentes couches sociales.
Malheureusement, le bilan préliminaire des répercussions de la pandémie à travers le monde a démontré -chose qui était prévisible- que les femmes et les filles souffrent plus des effets négatifs des mesures de confinement aussi bien sur le plan économique (car elles sont surreprésentées dans le secteur informel), que sur le plan social (elles subissent plus de pression pendant le confinement pour préserver l’équilibre familial, veiller à la scolarisation des enfants et faire le ménage), ainsi que sur le plan sanitaire (la détérioration des services liés à la santé de maternité). Pis encore, il a été constaté une augmentation de la violence familiale notamment à l’égard des femmes.
Et vu que la culture de l’égalité n’est encore qu’un slogan dans notre pays, et vu que la mentalité masculine est encore enracinée chez les hommes de l’administration et même parfois chez ses femmes, nous avons constaté qu’une mesure aussi bonne comme celle de la distribution des aides financières aux familles défavorisées disposant ou non de la carte Ramed en a profité seulement aux pères de ménages. Or, on trouve à la tête de plus d’un quart des ménages au Maroc des femmes (en dépit de la présence du père et sa capacité à travailler). Dans les pays développés, l’on voit qu’ils ont distribué les aides équitablement entre le père et la mère du ménage, alors que dans les pays en développement en Amérique latine, l’aide a été versée aux femmes seulement, car elles sont plus soucieuses de prendre soin de leurs familles et de leurs enfants. Le gouvernement aurait, donc, pu verser les aides financières aussi bien aux femmes qu’aux hommes pour préserver la dignité des femmes et l’équilibre des ménages.
En ce qui concerne le fléau de la violence à l’égard des femmes, nous appelons à la préservation de la vie et de la santé des femmes et à la mobilisation des capacités de la police, du ministère public et des associations de lutte contre la violence à l’égard des femmes en vue d’éviter des tragédies. Durant la période du confinement sanitaire, les femmes ne pouvaient pas quitter la maison conjugale ou recourir à qui ce soit, pour cela, on aurait dû renforcer les centres d’écoute et  trouver des abris pour les femmes violentées hors de la demeure conjugale (dans les hôtels vacants à titre d’exemple).
Après la sortie du confinement sanitaire, il faut se pencher d’une façon urgente sur la révision les lois concernant les droits des femmes pour qu’elles soient en diapason avec la Constitution notamment avec l’article 19.
Il n'y a pas d'autre solution que de vivre notre temps et d'avancer vers l'avenir avec la pleine contribution des femmes, qui devraient figurer à la tête des priorités du nouveau modèle de développement, car elles sont - comme le prouvent les expériences des pays démocratiques développés - un acteur clé de la construction démocratique, du développement et du progrès de la société.

4-Volet institutionnel

Notre défense du rôle de l’Etat quant à l’amélioration des conditions de vie des catégories sociales les plus touchées et au soutien des entreprises qui réalisent la croissance n’est pas dictée par la crise actuelle, comme elle n’est pas à apparenter non plus à un slogan vague, encore moins à une position opportuniste. Il est clair aujourd’hui que nous avons besoin d’un Etat qui œuvre à mettre en place des chances égales garantissant un succès à l’ensemble de ses citoyens, soit en ce qui concerne leur santé, leur éducation ou leur demande de première nécessité. C’est l’Etat juste.
L’USFP s’est toujours inspiré de la pensée social-démocrate, la considérant comme étant la réelle alternative du libéralisme sauvage qui élimine toute intervention de l’Etat. De là notre défense du rôle de l’Etat quant à l’amélioration des conditions de vie des catégories sociales les plus touchées et au soutien des entreprises qui réalisent la croissance qui n’est pas dictée par la crise actuelle, comme elle n’est pas à apparenter non plus à un slogan vague, encore moins à une position opportuniste. Il est clair aujourd’hui que nous avons besoin d’un Etat qui œuvre à mettre en place des chances égales garantissant un succès à l’ensemble de ses citoyens, soit en ce qui concerne leur santé, leur éducation ou leur demande  de première nécessité. C’est l’Etat juste. L’accomplissement de ces rôles donnera, sans nul doute, la légitimité à l’Etat d’entreprendre des initiatives dans les domaines économique, financier et social, ce qui devra garantir les droits et libertés  des individus en matière d’initiative, d’action, d’investissement, et de réfléchir à ce qui doit être fait en vue de garantir l’équilibre du pays. C’est l’Etat fort.
La dernière mobilisation nationale, entamée avec l’appel au nouveau modèle de développement  et qui s’est concrétisée avec l’état d’urgence sanitaire, interpelle notre pays à poursuivre les réformes politiques dont les plus importantes :
La révision du système électoral en vue de consolider une réelle représentativité politique et de faire émerger des élites compétentes et intègres. A cet effet, nous insistons, conformément aux mémoires du parti, sur la nécessité de surmonter cette crise chronique du système de la représentativité  et des points négatifs cumulés. Notamment la faiblesse du rôle des institutions élues, l’aggravation de la prévarication électorale à travers l’usage de l’argent, le recours à la bienfaisance et l’exploitation du pouvoir. Il faut garantir une concurrence politique loyale et un scrutin intègre et transparent. 
Nous réitérons l’appel à la tenue d’un dialogue global avec les instances politiques, majorité et opposition, en vue de résoudre les dysfonctionnements du système de représentativité et de renforcer l’intégrité de l’opération électorale. De même, nous appelons le Conseil national des droits de l’Homme et l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption à contribuer aux réformes électorales prévues, à veiller sur l’intégrité des opérations électorales et à les annoncer à temps conformément aux missions qui leur incombent, constitutionnellement et légalement.
Elargissement du champ de répartition des pouvoirs entre le centre et les espaces territoriaux décentralisés à travers l’accélération de l’exécution de la Charte de la déconcentration administrative stipulée par la Constitution et promulguée par décret daté de décembre 2018, ce qui permettra de doter les régions du Royaume de structures administratives pourvues d’autonomie suffisante en vue d’élaborer des politiques publiques régionales répondant aux spécificités spatiales de chaque région, ainsi que de mettre en œuvre et de développer des stratégies de développement régionales qui, quatre ans après les dernières élections, n’ont pas encore été appliquées.
La bonne opérationnalisation de l’autonomie du pouvoir judiciaire au service du citoyen, du droit et du développement comme cela a été confirmé par la lettre de S.M le Roi adressée aux participants au premier Congrès international de la justice le 2 avril 2018, partant du principe d’autonomie n’a pas été légiférée en faveur des juges mais au profit des justiciables. Aussi, il urge de développer la numérisation de l’administration des tribunaux avant de réfléchir à la digitalisation des procès (qui exige comme l’avait annoncé le ministre de la Justice un effort en matière législative pour garantir les droits constitutionnels des justiciables dans le cadre de la numérisation). Puisque le fait de procéder précipitamment  à l’examen des dossiers comme on le  constate actuellement dans certains tribunaux, porte atteinte au droit du citoyen pour un procès équitable. En revanche, accélérer et moderniser les dispositions administratives via la digitalisation et la mise à disposition de l’information rendront l’administration des tribunaux plus efficace et protégeront les justiciables de la corruption et de ses intermédiaires. Ce chantier nécessite un plan d’action clair en vue du changement  que devront connaître les tribunaux, particulièrement dans le champ numérique. La réussite de ce chantier requiert  un effort législatif et technique, de même qu’elle exige la contribution et l’adhésion des parties prenantes dans le domaine de la Justice.
Accélérer l’application des décisions et des dispositions relatives à la digitalisation de l’administration publique dans l’objectif de généraliser et d’améliorer les services primordiaux en faveur du citoyen et de l’entreprise. L’effort de la numérisation ne doit pas omettre de prendre en compte les personnes incapables de satisfaire leurs demandes administratives en ligne et qui recourront à la voie traditionnelle. L’effort de la digitalisation ne doit pas se transformer en un facteur d’élimination.

5-Au niveau du parti

Notre défense du rôle de l’Etat quant à l’amélioration des conditions de vie des catégories sociales les plus touchées et au soutien des entreprises qui réalisent la croissance n’est pas dictée par la crise actuelle, comme elle n’est pas à apparenter non plus à un slogan vague, encore moins à une position opportuniste. Il est clair aujourd’hui que nous avons besoin d’un Etat qui œuvre à mettre en place des chances égales garantissant un succès à l’ensemble de ses citoyens, soit en ce qui concerne leur santé, leur éducation ou leur demande  de première nécessité. C’est l’Etat juste.
En tant que parti démocratique actif au sein de la société, la prochaine étape exige de nous non seulement la défense des principes, des valeurs démocratiques, ainsi que de l’action politique et institutionnelle responsable, mais aussi le renforcement de la maison ittihadie et le développement de notre action partisane de façon à assimiler rationnellement les changements mondiaux et locaux ayant résulté suite à la propagation du Covid-19.
Oui, nous le disons sans aucune surenchère, notre choix socialiste et démocratique que nous avons tout le temps défendu, s’est avéré juste lors de cette crise sanitaire. L’unanimité des Ittihadi(e)s s’est confirmée à travers l’adhésion responsable  à la mobilisation nationale que nous vivons aujourd’hui.
Nous devons nous montrer, au sein du parti, vigilants et veiller à être au fait des changements en cours.  De même que nous sommes tenus d’investir notre dynamique partisane reflétée par notre initiative d’ouverture, de réconciliation et de climat positif créée à travers la consolidation du dialogue interne et le ralliement des cadres et des compétences de la Gauche.   
Nous devons veiller à poursuivre le dialogue entre l’ensemble des compétences du parti que nous avons lancé dans le cadre des Forums socialistes : « Forum du développement économique au Maroc : visions croisées » (18 décembre 2019 à Rabat), « Forum des libertés individuelles au Maroc d’aujourd’hui » (17 janvier 2020 à Fès), « Forum de la culture, un droit essentiel et un levier de développement » qui était prévu initialement le 14 mars 2020 à Tétouan mais qui a été annulé à cause de la pandémie du nouveau coronavirus.
Nous allons poursuivre le dialogue entre toutes les potentialités ittihadies, aussi bien celles qui sont au sein des organes du parti que celles qui n’y sont pas. Un dialogue qui nous permettra d’enrichir l’action de la Commission préparatoire du prochain Congrès. La réunion de la Commission verra la présence de toutes les compétences ittihadies en vue d’élaborer une plateforme convenue qui représentera la vision politique et sociale de notre parti à l’étape post-corona.
L’initiative de la réconciliation et de l’ouverture n’est pas une fin en soi, mais constitue une voie pour soutenir la dynamique organisationnelle qu’a connue dernièrement  notre parti, en se basant sur la feuille de route organisationnelle adoptée par le Conseil national (29 juin 2019) et la réunion des secrétaires des régions et provinces (20 septembre 2019).
Notre parti a pu mettre en œuvre les résolutions organisationnelles adoptées que ce soit au niveau de plusieurs organes régional, provincial et local du parti, ou au niveau des organisations et des secteurs parallèles du parti.
La Chabiba ittihadia avait tenu son Conseil national le 28 septembre 2019 à Rabat, de même qu’une rencontre nationale des femmes ittihadies avait eu lieu le 29 février 2020 à Rabat, suivie par d’autres  dans différentes provinces dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme qui coïncide avec le 8 mars.
Plusieurs secteurs ont également déployé d’importants efforts au niveau de la restructuration de leurs instances. A cet effet, et après des années de gel, le Conseil national des enseignantes et enseignants du primaire et du secondaire a eu lieu et le secteur a pu lancer un plan d’action au niveau national. Se sont également réunis les secteurs des avocats, des professeurs universitaires, des ingénieurs, des pharmaciens, des commerçants et des professionnels, sachant que le secteur des commerçants et des professionnels a joué un rôle primordial dans l’amendement du projet de  loi de Finances dans son aspect fiscal. De même que nous avons veillé à la tenue le 18 janvier 2020 du Conseil régional de l’Oriental qui avait débattu des différents aspects relatifs à la situation organisationnelle sur le plan régional, ainsi que de la mise en place d’une feuille de route organisationnelle concernant la prochaine étape. Il était aussi convenu de tenir, le 14 mars 2020 à Tétouan, une réunion similaire  du Conseil régional de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, mais celle-ci a été reportée à cause de la pandémie du coronavirus.
Nous allons œuvrer pour la tenue des réunions des autres conseils régionaux en vue de débattre des conclusions des statistiques relatives aux résultats enregistrés par l’USFP lors des élections locales et législatives, et d’élaborer des propositions concrètes dans la perspective des prochaines élections, et ce avec le sérieux requis.
Dans la perspective de la tenue du Conseil national, devant avoir lieu au préalable le mois de décembre 2019 avant d’être ajourné du fait qu’il coïncidait avec le Colloque national d’Agadir, il a été de nouveau reporté en raison de la fin de l’année et des vacances scolaires.
Au courant de cette année, le Bureau politique s’est réuni à maintes reprises et avait décidé la tenue du Conseil national en mars. Les préparatifs avaient commencé, notamment l’examen du rapport du Bureau politique dont ce dernier m’avait confié la rédaction, mais nous avons été surpris par cette pandémie.
Pour cela, l’ensemble des organes du parti, régional, provincial et local, en plus de tous les secteurs professionnels, sont tenus de s’adapter dans leur action avec les circonstances actuelles et de communiquer à distance afin de garantir la poursuite de la mobilisation des militantes et militants, et c’est ce que nous allons entreprendre au niveau du Bureau politique. Ces organes du parti doivent fournir à la direction du parti, d’une part, des informations portant sur les progrès enregistrés quant à l’application des résolutions organisationnelles en perspective des prochaines échéances, d’autre part, des propositions qu’ils considèrent appropriées en vue de garantir l’intégrité de l’opération électorale, et ce soit ce qui se rapporte aux lois, soit au découpage électoral, ainsi qu’à la procédure de candidature et du programme électoral local.
Ce qui requiert de tous les organes du parti la poursuite de l’ouverture, de l’élargissement de la base, de résoudre les différentes données  relatives aux cartes, aux sections et aux sièges. Il est aussi demandé de poursuivre la restructuration des organes régionaux, provinciaux et locaux, ainsi que la structuration des secteurs professionnels  et à davantage d’action de rayonnement et de mobilisation du parti.
En coordination avec le président du Conseil national, nous nous engageons à la tenue de ce Conseil dès que les conditions de la présence de l’ensemble des membres le permettent. J’attends de tous les Ittihadi(e)s d’interagir avec cette contribution, de donner  leurs points de vue à son sujet et de présenter des suggestions et des additifs qu’ils estiment en mesure de développer l’action de notre institution partisane et de préparer la plateforme de la Commission préparatoire que nous veillerons sur son élection et le coup d’envoi de ses travaux conformément  aux règlements du parti dans le cadre des préparatifs du 11ème Congrès national de l’USFP.

Réalisée par le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar
Mardi 19 Mai 2020

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