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Vigilance occasionnelle




Ils s’y sont mis à plusieurs ministres, leur Premier en tête. A les voir s’activer de la sorte, y mettre autant de volonté et de leur temps, si précieux, on dirait que l’on se prépare à faire face à une crise sans précédent, à une guerre  carrément. Et dire qu’il s’agit dans le cas en l’occurrence, d’un mois censé d’abstinence.
L’expérience étoffée de chiffres particulièrement éloquents prouve tout le contraire. On y devient, plutôt, plus goinfre, très demandeur et trop consommateur. Aussi ne peut-on pas ne pas saluer les inestimables efforts à l’actif desdits responsables pour que la disette n’ait pas lieu.
Rassurés ? On ne peut ne pas l’être pour le mois à venir, du moins. Les férus de viande rouge, ou de toute autre couleur, comme ceux des huiles, de la farine, du sucre, lait et autres aliments plus ou moins de base, n’ont donc pas à se faire de soucis. Vraiment aucun, pour peu qu’ils soient capables de casquer pour. Et c’est justement là où c’est fait pour rassurer le plus. Les Marocains, croit-on savoir, ne se trouveront pas contraints de dépenser plus que d’habitude. Parole de ministres et surtout de Premier ministre. Et quand c’est la trop convainquante MAP qui vous le rapporte, c’est là une raison supplémentaire, et pas des moindres, pour tout gober. C’est ainsi que nous sommes d’ores et déjà garantis d’un approvisionnement normal et régulier des marchés en produits à forte consommation au cours  du mois sacré de Ramadan ». Mieux. On est plus disposé que jamais à mettre en place «des conditions permettant d’assurer une offre suffisante et de qualité en produits de consommation en perspective du mois sacré de Ramadan ». Tout cela est beau. Magnifique. Il n’y a que ce « en perspective du mois sacré de Ramadan » qui dérange, quelque peu. Et c’est toujours dans la même perspective que l’on compte faire de son mieux pour « veiller au respect des prix et des normes de qualité des produits et de prendre les mesures de sanctions qui s’imposent à l’encontre des spéculateurs et intermédiaires… »
Et bien sûr, dans une telle euphorie, l’omniprésent ministère  de l’Intérieur ne peut être en reste, puisqu’il coiffe toute une commission et va même jusqu’à rappeler à ses walis et gouverneurs ce dont ils doivent, en principe, s’acquitter douze mois sur douze et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Mais là, durant tout un mois, ils doivent veiller au « respect de la réglementation en vigueur, notamment en matière d’affichage des prix… ».
Ah bon ! Ils n’étaient pas affichés, jusque-là les prix ? Mais où étaient donc walis, gouverneurs et tous les autres ?

Mohamed Benarbia
Jeudi 20 Août 2009

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